À Davos, Donald Trump était obnubilé par "un gros morceau de glace" : "Nous nous en souviendrons"
Donald Trump s'est exprimé à Davos dans le cadre du Forum économique mondial. Mais il n'a pas hésité à dévier pour demander de manière insistante à pouvoir mettre la main sur le Groenland.

- Publié le 21-01-2026 à 16h18
- Mis à jour le 21-01-2026 à 18h24

À la tribune de Davos, Donald Trump a été fidèle à lui-même : il s'est jeté des fleurs comme il sait si bien le faire. Il a d'ailleurs commencé son discours par "de bonnes nouvelles venant des États-Unis", dont il est bien entendu l'unique responsable. Pendant plusieurs minutes, il a détaillé à quel point le pays se portait à merveille et a montré que ce "miracle économique" était entièrement dû aux mesures prises par son administration. "En un an, j'ai réussi à faire ce qu'aucun pays n'avait fait auparavant", a-t-il avancé, fièrement.
Il s'est ainsi lancé dans l'énumération des changements mis en place au sein du pays en espérant inspirer les Européens, "qui ne vont actuellement pas dans la bonne direction". "Certains pays européens sont méconnaissables", a-t-il fustigé, citant notamment "les problèmes d'immigration". Il a également pointé du doigt le Green Deal qu'il a qualifié de "plus grande arnaque de l'Histoire", comme il l'avait déjà fait à la tribune des Nations Unies. "On ne laisse pas les compagnies pétrolières forer. Elles viennent alors me voir. L'Europe est assise sur de grandes ressources mais elle ne les utilise pas", a-t-il poursuivi, avant de vilipender l'utilisation d'éoliennes. "Plus un pays a d'éoliennes, plus il perd de l'argent, plus il va mal. […] La Chine est surprise qu'on lui demande encore des éoliennes. Des gens stupides les achètent : ça ruine leur économie, ça tue leurs oiseaux."
Le locataire de la Maison-Blanche s'est notamment félicité d'avoir réussi à conclure des accords commerciaux "historiques" et d'avoir fait fondre le déficit budgétaire fédéral. "Quand les États-Unis vont bien, le monde entier suit", a rappelé Donald Trump.
Il s'est également brièvement exprimé sur l'attaque américaine au Venezuela. "Le pays a admirablement coopéré après l'attaque. Ils vont gagner plus d'argent dans les prochains mois que dans les vingt dernières années. Ils ont été très intelligents."
Les Etats-Unis veulent le Groenland, mais pas par la force
Enfin, Donald Trump en est venu au sujet du moment, celui qui agite le monde entier depuis plusieurs jours : le Groenland. Le président américain a répété avec insistance qu'il voulait mettre la main sur "ce bout de glace". Et, pour lui, il est tout à fait logique de le réclamer vu que les États-Unis y avaient envoyé des hommes durant le Seconde Guerre mondiale "pour défendre le Danemark. Nous avons combattu pour sauver le Danemark". "Nous avons fini par gagner la guerre et grâce à nous, vous ne parlez pas l'allemand. Et nous avons rendu le Groenland. Mais c'était vraiment stupide. Maintenant, le monde est en danger", a-t-il continué. "Le Groenland est un vaste territoire presque inhabité. Le laisser sans défense n'avait pas d'importance au moment où nous l'avons rendu."
Le locataire de la Maison-Blanche a balayé les allégations prêtant aux États-Unis de mauvaises intentions concernant les terres rares. "Nous n'en avons pas besoin pour les terres rares qui ne sont accessibles qu'après être passé à travers la glace, mais pour notre sécurité. C'est un intérêt national de sécurité ! Tout allié de l'Otan a l'obligation de défendre son territoire et aucune nation ou groupe de nations n'est en mesure de protéger le Groenland, à part les États-Unis."
"Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde"
Il a alors demandé à ce que s'ouvrent "immédiatement" des négociations pour que le Groenland devienne américain, tout en excluant tout usage de la force pour parvenir à ses fins. Dans la foulée, il a interpellé Mark Rutte : "Les États-Unis donnent beaucoup mais ne demandent rien en retour, à présent on vous demande quelque chose. Cela s'appelle le Groenland. Qui en plus nous vous avons rendu il y a peu. Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde et ils refusent de nous le donner", s'est-il emporté. "Ils ont donc le choix. Ils peuvent dire oui et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire non et nous nous en souviendrons."
Il s'en est également pris à Emmanuel Macron, en se moquant d'abord des lunettes de soleil qu'il arbore depuis le début du Forum Économique Mondial. "Que s'est-il passé ?", a-t-il ironisé. "J'aime bien le président français. C'est dur à croire mais je l'aime bien. Je lui ai dit que les prix des médicaments allaient doubler ou tripler. Il a dit qu'il n'allait pas faire ça. Je lui ai dit que pendant des années la France avait profité des États-Unis. Ça m'a pris trois minutes pour le faire plier. Comme tous les autres pays."