L'Ukraine célèbre une opération spectaculaire contre cinq bases aériennes russes
Des dizaines de bombardiers stratégiques ont été endommagés selon l'armée ukrainienne.
- Publié le 02-06-2025 à 18h55

Ce dimanche 1er juin, l'Ukraine a fait une démonstration spectaculaire de sa capacité à frapper la Russie dans la profondeur, en menant une attaque de drones simultanée contre cinq bases aériennes stratégiques russes.
L'opération, baptisée "Pavutyna" ("toile d'araignée" en ukrainien) aurait détruit ou endommagé 41 avions russes, selon les autorités ukrainiennes. Parmi les bases visées figurent celles de Belaya, dans la région d'Irkoutsk ; Dyagilevo, près de Riazan ; Ivanovo Severny ; Olenya, dans la péninsule de Kola ; et Ukrainka, dans la région de l'Amour, en Extrême-Orient. Toutes abritent des bombardiers lourds de type Tu-95, Tu-22M3 et Tu-160, régulièrement utilisés pour lancer des frappes de missiles sur le territoire ukrainien. Certaines bases accueillaient également des avions de surveillance de type A-50, essentiels à la coordination des attaques russes. "Dans les régions de Mourmansk et d'Irkoutsk, le lancement de drones FPV depuis une zone située à proximité immédiate d'aérodromes a provoqué l'incendie de plusieurs avions", a déclaré le ministère russe de la Défense, qualifiant l'opération de "terroriste".
Pour leur part, les services de sécurité ukrainiens ont affirmé avoir détruit ou endommagé 41 avions russes, dont des bombardiers Tu-95, Tu-22M3, Tu-160 et un avion de surveillance A-50, d'une valeur totale de 7 milliards de dollars. L'ampleur des dégâts, qui n'a pas encore été confirmée de manière indépendante, aurait représenté environ un tiers de la flotte stratégique russe de bombardiers. Si ces chiffres se confirment, il s'agirait de la plus lourde perte aérienne enregistrée par la Russie depuis le début de l'invasion, en février 2022. Le jour même, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué sur l'application de messagerie instantanée Telegram une "opération brillante" qui serait "inscrite dans les manuels d'histoire",,soulignant qu'elle visait à réduire la capacité de Moscou à frapper les villes ukrainiennes.
Selon lui, 117 drones FPV auraient été utilisés pour attaquer les bases russes ce dimanche. "La Russie a subi des pertes très tangibles, et à juste titre", a-t-il ajouté. Il a précisé que l'attaque avait été préparée sous la supervision directe du chef du Service de sécurité de l'Ukraine (SBU), Vasyl Maliuk, et que les agents impliqués avaient été évacués avant le début des frappes. L'opération, selon le SBU, serait le fruit d'un travail clandestin de plus de 18 mois : les drones explosifs, dissimulés dans des conteneurs en bois à bord de camions et de structures mobiles acheminés discrètement sur le territoire russe, ont été activés à distance depuis l'Ukraine, échappant ainsi aux radars des systèmes de défense russes.
Un Pearl Harbour russe
Du côté russe, le gouverneur d'Irkoutsk a reconnu une attaque de drones, tandis que des commentateurs proches du Kremlin ont évoqué une attaque comparable à Pearl Harbor. Sur les chaînes Telegram pro-russes, nombre de commentateurs ont appelé à une réponse "asymétrique et massive". Rybar, chaîne Telegram proche du ministère russe de la Défense, a décrit l'attaque comme un coup très sensible porté au bouclier nucléaire russe, soulignant qu'il serait impossible de restaurer ces pertes.
Des responsables russes ont également signalé l'effondrement de deux ponts dans les régions de Koursk et de Briansk, provoquant des déraillements de trains et plusieurs décès. Des incidents traités comme des actes de terrorisme, bien que l'implication de l'Ukraine n'ait jusqu'à présent pas été confirmée. Cette attaque intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu, alors que Kiev s'apprête à envoyer une délégation à Istanbul pour de nouvelles discussions sur un éventuel cessez-le-feu. Des négociations qui s'annoncent déjà difficiles, alors que Moscou a d'ores et déjà rejeté l'idée d'un cessez-le-feu sans conditions.
Pour sa part, le gouvernement ukrainien demande une cessation complète des hostilités, la libération des prisonniers de guerre et le retour des enfants ukrainiens déportés en Russie. En démontrant les capacités technologiques et opérationnelles croissantes de l'Ukraine, mais aussi sa détermination à frapper le territoire russe en profondeur, l'opération "Pavutyna" ne manquera pas de renforcer la position ukrainienne à la veille des pourparlers à Istanbul.
