Afghanistan: Macron présidera lundi un Conseil de défense, l'Otan estime qu'une solution est "plus urgente que jamais"

La communauté internationale commence à réagir.

Afghanistan: Macron présidera lundi un Conseil de défense, l'Otan estime qu'une solution est "plus urgente que jamais"
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Face à la situation très critique en Afghanistan, de nombreux pays de la communauté internationale appellent à la discussion.

Emmanuel Macron présidera lundi un Conseil de défense

Un Conseil de défense relatif à la situation en Afghanistan se tiendra lundi à 12h00 en visioconférence, a indiqué dimanche l'Elysée.

La France met actuellement "tout en oeuvre pour assurer la sécurité des Français" encore en Afghanistan, sa "priorité absolue", et Emmanuel Macron "suit heure par heure la dégradation très préoccupante de la situation", avait déjà expliqué la présidence française, alors que les talibans sont aux portes de Kaboul.

Grande-Bretagne: Johnson va convoquer le Parlement en "urgence"

Le Premier ministre britannique Boris Johnson va convoquer en urgence dans la semaine le Parlement, actuellement suspendu pour les vacances d'été, pour une réunion d'urgence sur la situation en Afghanistan, ont rapporté dimanche les médias britanniques

Une solution politique en Afghanistan est "plus urgente que jamais", estime l'Otan

L'Alliance atlantique a quant à elle estimé dimanche qu'il était "plus urgent que jamais" de trouver une solution politique au conflit en Afghanistan, alors que les talibans sont aux portes de Kaboul. "Nous soutenons les efforts des Afghans pour trouver une solution politique au conflit, ce qui est plus urgent que jamais", a déclaré un responsable de l'Otan à l'AFP.

La Russie dit œuvrer pour réunir le Conseil de sécurité de l'ONU

La Russie, elle, oeuvre avec d'autres pays pour la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Afghanistan, a indiqué un haut responsable diplomatique dimanche. "Nous y travaillons", a déclaré Zamir Kaboulov, émissaire du Kremlin pour l'Afghanistan, cité par les agences de presse russes, assurant que la réunion devrait se tenir bientôt.

"La situation nécessite une intervention immédiate du Conseil de sécurité de l'ONU. Il est important d'éviter une nouvelle catastrophe humanitaire et une menace accrue pour la sécurité et la stabilité dans la région", a déclaré pour sa part le président de la commission des affaires étrangères au Parlement russe, Léonid Sloutski.

Il a appelé à "intensifier les efforts diplomatiques de l'ensemble de la communauté internationale" pour stabiliser la situation en Afghanistan, pays situé près des ex-républiques soviétiques d'Asie centrale que Moscou considère comme faisant partie de sa sphère d'influence.

"Nous ne pouvons pas permettre la création d'un nouveau foyer de terrorisme à proximité immédiate des frontières russes et de nos partenaires", a souligné M. Sloutski.

Le vice-président de la chambre haute du Parlement russe, Konstantin Kossatchev, a de son côté estimé sur Facebook qu'il fallait "intensifier les efforts diplomatiques régionaux" et définir une "ligne commune" entre la Russie, les voisins de l'Afghanistan en Asie centrale et la Chine, l'Inde et le Pakistan.

Il a estimé que la situation actuelle en Afghanistan était prévisible du fait de la "fuite" des troupes américaines du pays, bien que la "rapidité de ce qui se passe est surprenante".

Erdogan veut oeuvrer à la "stabilité" de l'Afghanistan pour stopper une vague migratoire

De son côté, la Turquie va oeuvrer avec le Pakistan à une stabilisation de la situation en Afghanistan afin d'enrayer un afflux de réfugiés en provenance de ce pays en guerre, a affirmé dimanche le président turc Recep Tayyip Erdogan. "La Turquie est confrontée à une vague migratoire croissante d'Afghans qui transitent par l'Iran. Nous allons continuer de fournir des efforts pour permettre le retour de la stabilité dans la région, à commencer par l'Afghanistan", a déclaré M. Erdogan.

"Pour cela, il nous faut poursuivre et renforcer notre coopération avec le Pakistan", pays voisin de l'Afghanistan et acteur clé dans ce pays, a continué M. Erdogan. "Nous sommes déterminés à mobiliser tous les moyens à notre disposition pour y parvenir", a-t-il ajouté.

M. Erdogan, qui n'a pas donné de précisions, s'exprimait à Istanbul en présence de son homologue pakistanais Arif Alvi lors de la cérémonie de mise à l'eau d'un navire militaire construit par la Turquie pour le Pakistan.

Ces déclarations interviennent alors que l'Afghanistan a connu des bouleversements ces dernières semaines.

Après une offensive éclair, les talibans contrôlent la majeure partie du pays et paraissaient dimanche sur le point de revenir au pouvoir, vingt ans après en avoir été chassés.

La Turquie, dont plusieurs centaines de militaires sont déployés en Afghanistan, a proposé le mois dernier aux Etats-Unis de prendre en charge la sécurité de l'aéroport international de Kaboul après le retrait prévu des troupes américaines d'ici fin août, à condition de recevoir un soutien logistique et financier.

Les négociations entre Ankara et Washington à ce sujet se poursuivent et M. Erdogan a affirmé cette semaine que la situation deviendrait "plus claire dans les prochains jours". Il s'est en outre dit prêt à rencontrer le chef des talibans pour des discussions.

La Turquie est par ailleurs confrontée depuis plusieurs mois à l'afflux de migrants afghans qui entrent sur son territoire depuis sa frontière avec l'Iran, dans l'est.

Ce sujet s'est installé ces dernières semaines en tête des débats politiques en Turquie, l'opposition pressant le gouvernement de prendre des mesures fortes pour enrayer l'afflux.

Dans ce contexte, Ankara a accéléré ces derniers jours la construction d'un mur frontalier avec l'Iran.

"Avec ce mur, nous allons complètement stopper les passages", a affirmé dimanche M. Erdogan.

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