L'Hajj : entre pèlerinage et business
Des millions de musulmans convergent, comme c'est le cas une fois par an depuis 1400 ans, vers la Mecque. Si le pèlerinage de l'Hajj est avant tout un acte spirituel, il est aussi, pour certains, un business lucratif.
- Publié le 25-10-2012 à 16h39

Des millions de musulmans issus de 189 pays ont convergé, comme c'est le cas une fois par an depuis 1400 ans, vers la Mecque (Arabie Saoudite). Si le pèlerinage de l'Hajj est avant tout un acte spirituel, il revêt pour certains des intérêts commerciaux.
La monarchie pétrolière l'a bien compris et son économie florissante est entretenue en ce mois d'octobre par les millions de dollars dépensés par les pèlerins qui se rendent à la Mecque. L'an dernier, les 10 jours d'événement ont généré, selon la chambre de commerce, 10 milliards de dollars, l'État percevant les retombées sous forme de taxes.
Les entreprises privées ne sont pas en reste non plus. Le secteur de l'immobilier s'est adapté au nombre croissant de pèlerins (Plus de 3,4 millions de croyants y participent!) et l'on ne compte plus les nouvelles constructions s'érigeant "sans frein" dans la ville sainte, comme le décrit la BBC. Ces investissements se sont d'ailleurs avérés lucratifs : la ville berceau de l'Islam est la cité où l'on recense les loyers les plus élevés d'Arabie Saoudite !
Les hôtels luxueux, impayables pour la plupart des pèlerins, ont par ailleurs pris pied sur des sites de villes centenaires. "Un mal nécessaire", justifie le gouvernement saoudien, même si cela se fait aux dépends de montagnes historiques datant de l'époque du Prophète Mahommed.
Les souvenirs se vendent à foison. Et, même si les bénéfices sont difficiles à estimer, leur vente constitue aussi une activité lucrative. Et pour cause, ces "objets bénis" y sont vendus 3 fois leur prix. Pourtant, nombre de ces souvenirs ne sont pas fabriqués dans la ville sainte mais bien... en Chine, révèle la BBC sur son site internet.
Le pèlerinage de la Mecque est un des cinq piliers de l'islam et une obligation pour tout musulman physiquement valide et disposant de moyens financiers suffisants. Selon les témoignages recueillis par divers médias, beaucoup de croyants regrettent, faute de moyens, de ne pas pouvoir y emmener leur famille. Pourtant, quel que soit son coût, les musulmans n'arrêteront pas de participer à cet événement spirituel millénaire et... commercial.
