Les positionnements "surréalistes" des leaders européens à la Maison Blanche : "A un moment, le sourire de Trump s'est effacé"
Donald Trump use de tous les moyens pour parvenir à ses fins, et les dirigeants européens l'ont bien compris, comme le montrent les multiples détails de leurs visites chez lui.
- Publié le 19-08-2025 à 12h11
- Mis à jour le 19-08-2025 à 12h45

Le président des États-Unis, déterminé à clore le conflit entre la Russie et l'Ukraine, s'est entretenu ces derniers jours avec Poutine, Zelensky et des chefs d'États européens. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les dirigeants semblent prêts à tout pour flatter Donald Trump.
Lors de la réunion à la Maison Blanche de ce lundi, plusieurs détails ont été remarqués par le New York Times, laissant entendre que tout était mis en œuvre pour plaire au président américain. Le média américain évoque des "positionnements surréalistes" correspondant à la mise en pratique de "cours intensif de trumpologie" qu'auraient suivis Macron, Starmer, Meloni Merz and co.
À commencer par Volodymyr Zelensky, vêtu cette fois d'un costume noir, après avoir été moqué pour son style lors de sa rencontre avec Trump. "Je n'en crois pas mes yeux. J'adore ce look, regardez-vous !", s'est exclamé le locataire de la Maison Blanche. L'Ukrainien a également croisé le journaliste d'extrême droite qui l'avait critiqué pour sa tenue vestimentaire en mars. M. Zelensky lui a fait remarquer qu'il portait le même costume. "Voyez-vous, j'ai changé, vous non", a-t-il lâché, faisant rire l'assemblée.
Par ailleurs, Volodymyr Zelensky a remis une lettre de son épouse adressée à Melania Trump. "Ce n'est pas pour vous, c'est pour votre femme", lui a-t-il signalé, taquin.
Réunion dans la bonne ambiance avec Trump
Après leur discussion en tête-à-tête, Trump et Zelensky ont été rejoints dans la salle à manger d'État par les dirigeants britannique, allemand, italien, français et finlandais. Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ont également participé aux échanges.

Après avoir longuement remercié Donald Trump, les représentants européens ont ensuite présenté avec tact leurs demandes spécifiques, visant à garantir une sécurité durable dans le conflit russo-ukrainien ainsi qu'un cessez-le-feu.
Si tout se passait bien, une intervention a bien failli faire tout capoter. Cela s'est produit lors d'une prise de parole du chancelier allemand, Friedrich Merz, sur l'importance cruciale d'un cessez-le-feu. Il a haussé le ton face à l'échec apparent de Trump, qui avait déclaré qu'un cessez-le-feu n'était plus nécessaire pour poursuivre les négociations.
Ce rappel à l'ordre a "effacé le sourire que Trump arborait depuis le début de la réunion", comme le signale le New York Times. "La situation a semblé momentanément compromise."
Le président américain s'est donc mis sur la défensive… mais la discussion a rapidement repris dans une atmosphère plus détendue.
Comme si Poutine y était
Durant cette discussion, le président Trump s'est transformé en messager de Poutine. À chaque point abordé, il répétait : " Vladimir Poutine veut que cela cesse". Le président américain a même appelé Poutine pendant les négociations pour lui rendre compte de l'avancée des discussions.
Il est donc difficile de savoir qui, de Poutine ou des dirigeants européens, a le plus réussi à amadouer Trump lors des échanges sur la guerre en Ukraine. "J'ai eu une très bonne réunion avec des invités de marque", a-t-il publié sur ses réseaux sociaux à l'issue de la rencontre avec les Européens.
