Midterms 2026: une campagne où tous les coups bas sont permis
Le candidat républicain au poste de gouverneur en Ohio, Vivek Ramaswamy, s'est fendu d'une vidéo nauséeuse où il met en scène ma mère de sa rivale démocrate. Un dérapage validé par Donald Trump et J.D. Vance, qui ne passe pas dans une large partie de l'opinion américaine.

- Publié le 23-10-2026 à 16h15
- Mis à jour le 23-10-2026 à 16h36

Vivek Ramaswamy, Donald Trump et J.D. Vance ont-ils franchi la ligne rouge de trop ? Il est sans doute encore trop tôt pour répondre. Le premier, candidat républicain au poste de gouverneur en Ohio, a financé une publicité de campagne dans laquelle la mère de sa rivale démocrate, Amy Acton, qualifie sa fille de menteuse et affirmant qu'elle a inventé des histoires sur les abus subis durant son enfance.
Diffusé depuis le 20 octobre, le spot a suscité immédiatement une levée de boucliers jusqu'au sein du camp républicain. Outre la démarche, contestable, d'utiliser la mère de sa rivale à des fins politiques, l'histoire personnelle d'Amy Acton rend cette campagne particulièrement immonde. En 1978, le beau-père de cette dernière a en effet été condamné pour l'avoir violée alors qu'elle était mineure. La mère s'était alors vu retirer la garde de ses enfants. Les deux femmes ne se sont plus jamais parlé depuis.
Trump et Vance encouragent ces dérives
Le gouverneur en fonction de l'Ohio, le Républicain Mike DeWine, qui ne brigue pas de nouveau mandat, a lui-même qualifié ce spot de campagne de "très perturbant". Il a publiquement déclaré que tout candidat à un poste électif se jette de l'arène et est prêt à encaisser des coups. Mais, a-t-il ajouté, on n'exploite pas la famille de son adversaire à son encontre.

Loin de faire marche arrière, Vivek Ramaswamy a renchéri, affirmant injecter quatre millions de dollars pour la diffusion du spot incriminé. Le président des États-Unis Donald Trump a de son côté affirmé l'avoir encouragé à utiliser cette campagne. Le vice-président J.D. Vance, ancien sénateur de l'Ohio et associé en affaire avec Vivek Ramaswamy, a fustigé "les Républicains qui pleurnichent" à ce sujet. Les trois hommes appliquent à la lettre ce qui est le mode d'emploi du président : repousser les limites et ne jamais s'excuser.
La goutte d'eau de trop ?
Il n'est pas sûr que ce jusqu'au-boutisme les serve cette fois. Les Américains, empêtrés dans les difficultés économiques du quotidien, sont lassés de la fange de provocations qui semble être devenue le seul carburant d'un Président et de son Administration dont la popularité est au plus bas. En Ohio, des électeurs républicains ont déjà annoncé qu'ils ne voteront pas pour Vivek Ramaswamy.
Avec une assurance qui confine à l'arrogance, J.D. Vance néglige pour sa part qu'au sein du Parti républicain viendra un jour l'heure de solder les comptes du trumpisme, surtout si le parti républicain essuie un revers cinglant lors de ces midterms 2026. Certains aspirent déjà à rebâtir un parti aux valeurs dévoyées par le leader MAGA et ses affidés et qui apparaît, à un nombre croissant d'Américains, comme inféodé à des milliardaires corrompus.
On relèvera en outre une contradiction flagrante qui saute aux yeux des électeurs et des élus républicains les plus avisés. Pendant des années, les ténors de ce parti ont en effet accusé les Démocrates d'être complaisants à l'égard des criminels pédophiles. Or le spot de Vivek Ramaswamy met précisément en scène une mère qui n'a pas protégé sa fille d'un beau-père condamné pour crime sexuel. L'hypocrisie du trumpisme, jusqu'à la lie.