L'Otan promet un processus d'adhésion "sans heurts" à la Finlande et la Suède
Une adhésion de la Finlande et de la Suède est accueillie à bras ouverts à l'Otan, où les responsables promettent une procédure accélérée durant laquelle les deux pays recevront une assistance de sécurité bilatérale de la part d'au moins deux pays, les États-Unis et le Royaume-Uni.
- Publié le 12-05-2022 à 19h11
- Mis à jour le 16-05-2022 à 08h35

"Si la Finlande décidait de postuler ", a déclaré jeudi le secrétaire général, le Norvégien Jens Stoltenberg, "elle serait accueillie chaleureusement au sein de l'Otan et le processus d'adhésion se déroulerait sans heurts et rapidement".
Pour la Macédoine du Nord, le processus avait pris environ douze mois. Le pays candidat doit remettre une lettre d'adhésion. Ensuite, des études doivent être bouclées à l'Otan sur les capacités militaires et le respect de l'État de droit par chaque candidat. Un protocole d'adhésion doit être signé, probablement lors du sommet de l'Otan à Madrid les 29 et 30 juin. Enfin débute la ratification par les 30 pays membres. En Belgique, seule la Chambre des députés doit se prononcer.
Ce n'est qu'au bout de ce cheminement que le pays candidat reçoit la garantie de protection par l'article 5 du Traité de l'Alliance. Et, indirectement, la protection du parapluie nucléaire américain. Voilà pourquoi la Finlande et la Suède ont sollicité plusieurs pays pour obtenir des assurances de sécurité pendant cette transition. Premier à dégainer : Boris Johnson, passé mercredi à Stockholm et à Helsinki. "Si la Suède était attaquée et se tournait vers nous pour nous demander du soutien, nous le lui apporterions", a souligné le Premier ministre britannique à Stockholm. Des rotations de troupes britanniques et américaines dans les deux pays sont aussi envisagées. Il n'est pas exclu non plus que l'Otan fasse une déclaration collective de son côté, selon un diplomate européen.
C'est un paradoxe : l'invasion russe en Ukraine a finalement rompu le non-alignement militaire des deux pays nordiques forgés l'un, la Suède, par un souci d'indépendance, l'autre, la Finlande, par crainte de voir le voisin russe réitérer l'invasion de 1939.
Après la chute de l'URSS, les deux pays se sont rapprochés de l'Otan, signant avec lui un Partenariat pour la Paix en 1994 et participant à des opérations de l'Alliance dans les Balkans et en Afghanistan.
Une armée finlandaise assez musclée
Selon l'AFP, la Finlande ne compte que 12.000 soldats professionnels dans son armée. Mais elle forme plus de 20.000 conscrits par an et peut compter sur une armée en temps de guerre de 280.000 soldats aptes au combat, plus 600.000 autres réservistes, une force exceptionnelle pour une nation européenne.
Le pays compte augmenter de 40% son budget de la défense d'ici 2026, dispose déjà d'une flotte de 55 avions de combat F-18, qu'elle compte remplacer par des F-35 américains, de 200 chars et de plus de 700 pièces d'artillerie.
L'armée suédoise, elle, compte quelque 50.000 soldats. Le service militaire obligatoire, supprimé en 2010, a été réintroduit en partie en 2017. Et si la Suède a fortement désinvesti dans la défense ces 30 dernières années, passant de 2,6% du PIB en 1990 à 1,2% en 2020, elle a commencé à inverser la tendance après l'annexion russe de la Crimée en 2014.
