De nouveaux reproches sont faits à Israël concernant des "actes génocidaires" à Gaza
Un comité d'experts de l'Onu voit dans la destruction des infrastructures de santé pour femmes une atteinte grave à la capacité reproductive des Palestiniens. Israël conteste et discrédite.

- Publié le 13-03-2025 à 17h30

Les autorités israéliennes ont rejeté jeudi les affirmations "fausses et absurdes" d'une commission d'enquête de l'Onu selon laquelle Israël a commis des "actes génocidaires" contre les Palestiniens durant la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza. L'armée d'Israël a mené des opérations systématiques qui ont "détruit d'installations de soins de santé pour femmes pendant le conflit à Gaza et en utilisant la violence sexuelle comme stratégie de guerre", ont déclaré des experts des Nations unies dans un nouveau rapport publié jeudi et présenté au Conseil des droits de l'homme (CDH) de l'organisation, basé à Genève.
Ce faisant, "les autorités israéliennes ont détruit en partie la capacité reproductive des Palestiniens de Gaza en tant que groupe, notamment en imposant des mesures visant à empêcher les naissances, l'une des catégories d'actes génocidaires dans le Statut de Rome et la Convention sur le génocide", estime la Commission d'enquête internationale indépendante sur le Territoire palestinien occupé (y compris Jérusalem-Est et Israël), que le Conseil des droits de l'homme a mise sur pied en 2021.
Maternités attaquées
Parmi les destructions épinglées dans ce rapport figurent des maternités et la plus grande clinique de fécondation in vitro, Al Basma, qui conservait des milliers d'embryons. La destruction de cette dernière structure de santé "visait à empêcher les naissances de Palestiniens à Gaza" et constitue "un acte génocidaire", selon la commission d'enquête.
"Au lieu de se concentrer sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis par l'organisation terroriste Hamas dans le pire massacre de Juifs depuis la Shoah, l'Onu a une fois de plus choisi d'attaquer l'État d'Israël avec des accusations fausses, notamment des affirmations absurdes de violences sexuelles", a affirmé Benjamin Netanyahou. "Le cirque anti-israélien connu sous le nom de Conseil des droits de l'homme de l'Onu s'est depuis longtemps révélé être une instance antisémite, corrompue, de soutien du terrorisme et hors de propos", a ajouté le Premier ministre israélien La mission permanente d'Israël auprès du Conseil des droits de l'homme de l'Onu, à Genève, a quant à elle dénoncé des allégations "infondées, biaisées et manquant de crédibilité".
Images choquantes
Le rapport d'experts pointe pourtant du doigt les humiliations publiques qu'avaient subies des cohortes de Palestiniens forcés de se déshabiller et de déambuler presque nus dans les rues, des images qui avaient choqué les opinions publiques lors de leur révélation sur les réseaux sociaux. D'autres exactions, telles des agressions à caractère sexuel, sont dénoncées dans le rapport comme autant de procédures punitives exécutées par les soldats israéliens. "Les FDI (Forces de défense israéliennes) ont des directives concrètes […] et des politiques qui interdisent sans équivoque de telles fautes", a réagi par communiqué la mission permanente d'Israël auprès du Conseil, ajoutant que leurs procédures d'examen sont conformes aux normes internationales.
Ce n'est pas la première fois qu'Israël ou le Hamas sont épinglés par des instances internationales ou des ONG. En juin 2024, un autre rapport de cette Commission accusait le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens de graves violations des droits humains lors de son attaque du 7 octobre 2023, notamment de la torture et de traitements dégradants. En novembre dernier, le Comité spécial chargé d'enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l'homme du peuple palestinien, créé par l'Onu en 1968, avait estimé que les méthodes de guerre d'Israël dans le territoire gazaoui, dont l'utilisation de la famine comme "arme de guerre", présentaient "des éléments caractéristiques d'un génocide".
Israël, qui est partie à la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide, s'est vu contraint fin janvier 2024 par la Cour internationale de justice (CIJ), de prendre toutes les mesures nécessaires à l'empêchement d'actes constitutifs d'un génocide lors de la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza. Le 2 mars dernier, au sortir de la première phase du cessez-le-feu commencé le 19 janvier, lsraël a suspendu toute entrée de marchandises et d'approvisionnement dans la bande de Gaza.