Élections municipales de Nice 2026 : candidats, sondages et forces politiques en présence
À Nice, les élections municipales de 2026 s'annoncent particulièrement disputées. Le maire sortant Christian Estrosi affronte son ancien allié Éric Ciotti dans un duel très observé, sur fond de recomposition de la droite locale et de divisions à gauche.
- Publié le 12-03-2026 à 13h55

Les élections municipales de Nice de 2026 se tiennent les 15 et 22 mars. Dans la cinquième ville de France par sa population, le scrutin s'annonce particulièrement tendu.
Le maire sortant, Christian Estrosi, y affronte son ancien allié devenu rival, Éric Ciotti, dans un duel qui monopolise une large partie de l'attention médiatique. Face à eux, plusieurs listes de gauche et citoyennes entendent peser dans ce vote qui agite profondément une ville qui n'a pas changé de bord depuis près de deux décennies.
Contexte politique à Nice : une ville de droite depuis des décennies
Nice est gouvernée par la droite depuis de nombreuses décennies. Christian Estrosi en est le maire depuis 2008, à l'exception d'une brève période en 2016-2017 lors de sa présidence du conseil régional. En 2020, sa liste était arrivée largement en tête au premier tour avec 47,63 % des voix, sans toutefois atteindre la majorité absolue nécessaire pour l'emporter dès le premier tour. Le scrutin municipal s'était déroulé dans un contexte de forte abstention liée à la pandémie de Covid-19 : la participation à Nice avait chuté à 28,6 %, soit environ 25 points de moins qu'en 2014.
Depuis lors, le paysage politique local a été bouleversé. Estrosi a quitté Les Républicains pour rejoindre le parti Horizons, donnant à la campagne municipale à Nice de 2026 une configuration inédite. Éric Ciotti, son ancien premier adjoint et longtemps son protégé, a fondé l'Union des droites pour la République (UDR), en alliance avec le Rassemblement national. Cette rupture dans la politique niçoise est le fil rouge de la campagne électorale à Nice de 2026, transformant un scrutin local en révélateur des tensions qui traversent la droite française.
Quels sont les candidats à la mairie de Nice pour les municipales 2026 ?
Christian Estrosi, tête de liste "Tous pour Nice" sous étiquette Horizons, brigue un quatrième mandat. Candidat déclaré dès avril 2024, il propose une liste renouvelée avec plus de la moitié de nouveaux visages et une forte proportion de candidats de moins de 40 ans. Il bénéficie d'un soutien officieux des Républicains, incarné par la présence sur sa liste de la sénatrice Dominique Estrosi Sassone.
En face, Éric Ciotti, président de l'UDR et député de la 1re circonscription des Alpes-Maritimes, a annoncé sa candidature en août 2025. Chef de file de la liste "Le meilleur est à venir", il a reçu l'appui de Jordan Bardella dès le lendemain de son annonce. Sa liste a également rallié Jean-Marc Governatori (Écologie au centre) et Dario Lutchmayah (UDI). C'est lui que les sondages créditent de la première place au premier tour.
À gauche, Juliette Chesnel-Le Roux, présidente du groupe écologiste au conseil municipal, conduit "Unis pour Nice", rassemblant Les Écologistes, le Parti socialiste et le Parti communiste. Mireille Damiano, avocate niçoise, mène la liste "Nice Front Populaire", soutenue par La France insoumise et le collectif citoyen Viva!. Ces deux candidates à la mairie de Nice peinent néanmoins à exister médiatiquement face au duel Estrosi-Ciotti.
Céline Forjonnel (Nice Démocratie Directe), Cédric Vella (Reconquête !) et Estelle Jaquet (Lutte ouvrière) complètent le tableau.
Logement, sécurité, transports : les grands débats de la campagne municipale à Nice
La politique niçoise se joue sur plusieurs dossiers :
- Le logement occupe une place importante et ce, dans tous les programmes politiques : avec environ 13 % de logements sociaux, Nice est loin du quota légal de 25 % imposé par la loi SRU, selon la Fondation Abbé Pierre. La gauche défend l'encadrement des loyers et le développement du parc social. Estrosi promet la construction de 10 000 logements d'ici 2040 et une prime de 5 000 euros aux propriétaires remettant leur bien en location longue durée. Ciotti envisage quant à lui la cession partielle du parc HLM pour financer sa rénovation.
- Sur la sécurité, Estrosi veut porter le nombre de caméras de surveillance de 6 800 à 10 000 et les effectifs de la police municipale de 600 à 1 000 agents d'ici la fin du prochain mandat. Ciotti avance des propositions proches en matière de présence policière, en insistant sur l'action de terrain dans les quartiers et sur la création d'une brigade antisquat. La gauche mise davantage sur la médiation sociale et une refonte de la police de proximité.
- Sur les transports, toutes les listes s'accordent sur davantage de gratuité, selon des calendriers différents. L'extension du tramway vers des quartiers encore mal desservis, comme l'Ariane, reste également un dossier attendu.
Que disent les sondages pour la mairie de Nice aux élections de 2026 ?
Quatre instituts ont sondé les intentions de vote des électeurs niçois en février 2026. Elabe, OpinionWay, Ifop et Cluster17 convergent vers le même constat :
- Éric Ciotti arrive en tête du premier tour, avec des scores oscillant entre 38 % (Ifop) et 45 % (OpinionWay),
- Christian Estrosi le suit entre 27 % et 32 % selon les enquêtes,
- Juliette Chesnel-Le Roux et Mireille Damiano obtiennent chacune entre 10 % et 13 %, un niveau qui leur permettrait de se qualifier pour le second tour.
En cas de duel au second tour, Ciotti et Estrosi seraient au coude à coude selon Elabe, avec un très léger avantage pour le candidat UDR-RN. En cas de triangulaire avec le maintien d'une liste de gauche, l'écart se creuserait davantage en faveur de Ciotti.
La gauche, divisée en deux listes, tente de se positionner comme force d'arbitrage dans cette campagne électorale. Chesnel-Le Roux et Damiano revendiquent chacune le rôle de "vraie alternative" face au duel entre la droite et l'extrême droite, et ont toutes deux annoncé qu'elles ne se retireraient pas au second tour.
Un scrutin local aux répercussions nationales
Les élections municipales de Nice de 2026 dépassent les frontières de la ville. Leur résultat sera un test grandeur nature pour l'alliance UDR-RN à l'échelle nationale.
L'abstention, historiquement haute en 2020, reste une inconnue qui pourrait tout changer à la mairie de Nice aux élections de 2026.

