Le président du Kirghizstan appelle à l'unité face au Tadjikistan

Le président du Kirghizstan a appelé lundi sa population à l'unité et affirmé que son armée était capable de repousser toute invasion, après des affrontements avec le Tadjikistan voisin qui ont fait près de 100 morts.

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Le président du Kirghizstan appelle à l'unité face au Tadjikistan
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Dans une adresse à la nation qui intervient un jour de deuil national, le président kirghiz Sadyr Japarov a aussi exhorté sa population à ignorer les "provocations" sur les réseaux sociaux liées au conflit.

Cet appel illustre la crainte de troubles internes dans ce pays instable d'Asie centrale qui a connu depuis 2005 trois révolutions, dont la dernière, en 2020, a porté M. Japarov au pouvoir l'année suivante.

Des affrontements à l'arme lourde ont éclaté la semaine dernière à la frontière entre le Kirghizstan et le Tadjikistan, deux pays aux relations minées par des disputes territoriales liées notamment à l'accès aux ressources en eau.

Des combats ont régulièrement lieu le long des 970 kilomètres de frontière commune.

Les autorités des deux pays ont indiqué dimanche qu'au moins 94 personnes avaient été tuées lors de la dernière escalade. Le Kirghizstan a décrété un jour de deuil national lundi.

"Nous continuons de faire des efforts pour régler les disputes à la frontière entre le Kirghizstan et le Tadjikistan avec des moyens uniquement pacifiques", a déclaré M. Japarov lors de son adresse à la nation lundi.

"Pour le moment, les fusillades meurtrières à la frontière ont cessé", a-t-il poursuivi, dénonçant toutefois les "provocations sur les réseaux sociaux" visant à "créer la division entre nous et les pays voisins".

"Nous demandons à notre peuple de garder son calme et de soutenir les initiatives des autorités et des forces armées à travers leur unité", a lancé le président kirghiz.

Il a aussi assuré que l'Etat disposait de suffisamment de fonds pour payer les salaires des militaires et leur fournir l'équipement nécessaire, ainsi que pour financer la reconstruction des habitations détruites dans les affrontements.

"Notre potentiel militaire est à un tout autre niveau aujourd'hui (...) La preuve: ceux qui ont envahi nos terres ont reçu leur punition", a-t-il assuré.