Tsahal frappe, par erreur, une église de Gaza: "L'armée israélienne dit par erreur mais nous n'en sommes pas sûrs"
Israël a dit regretter "profondément" une "erreur", fruit d'un "tir perdu"…

- Publié le 18-07-2025 à 19h58

La probabilité de commettre une erreur. Ce facteur pourrait être une raison en soi d'arrêter la guerre de Gaza, 650 jours après le 7 Octobre. Elle ne l'est toujours pas. Un projectile de l'armée israélienne, encore non identifié officiellement, a endommagé jeudi une église de Gaza-City, la seule paroisse catholique de l'enclave palestinienne, tuant trois personnes et en blessant dix autres, dont le père Gabriel Romanelli.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a reconnu une "erreur" et dit regretter "profondément" ce "tir perdu" qui a touché l'église de la Sainte-Famille. Tsahal a indiqué qu'" une enquête préliminaire suggère que des éclats d'un obus tiré lors d'une opération dans le secteur ont touché par erreur l'église". "Israël regrette profondément qu'un tir perdu ait atteint l'église de la Sainte-Famille à Gaza. Chaque vie innocente perdue est une tragédie. Nous partageons la douleur des familles et des fidèles", a déclaré M. Netanyahou dans un communiqué de son bureau. Il a ajouté qu'Israël "enquête sur cet incident".
Un char impliqué
"Ce que nous savons avec certitude, c'est qu'un char a frappé directement l'église. L'armée israélienne dit par erreur mais nous n'en sommes pas sûrs", a déclaré le patriarche catholique de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, à Vatican News. Celui-ci s'est rendu en compagnie de son homologue grec orthodoxe, Théophilos III, ce vendredi dans la bande de Gaza. Selon un communiqué du Patriarcat latin, "viser un site sacré qui abrite environ 600 déplacés, en majorité des enfants, est une violation flagrante de la dignité humaine […] et du caractère sacré des sites religieux, qui sont supposés fournir un abri sûr en temps de guerre".
Ce complexe de l'église de la Sainte-Famille est un refuge pour la petite communauté catholique depuis le début de la guerre. Le père Gabriel Romanelli dialoguait régulièrement par liaison vidéo avec l'ancien pape François, mort en avril, depuis ce complexe qui abrite des centaines de déplacés palestiniens.
Le pape Léon XIV et le Premier ministre israélien se sont parlé vendredi au téléphone. Le souverain pontife "a renouvelé son appel à redynamiser les négociations afin de parvenir à un cessez-le-feu et à la fin de la guerre", exprimant "sa préoccupation face à la situation humanitaire dramatique de la population de Gaza, dont le prix déchirant est payé en particulier par les enfants, les personnes âgées et les malades", selon le communiqué du Vatican. Léon XIV a également "réaffirmé l'urgence de protéger les lieux de culte et surtout tous les fidèles et toutes les personnes en Palestine et en Israël".
