"Sans les États‑Unis, l'OTAN est un tigre de papier" : Donald Trump se vante en Iran… mais cherche désespérément des alliés
Entre triomphalisme et appel du pied, Donald Trump joue une partition paradoxale au Moyen-Orient.
- Publié le 21-03-2026 à 13h43
- Mis à jour le 21-03-2026 à 14h07

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, reste au cœur des tensions entre les États-Unis et l'Iran. Donald Trump veut absolument le sécuriser, mais son discours mélange triomphalisme militaire et appel aux alliés.
Depuis la Maison Blanche, entouré d'aspirants de la marine, Trump a affirmé ce vendredi que "cela se passe extrêmement bien en Iran" et a vanté les "réussites militaires" depuis le début de l'offensive israélo-américaine du 28 février. Il a ajouté : "Je crois que nous avons gagné en Iran" et qu'"aucune force sur terre ne peut battre les marins américains ou l'armée américaine", selon les services de presse de la Maison Blanche.
Pourtant, derrière ces déclarations, il reconnaît que les États-Unis ont besoin "d'un peu d'aide" pour sécuriser le détroit d'Ormuz et garantir le passage du pétrole.
L'OTAN dans le viseur
Et Trump n'a pas ménagé ses alliés occidentaux. Il a ouvertement critiqué les pays alliés qui refusent de s'engager dans le conflit : "Sans les États-Unis, l'OTAN EST UN TIGRE DE PAPIER. Ils n'ont pas voulu se joindre à la bataille pour arrêter un Iran doté de l'arme nucléaire. Maintenant que le combat militaire est GAGNÉ, avec très peu de danger pour eux, ils se plaignent des prix du pétrole élevés qu'ils doivent payer mais ne veulent pas aider à ouvrir le détroit d'Ormuz. LÂCHES, nous nous en SOUVIENDRONS !", écrit-il sur Truth Social.
Plusieurs pays, dont la France, refusent toute participation directe. Ils privilégient les missions d'escorte distinctes des combats. Trump insiste malgré tout pour que l'OTAN, la Chine et le Japon s'impliquent davantage.
Des signaux d'escalade
Malgré ses promesses d'une issue rapide au conflit, les mouvements militaires montrent le contraire. Des médias américains annoncent que des renforts du corps des Marines vont être déployés au Moyen-Orient, en plus de trois navires et 2 500 soldats déjà basés au Japon.
L'administration américaine réfléchit également à s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent 90 % des exportations de brut iranien, pour forcer Téhéran à rouvrir le détroit, selon Axios. Le Pentagone pourrait aussi demander plus de 200 milliards de dollars supplémentaires au Congrès pour financer le conflit, rapporte le Washington Post.
Trump continue d'affirmer que "vous ne faites pas de cessez-le-feu quand vous anéantissez littéralement l'adversaire", mais ses propos révèlent une dépendance aux alliés pour sécuriser Ormuz. Le détroit reste le pivot énergétique mondial et le théâtre d'un équilibre délicat entre puissance militaire et coopération internationale.
