L'armée américaine espère davantage de F-35 en 2023 que les 61 demandés par le Pentagone

Trois des quatre principales composantes de l'armée américaine ont exprimé le besoin d'acquérir en 2023 davantage d'avions de combat F-35 que ne le prévoit le Pentagone dans son projet de budget, a rapporté ces dernières semaines la presse spécialisée.

L'armée américaine espère davantage de F-35 en 2023 que les 61 demandés par le Pentagone
©Imago

Le ministère américain de la Défense a officiellement demandé, pour l'année fiscale 2023 - qui débute le 1er octobre prochain - onze milliards de dollars pour l'achat de 61 F-35 dans trois versions différentes, soit 33 appareils de moins que les 94 initialement envisagés.

Mais l'US Air Force (USAF), la Marine (US Navy) et le corps des Marines (USMC) ont tous trois affirmé devant le Congrès souhaiter acquérir davantage de ces chasseurs furtifs construits par le groupe Lockheed Martin en invoquant leurs listes respectives de priorités non-financées, selon le magazine spécialisé Janes.

Plus spécifiquement, l'USAF aimerait obtenir des parlementaires 921 millions de dollars supplémentaires pour sept F-35A (la version à décollage et atterrissage conventionnels de cet avion), en plus des 33 exemplaires demandés par le Pentagone.

Des responsables de l'US Navy ont indiqué au Congrès qu'ils cherchaient à obtenir quinze F-35C, la version destinée à opérer depuis ses porte-avions - soit six de plus que demandé par le Pentagone - pour un montant de 708 millions de dollars.

Quant aux Marines, ils sont preneurs de trois F-35B (la version à décollage et atterrissage vertical) supplémentaires pour porter leurs achats à 18 lors de l'année fiscale 2023, ainsi que trois F-35C (en plus des quatre prévus), pour un montant total de 357,6 millions de dollars - actuellement non-financés - en plus de l'enveloppe demandée par le Pentagone, selon des documents obtenus par Janes.

En 2022, le département américain de la Défense a commandé 85 F-35 toutes versions confondues via son "Joint Program Office" (JPO, l'agence qui gère le programme F-35) au profit des principaux acheteurs.

Le Pentagone et l'équipe industrielle conduite par le groupe de défense Lockheed Martin négocient difficilement depuis un an les clauses du prochain contrat pour le F-35 (les lots 15 à 17) qui devrait comprendre quelque 400 avions pour les forces américaines et les clients étrangers - dont la Belgique qui a commandé 34 appareils en 2018 pour environ 3,7 milliards d'euros. Ce montant ne tient toutefois pas compte des frais d'adaptation de l'infrastructure des bases aériennes de Florennes et de Kleine-Brogel (Limbourg).

Le contrat pour les lots 12 à 14, conclu en 2019, portait sur 478 F-35 pour l'armée américaine et les clients internationaux pour un coût unitaire de 77,9 millions de dollars pour le F-35A, de 101,3 millions pour la version B et de 94,4 millions pour la C.

Des responsables de Lockheed, cités le mois dernier par le site Breaking Defence, ont toutefois prévenu que ces prix devraient être revus à la hausse en raison de l'inflation, de la hausse des matières premières et des conséquences de la pandémie de Covid-19. Le tout dans un contexte de commandes réduites, avec des mises à jour qui pourraient coûter environ 14 milliards de dollars, selon l'agence de presse économique Bloomberg.

Et le responsable financier de Lockheed, Jay Malave, a prévenu mardi que le maintien de la ligne de production pourrait coûter "plus de 500 millions" de dollars en l'absence de contrat pour les prochains lots au cours du deuxième trimestre de cette année, selon le site Air Force Magazine.

Le programme F-35, alias "Joint Strike Fighter" (JSF), est le plus coûteux de l'histoire militaire américaine. Le Pentagone envisage d'en acquérir quelque 2.500 exemplaires (dont 1.763 pour la seule US Air Force). Son coût total pourrait atteindre 1,7 trillions de dollars sur la durée de vie de l'appareil (construit pour 8.000 heures de vol), qui devrait avoisiner les 66 ans, jusqu'en 2070.