Après un mois de guerre en Iran et au Liban, Donald Trump hésite entre "progrès" et menaces
La stratégie du président américain demeure illisible. L'Iran ne cède rien.

- Publié le 30-03-2026 à 18h59

Alors que le conflit au Moyen-Orient est entré dans son deuxième mois et sa cinquième semaine – échéance initialement fixée par Donald Trump pour remporter une victoire sur l'Iran – le président américain se cherche une porte de sortie.
Il a affirmé, dimanche, considérer que les États-Unis avaient obtenu un "changement de régime" grâce à leurs frappes aériennes en Iran, qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et plusieurs hauts responsables de la République islamique. "C'est tout un autre groupe de personnes, donc je considérerais que c'est un changement de régime", a-t-il assuré, négligeant la radicalisation du pouvoir à Téhéran, qui continue de réprimer, d'emprisonner et d'exécuter ses opposants.
Options militaires
D'autre part, il a une nouvelle fois laissé entendre qu'un accord visant à contenir les ambitions nucléaires de Téhéran pourrait être imminent. Les options militaires demeurent toutefois ouvertes. Selon le New York Times, des centaines de membres des forces spéciales américaines seraient arrivés au Moyen-Orient. Ces commandos, parmi lesquels des Rangers de l'armée de terre et des Navy Seals, s'ajoutent aux quelque dix mille Marines et parachutistes déjà déployés.
En guise d'objectif potentiel, Donald Trump a mentionné à nouveau l'île de Kharg, dont l'armée américaine pourrait en prendre "très facilement" le contrôle, selon lui. Située dans le nord du Golfe, elle abrite le plus grand terminal pétrolier d'Iran et assurerait environ 90 % de ses exportations de brut, selon la banque américaine JP Morgan. Donald Trump a menacé "d'anéantir" l'île si les négociations n'aboutissent pas.
Diplomatie de façade
L'Iran n'est pas dupe, qui accuse Donald Trump de mener une diplomatie de façade tout en "planifiant secrètement une invasion terrestre". Le régime de Téhéran promet que Kharg sera le tombeau de l'armée américaine si elle devait y passer à l'action. Mohammad Reza Aref, premier vice-président iranien, a répété que des "concessions" sont indispensables pour engager des négociations sur le détroit d'Ormuz.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé Donald Trump à "stopper la guerre" au Moyen-Orient, lundi. L'Égypte participe à des discussions organisées par le Pakistan avec l'Arabie saoudite et la Turquie, en vue de faciliter des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran.
Au moins onze missiles et 27 drones, lancés d'Iran, ont visé les Émirats arabes unis, lundi. La défense turque a intercepté un quatrième missile balistique, tiré d'Iran.
Sur l'autre front du conflit, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé une intensification de l'offensive terrestre dans le sud du Liban. Trois membres du Hezbollah ont été tués dans une frappe israélienne près de la banlieue sud de Beyrouth.
Plusieurs Casques bleus ont été blessés dans une ville frontalière du Sud-Liban où le mouvement pro-iranien affronte l'armée israélienne, au lendemain de la mort d'un soldat indonésien de la mission de maintien de la paix des Nations unies.
