L'Onu avertit Israël à propos de nombreuses violences sexuelles commises sur des Palestiniens
Le secrétaire général Antonio Guterres affirme que les forces israéliennes pourraient bientôt figurer sur la liste des abuseurs sexuels.

- Publié le 13-08-2025 à 19h15
- Mis à jour le 13-08-2025 à 19h17

Les allégations ne sont pas neuves mais, cette fois, elles pourraient valoir aux forces armées d'Israël d'être mises à l'index. Elles visent des faits de violence physique, sexuelle, et parfois de torture, commis à l'égard de Palestiniens par les forces israéliennes ou des colons installés dans les Territoires occupés. Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, a indiqué à l'État hébreu être "gravement préoccupé" par des informations crédibles et régulières concernant ces incidents, incluant des violences sexuelles, des séances prolongées de nudité forcée, ainsi que des fouilles corporelles déshabillées abusives et dégradantes ayant pour objet d'humilier.
Dans un courrier adressé au représentant permanent d'Israël aux Nations unies, le chef de l'Onu avertit ainsi que les forces israéliennes pourraient être répertoriées comme auteurs de tels abus dans son prochain rapport sur les violences sexuelles dans les conflits. Et ce, "en raison de préoccupations importantes concernant les schémas de certaines formes de violence sexuelle qui ont été systématiquement documentés par les Nations unies", indique M. Guterres.
Humiliations et violences
En mars dernier, des Palestiniens arrêtés par Israël ont témoigné de conditions de détention et d'interrogatoires abusifs devant des experts des droits de l'homme mandatés par l'Onu. Certains ont dit avoir subi des humiliations et des violences sexuelles, comme des coups sur les parties génitales. La Commission d'enquête internationale indépendante sur le Territoire palestinien occupé avait conclu à un recours systématique à la violence sexuelle, génitale ou basée sur le genre, et accusé les forces israéliennes de violations diverses (incluant le viol), commises contre des détenus palestiniens, hommes, femmes et enfants.
Toutefois, affirme encore M. Guterres dans son courrier, dans la mesure où Israël a refusé l'accès aux observateurs de l'Onu, il a été "difficile de prendre une décision définitive" relative aux schémas, tendances et à l'utilisation systématique de la violence sexuelle par ses forces.
Le représentant permanent israélien, Danny Danon, a rejeté ces allégations, qu'il juge "excessives et biaisées". L'Onu ferait mieux de "se concentrer sur les crimes de guerre et les violences sexuelles du Hamas et sur la libération des otages", a-t-il précisé, se référant aux attaques du groupe islamiste en Israël il y a près de deux ans.
Dans son courrier, Antonio Guterres exhorte Israël à "prendre les mesures nécessaires pour que cessent immédiatement tous les actes de violence sexuelle, et à prendre et mettre en œuvre des engagements spécifiques assortis de délais".