Le prince Andrew rattrapé par la justice
Une Américaine a déposé plainte contre lui à New York pour des abus sexuels commis en 2001.
- Publié le 10-08-2021 à 18h40
- Mis à jour le 10-08-2021 à 18h49

Elle ne lâchera rien. Lundi, l'Américaine Virginia Giuffre a déposé une action en justice devant le tribunal fédéral de New York contre le prince Andrew, accusant le deuxième fils et troisième enfant de la reine Elizabeth II de l'avoir violée et agressée sexuellement plusieurs fois en 2001. La plaignante avait alors seulement 17 ans. Virginia Giuffre, 38 ans aujourd'hui, est l'une des victimes de l'Américain Jeffrey Epstein, condamné pour délinquance sexuelle en 2008. Celui-ci a été retrouvé mort dans sa cellule en 2019, à l'aube de son deuxième procès, cette fois pour trafic de mineures et où il risquait la prison à perpétuité. "Les puissants et les riches ne sont pas exempts d'être tenus responsables de leurs actes. J'espère que d'autres victimes verront qu'il est possible de ne pas vivre dans le silence et la peur, et qu'on peut récupérer sa vie en s'exprimant et en demandant justice", a déclaré celle qui vit désormais en Australie, via ses avocats, à la chaîne américaine ABC News.
Virginia Giuffre avait déjà rapporté des allégations similaires lors d'un procès mené contre le ministère de la Justice américain en 2014, dont le but était de contester l'accord clément accordé à Jeffrey Epstein en 2008. Mais c'est la première fois qu'elle attaque directement le duc d'York. D'après le dépôt de plainte, une première agression sexuelle se serait déroulée au domicile londonien de l'associée d'Epstein, Ghislaine Maxwell. Une deuxième, dans le manoir new-yorkais du financier multimillionnaire. Et une troisième sur l'île privée du trafiquant sexuel dans les Caraïbes. Au cours de chaque rencontre, la plaignante aurait été " contrainte par des menaces expresses ou implicites d'Epstein, de Maxwell et/ou du prince Andrew de se livrer à des actes sexuels" avec le duc. "Il y a vingt ans, la richesse, le pouvoir, la position et les relations du prince Andrew lui ont permis d'abuser d'un enfant effrayé et vulnérable sans personne pour la protéger", peut-on lire dans l'acte en justice. Le palais de Buckingham a fermement démenti les accusations.
La famille royale est éclaboussée
Depuis près d'une décennie, le prince est surveillé de près par les autorités américaines pour son association avec Epstein, qu'il aurait rencontré en 1999. Le prince Andrew, 61 ans, a toujours nié les allégations, sans renier pour autant son amitié avec le pédocriminel. Lors d'une calamiteuse interview donnée en 2019 sur la BBC, où il n'avait d'ailleurs exprimé ni remords, ni empathie pour les victimes de Jeffrey Epstein, il avait assuré n'avoir jamais rencontré cette "lady". "J'ai dit régulièrement et fréquemment que nous n'avions jamais eu de contact sexuel quelconque", avait-il répété à la journaliste. Lors de l'annonce du procès de Jeffrey Epstein en novembre 2019, sa relation avec le trafiquant sexuel a éclaboussé la famille royale, qui s'est vue obligée de le mettre à l'écart de la vie publique. Peu après, le duc d'York a renoncé à son rôle de chancelier de l'Université de Huddersfield et démissionné de l'ensemble de ses 230 parrainages.
Ce n'est pas la première fois qu'un membre de la famille royale est poursuivi par un tribunal. En 1978, le frère aîné d'Andrew et héritier du trône, le prince Charles, en a fait les frais après une confrontation avec un étudiant dans l'Ohio un an auparavant. Enfin, la princesse Anne, elle, est devenue la première à être reconnue coupable d'une infraction pénale en 2002, après que l'un de ses chiens a attaqué deux enfants. Ce qui n'était pas arrivé depuis une centaine d'années.