Tout semble sourire à Donald Trump. Enfin, presque…
Les sondages lui promettent une victoire facile à la primaire de la Caroline du Sud, fin février. Son procès tant redouté sur l'assaut du Capitole est reporté. Et puis… il y a Taylor Swift, l'icône de la jeunesse américaine, qui a choisi de mener le combat contre son élection.

- Publié le 03-02-2024 à 07h15
- Mis à jour le 03-02-2024 à 08h22

S'il n'y avait pas Taylor Swift, Donald Trump n'aurait qu'à se réjouir. À trois semaines de la primaire républicaine en Caroline du Sud et à un mois du "Super-Mardi" qui, souvent, scelle la course à l'investiture des deux grands partis pour l'élection présidentielle, l'ancien Président accumule les bonnes nouvelles : les sondages lui promettent une victoire facile et ses démêlés avec la justice tournent au ralenti. Las ! Il faut qu'une chanteuse parmi les plus populaires aux États-Unis, avec ses centaines de millions de "followers" sur les réseaux sociaux, soit résolue à mener le combat contre lui.
La primaire du 24 février en Caroline du Sud fait figure de tournant. Pour Nikki Haley, qui est désormais la dernière personnalité républicaine à défier Donald Trump, une victoire serait essentielle dans cet État qu'elle fut la première femme à gouverner. Mais ce n'est pas ce que prédisent les sondages, au contraire. Le plus récent, publié cette semaine par le "Washington Post" et l'université Monmouth, crédite l'ancien Président de 58 % des intentions de vote, contre 32 % à celle qui fut son ambassadrice à l'Onu.
Les sondages peuvent toujours se tromper, mais dans cette proportion, ce serait étonnant. L'écart est décourageant pour Nikki Haley, et d'autant plus qu'elle avait pour objectif d'améliorer ses performances au fil des consultations. Or, lors de la primaire précédente, dans le New Hampshire, elle avait totalisé 43 % des votes contre 54 % à Donald Trump. Pire : alors que 59 % des électeurs républicains potentiels en Caroline du Sud déclaraient en septembre avoir une opinion favorable d'elle, ils ne sont plus désormais que 45 %.
Fin de la route en Caroline du Sud, ou pas
La question qui brûle d'ores et déjà les lèvres, par conséquent, concerne la suite que Nikki Haley donnera à une défaite éventuellement retentissante dans son fief. Se maintiendra-t-elle jusqu'au "Super-Mardi" du 5 mars, le plus gros enjeu des primaires, en sachant que, sur la quinzaine d'États qui se prononceront ce jour-là, la majorité sont des bastions conservateurs qui ne jurent que par Donald Trump ?
L'ancien Président est d'autant plus confiant que l'ombre qui planait sur le "Super-Mardi" s'est dissipée. La veille devait, en effet, débuter à Washington le procès qui lui est intenté pour son rôle dans la contestation des résultats de 2020 et l'assaut du Capitole. Donald Trump pouvait redouter les retombées négatives de la procédure, mais celle-ci est apparemment reportée sine die, dans l'attente d'une décision de la Cour suprême, qui a été saisie pour déterminer si l'ancien Président peut se prévaloir d'une immunité pénale pour tous les actes posés avant sa sortie de charge.
Le Super Bowl s'invite dans la campagne électorale
Tout irait donc bien pour Donald Trump si la nouvelle icône de la jeunesse américaine n'était pas montée au créneau. Taylor Swift, à qui on avait reproché de n'avoir pas explicitement soutenu Hillary Clinton en 2016, avait mis tout son poids derrière la candidature de Joe Biden en 2020. Et elle entend peser plus lourdement encore cette année en mobilisant ses fans en faveur du Démocrate. Elle le fera d'autant plus facilement que son compagnon, Travis Kelce, est lui aussi au faîte de sa gloire après avoir contribué à la qualification des Kansas City Chiefs pour la finale du championnat de football américain. Le Super Bowl du 11 février prochain prend ainsi, avec son exceptionnel retentissement, des allures d'étape imprévue dans la course à la Maison-Blanche.
