Moyen-Orient : un nouveau guide suprême sera nommé en cas de conflit prolongé en Iran

Mardi, la situation au Moyen-Orient est restée explosive et n'a montré aucun signe d'accalmie. L'ambassade américaine à Ryad a été attaquée et Trump a promis une réponse rapide. Le Liban également été à nouveau visé par Israël.

Donald Trump a averti que la guerre contre l'Iran pourrait durer un mois ou plus, au moment où le conflit s'étend sur de multiples fronts avec de nouveaux raids américains et israéliens, et où Téhéran a visé mardi l'ambassade des Etats-Unis à Ryad.

Au quatrième jour de la guerre, le conflit ne donne aucun signe de répit, chaque camp affichant, au contraire, sa détermination à poursuivre les hostilités.

Un incendie s'est déclaré dans la nuit de lundi à mardi au sein de l'ambassade américaine à Ryad à la suite d'une attaque de deux drones iraniens, a annoncé le ministère saoudien de la Défense, alors que les Etats-Unis ont incité leurs ressortissants au Moyen-Orient "à partir maintenant".

Selon le ministère saoudien de la Défense, huit drones ont été interceptés dans la nuit à Ryad et la ville d'Al-Kharj, située au sud-est de la capitale.

Suivez les infos importantes ce mardi :

Une forte explosion entendue à Beyrouth, selon un journaliste de l'AFP
le Premier ministre canadien Carney appelle "toutes les parties" à respecter les règles d'engagement internationales
Pas encore de demande d'aide des pays du Golfe à la Belgique

Aucune demande d'aide n'a encore été formulée auprès de la Belgique par les pays du Golfe ou Chypre, touchés par des tirs de représailles de l'Iran, a annoncé le ministre de la Défense Theo Francken dans l'émission De Afspraak (VRT Canvas).

"Les grands États membres de l'Union européenne soutiennent déjà Chypre. Est-ce suffisant ou non, pouvons-nous aider ou non? Nous sommes en train de nous préparer", a précisé le ministre. Cette assistance pourrait concerner des rapatriements via les Affaires étrangères mais aussi prendre la forme d'un appui militaire dans la région, a-t-il ajouté.Le Royaume-Uni et la France ont déjà envoyé des navires à Chypre. Une base de l'armée britannique sur l'île a été touchée par un drone iranien dans la nuit de dimanche à lundi. La frappe contre la base britannique d'Akrotiri est la première touchant un pays de l'Union européenne depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par une attaque américano-israélienne contre l'Iran samedi.

Selon le ministre, notre pays se tourne également vers des pays comme la Jordanie - "avec laquelle nous collaborons beaucoup" - et les Émirats arabes unis - "avec lesquels nous entretenons de bonnes relations" - pour proposer son aide. "Pour l'instant, nous n'avons reçu aucune demande concrète de leur part, mais ce sont des questions que nous examinons", a-t-il déclaré.

Plus tôt dans la soirée, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés) a également réagi dans le même sens dans l'émission Terzake: "En ce qui nous concerne, nous devons rester attentifs dans le cas où les pays du Golfe demanderaient l'aide des pays européens dans les jours à venir."

Un nouveau guide suprême sera choisi si la guerre continue

L'Assemblée des experts iraniens, organe chargé de choisir le prochain guide suprême du pays, s'est réuni virtuellement, relaye l'agence de presse semi-officielle iranienne Fars.

Comme le relaye également CNN, il semblerait que l'organe composé de 88 hauts dignitaires religieux est dans les  "dernières étapes" de la sélection d'un nouveau guide suprême. Toutefois, on ignore encore quand ce nouveau dirigeant sera annoncé.

Mais on apprend qu'un nouveau guide suprême sera nommé si la guerre continue. 

Le Hezbollah dit avoir ciblé la base navale de Haïfa, dans le nord d'Israël
Qatar: un missile iranien a frappé la base américaine d'Al-Udeid

Le Qatar a annoncé mardi que deux missiles iraniens avaient visé son territoire, dont l'un a frappé la base militaire américaine d'Al-Udeid, au quatrième jour de la guerre au Moyen-Orient lancée par les Etats-Unis et Israël.

Le Qatar annonce avoir démantelé deux cellules d'espionnage affiliées aux Gardiens de la Révolution iraniens
Environ 9.000 Américains ont quitté le Moyen-Orient en raison de la guerre

Les Etats-Unis ont déclaré mardi qu'environ 9.000 de leurs ressortissants avaient quitté le Moyen-Orient en raison de l'insécurité créée par la guerre contre l'Iran, ainsi que le risque de représailles.

Explosions entendues de Jérusalem après une nouvelle alerte aux missiles d'Iran
Chutes de débris dans la région de Tel-Aviv après de nouveaux tirs de missiles iraniens

"Brûler tout navire"

Interrogé sur la riposte à cette attaque, le président américain Donald Trump a déclaré: "vous le découvrirez bientôt".

Les Gardiens de la révolution - armée idéologique de la République islamique - ont revendiqué l'attaque d'un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis, dans le détroit d'Ormuz, et de nouveau visé les riches pays du Golfe, qui abritent plusieurs bases militaires américaines.

Un général iranien a menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit, passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial, fermé de facto en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Israël a de son côté étendu ses opérations au Liban, y menant des frappes meurtrières massives, en riposte à une attaque du mouvement chiite Hezbollah en soutien à Téhéran.

Dans un communiqué mardi matin, l'armé israélienne a dit frapper "les centres de commandement et les entrepôts d'armes du Hezbollah à Beyrouth".

La chaîne de télévision libanaise Al-Manar, affiliée au Hezbollah, a dit que ses locaux dans la banlieue sud de Beyrouth avaient été bombardés.

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Télévision publique attaquée

En Iran, l'armée israélienne a affirmé dans la nuit avoir "frappé et démantelé" le siège de la radio-télévision publique iranienne (Irib) dans le nord de Téhéran, mais celle-ci a dit poursuivre ses émissions.

De puissantes explosions ont retenti dans plusieurs quartiers à Téhéran, selon des journalistes de l'AFP.

"Ils frappent très fort aujourd'hui. Toutes les deux-trois heures, et cela dure environ une demi-heure. Les fenêtres tremblent. Presque tout le monde cède à la peur", a déclaré lundi à l'AFP Elnaz, une habitante de Téhéran de 39 ans.

Dans une interview à la chaîne américaine Fox News, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a justifié l'opération militaire par la nécessité de frapper le programme nucléaire de Téhéran avant qu'il ne devienne "intouchable".

Après la guerre de douze jours et les frappes israélo-américaines en juin 2025, les Iraniens "ont commencé construire de nouveaux sites, des bunkers souterrains qui auraient rendu leurs programmes de missiles balistiques et leurs programmes d'arme atomique intouchables d'ici quelques mois. Si aucune action n'avait été entreprise maintenant, aucune action n'aurait pu l'être dans le futur", a assuré M. Netanyahu, un grand allié de Donald Trump.

Une guerre contre l'Iran, mais aussi contre la Chine

Pas de "guerre sans fin"

"Et alors ils auraient pu viser l'Amérique. Leur faire du chantage", a-t-il ajouté.

"Vous n'allez pas avoir une guerre sans fin" contre l'Iran, a-t-il insisté, promettant une "action rapide et décisive".

Donald Trump mise, lui, sur une campagne militaire de "quatre à cinq semaines", tout en assurant que les Etats-Unis peuvent "aller bien au-delà".

Le président américain a également affirmé qu'il n'hésiterait pas à envoyer des troupes au sol "si nécessaire".

La République islamique a continué de lancer des missiles et drones en direction d'Israël, qui a prolongé la fermeture des écoles, des bureaux et l'interdiction des rassemblements jusqu'à samedi. Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises à Jérusalem.

Selon les Gardiens de la Révolution, l'Iran a "attaqué 60 cibles stratégiques et 500 cibles militaires" américaines et israéliennes depuis samedi, dont les bureaux du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Au Qatar, l'armée a intercepté deux missiles balistiques tôt mardi, a annoncé le ministère de la Défense après que des journalistes de l'AFP ont entendu de fortes détonations à Doha, la capitale.

Le Koweït a été parmi les plus touchés.

Trois avions de combat américains qui se sont écrasés dans ce pays ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine.

Des journalistes de l'AFP ont également constaté des explosions en Arabie Saoudite, au Bahreïn et aux Emirats arabes unis, où l'aéroport de Dubaï a suspendu tous ses vols.

"On attend de pouvoir partir et surtout, on attend d'avoir des informations", a témoigné auprès de l'AFP Raphaëlle, Française de 37 ans, confinée dans son hôtel.

"Je n'ai aucune sympathie pour ce régime, mais j'ai peur que l'Iran devienne un Afghanistan ou une Syrie. Ce sera encore pire pour les Iraniens"

Six Américains tués

Face à l'extension d'un conflit protéiforme, l'inquiétude a gagné les marchés financiers, faisant grimper les cours des hydrocarbures et du dollar. Les bourses internationales affichent des pertes conséquentes pour leur premier jour d'ouverture depuis le début des hostilités, sans toutefois céder à la panique.

Malgré la mort de nombreux responsables iraniens, dont celle du guide suprême Ali Khamenei, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a rejeté toute négociation avec Washington et affirmé que son pays se battrait "quel que soit le prix", pour "défendre farouchement" sa "civilisation vieille de 6.000 ans".

Six militaires américains ont été tués depuis le début de la guerre avec l'Iran samedi, a annoncé lundi le Pentagone, alors qu'un précédent bilan avait fait état de quatre morts.

Après l'annonce de la mort d'Ali Khamenei, qui a dirigé l'Iran d'une main de fer durant près de 37 ans, le gouvernement iranien a appelé la population à se rassembler lundi soir à travers Téhéran, pour lui rendre hommage.

Des rassemblements se sont tenus dans différentes villes du pays, selon des images de la télévision iranienne.

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a lui déclaré que les Etats-Unis "aimeraient" voir le peuple iranien renverser son gouvernement, mais que cela n'était pas "l'objectif" de la guerre.

"L'Iran n'a pas les moyens d'un choc frontal avec les Etats-Unis" : après sa riposte, de quelles capacités militaires dispose Téhéran ?

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