"Nous aurions dû mieux l'écouter" : un ancien directeur de la CIA décrypte les intentions et cibles futures de Vladimir Poutine
À en croire David Petraeus, le chef du Kremlin aurait élaboré un plan bien rodé pour s'attaquer à un autre pays européen en cas de "réussite" de son invasion totale de l'Ukraine.
- Publié le 02-06-2025 à 16h40

L'ambition expansionniste de Vladimir Poutine ne se limitera pas aux frontières de l'Ukraine. C'est en tout cas la certitude de David Petraeus, ancien directeur de la CIA et général américain. Le chef du Kremlin voit les choses en grand et souhaiterait ainsi s'emparer des terres d'un autre pays européen, en plus des territoires ukrainiens situés en Crimée et dans les oblasts de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijia, soutient-il dans une interview accordée au think tank Policy Exchange.
Pour mettre son plan à exécution, le premier objectif de Poutine serait de se débarrasser de Volodymyr Zelensky. À la place du président ukrainien, il installerait un "leader marionnette" à la botte de la Russie afin d'assurer son contrôle sur l'ensemble de l'Ukraine, explique David Petraeus. "Une fois cela chose faite, vous le verrez se concentrer sur l'un des États baltes", avertit-il. "La Lituanie a occupé une place importante dans ses discours et nous aurions dû mieux l'écouter".
L'ancien directeur de la CIA a ensuite rappelé que Poutine a toujours considéré l'effondrement de l'URSS comme la "plus grande catastrophe géopolitique du 20e siècle". Un postulat qui implique que le président russe "prépare une guerre contre l'Europe" et entend bien revenir aux frontières soviétiques, selon Petraeus. "Cela vous donne un aperçu de son Histoire pleine d'amertume, de revanchisme et de révisionnisme".
Durant l'interview, l'ancien général américain a également émis quelques critiques à l'égard du positionnement des soutiens occidentaux à Kiev dans ce conflit. "Nous aurions dû faire beaucoup pour les Ukrainiens afin qu'ils puissent changer la dynamique sur le champ de bataille et montrer à Moscou qu'elle ne peut obtenir de gains supplémentaires à un coût acceptable", a-t-il regretté. "Si nous voulons que les Russes négocient sérieusement, nous devons les convaincre qu'ils ne peuvent pas continuer à enregistrer de petits gains à des coûts énormes."

