Benjamin Maréchal, l'homme orchestre d'une émission populaire
A partir de 6h, tous les jours, l'animateur radio prépare l'émission "C'est vous qui le dites" dans laquelle les auditeurs donnent leur avis sur les questions d'actualité. Des matinées où chaque minute compte, entre le choix des sujets, le maquillage et les invités. LaLibre.be vous emmène dans les coulisses de la RTBF.
- Publié le 07-02-2016 à 11h59

Cette semaine, notre série "Dans le secret des lieux" vous emmène dans les coulisses de l'émission matinale de Vivacité, la plus écoutée en Belgique francophone. LaLibre.be était aux côtés de Benjamin Maréchal, animateur de "C'est vous qui le dites" pour vous faire découvrir chaque étape, avant et pendant l'émission. Une ambiance décontractée malgré le rythme effréné que l'antenne impose.
6h. Sara de Paduwa est au commandes du 6-8, qui est diffusée uniquement en télé depuis quelques mois. Nous avons rendez-vous avec Benjamin Maréchal sur le site de la RTBF. C'est à cette heure-là que l'animateur radio entame sa revue de presse. Il lit les journaux, épluche les articles et décortique les différents titres à la recherche de sujets sur lesquels faire réagir ses auditeurs lors de son émission "C'est vous qui le dites", qui débutera juste après le journal de 9h.

Benjamin est aidé dans sa tâche par quatre collègues. Ils s'occupent notamment de lister les sujets de discussion, préparer l'aspect technologique avec les photos et les visuels des titres de journaux auxquels l'équipe fait allusion ou rechercher des informations sur Facebook. La petite bande doit également préparer un teasing de l'émission que Benjamin présentera à 7h30 sur le plateau. Pendant ce temps, le calme règne dans les couloirs de Reyers.
6h50. Benjamin se maquille lui-même devant un miroir de poche, tout en discutant de la conduite de l'émission avec ses collègues. Le geste semble anodin. L'heure est à la discussion de "la question qui dérange". L'équipe est presque prête, seuls les aspects techniques et l'impression des textes restent à terminer.

"Nous sommes 5 pour gérer deux heures d'émission"
7h. Sara de Paduwa sort du plateau pour laisser les journalistes énoncer les informations. En régie, cinq personnes sont présentes pour encadrer le 6-8h, qui ne passe qu'à la télévision. Cette récente nouveauté a engendré beaucoup de changements aux niveaux pratique et technique. La météo et le trafic routier parviennent en direct des studios de Charleroi. Une seule personne gère les huit caméras qui filment chaque détail du plateau. Il n'y a pas de prompteur, les animateurs observent le retour sur un écran et suivent la conduite de l'émission sur leur tablette.
Pascal Michel coordonne le tout : il gère l'équipe, les arrivées sur le plateau, le journal et le choix des sujets en fonction de l'actualité. Certains auditeurs ont certainement l'impression qu'il y a beaucoup de mouvements autour du plateau des émissions diffusées à la télévision. Or, tout est extrêmement calme, serein et scrupuleusement chronométré, avant et pendant que le voyant "On Air" soit allumé.

7h27. Benjamin Maréchal court rejoindre le plateau tout en enfilant sa chemise. Trois minutes après, Christophe Granjean annonce les informations. Benjamin entre, lit son teasing puis profite des images de la météo et du trafic routier pour ressortir discrètement.
L'espace devant la porte du plateau, d'où l'on observe les animateurs sur les écrans plats, est le lieu d'attente -souvent courte- pour les journalistes, les invités ou pour une retouche maquillage éventuelle. Nouveaux fauteuils, déco design, thé et café : tout a été prévu pour faire de cette zone de transition un espace zen au milieu de la course de la radio.

Tous les membres de l'équipe des émissions matinales de Vivacité ont un rôle bien défini. Cette rigueur permet une sorte de détente générale, une ambiance décontractée qui plane dans toutes les pièces du studio. Pascal Michel chantonne, vérifie si tout est en ordre et prend même le temps de nous décrire le poste de chacun ainsi que les conséquences du passage à la télévision.
7h56. La publicité est lancée. C'est le moment précis où Benjamin et ses chroniqueurs, Jérôme de Warzée et David Jeanmotte, entrent sur le plateau et prennent leurs places respectives. Lors du retour sur antenne, Benjamin saluent les auditeurs et leur annonce que la radio est suivie par une équipe de La Libre Belgique. David rigole et explique qu'il est fier d'avoir lu un jour son portrait dans nos pages.
8h02. Un nouveau JT est présenté et Elio Di Rupo arrive dans la zone d'attente puis monte sur le plateau. Il a été invité dans les studios de Vivacité pour réagir à la manière dont le gouvernement fait face à la menace terroriste suite aux attentats de Paris, perpétrés quelques jours plus tôt. Tout se déroule calmement. Quelques minutes plus tard, à 8h20 exactement, comme chaque jour, l'humoriste Jérôme de Warzée lance sa chronique "un Cactus dans le Waterzooi" dans laquelle il décortique l'actualité belge et internationale. La chronique est la plus écoutée en Belgique francophone. A 8h30, c'est le moment attendu de la revue de presse soigneusement préparée deux heures plus tôt. Benjamin parle de tous les sujets avec une aisance déconcertante, improvisant la moitié du texte en suivant sa conduite.

En régie, de l'autre côté des vitres, deux jeunes filles gèrent les appels des auditeurs pour les réactions aux questions d'actualité. Elles préparent un document sur lequel sont repris les noms des auditeurs dont les témoignages et réactions sont les plus intéressants. Ce document se trouve également sur la tablette de Benjamin qui peut lire toutes les modifications en temps réel. Tout servira pour lancer l'émission "C'est vous qui le dites" et rappeler chaque auditeur préalablement choisi.
8h55. C'est David Jeanmotte qui prend les commandes pour sa minute"relooking". Aujourd'hui, le styliste a choisi le ministre de la Défense Steven Vandeput pour attribué ses conseils en matière de mode et de coiffure. Quotidiennement, une ou plusieurs personnalités se trouvent dans le viseur de David, qui, sans scrupule, donne son avis de styliste professionnel sur les moindre détails physiques et vestimentaires. Après les commentaires de chacun et des rires spontanés, les deux chroniqueurs quittent le plateau. Ils nous adressent un sourire et souhaitent une bonne journée à toute l'équipe. Une convivialité agréable à observer. Dix minutes après le journal de 9h, Benjamin peut démarrer son émission. Un des invités est en retard mais le calme est toujours de mise.
La synchronisation de toute l'équipe
Le retardataire arrive finalement, lance sa veste sur le fauteuil et rejoint son siège sur le plateau, sous le regard attentif de l'animateur. A 9h14, Benjamin propose les trois questions d'actualité qui font débat. Les standardistes sont prêtes à agir. Un court instant plus tard, elles s'activent, passant d'un auditeur à l'autre en quelques secondes, les triant selon les sujets. Benjamin continue à recevoir les noms et les témoignages sur l'écran de sa tablette. Une synchronisation toute naturelle qui permet à l'émission de se dérouler sans encombre et d'improviser sans aucun stress. Le standard est sans aucun doute l'endroit où la tension se ressent le plus. Malgré tout, les jeunes fille sont dynamiques, efficaces et très détendues.

9h36. Le débat d'actualité bat toujours son plein, Benjamin passant d'une question et d'un auditeur à l'autre. Tout se déroule dans le même calme que celui de 6h. En parallèle, les premiers mouvements s'entendent dans les couloirs et les bureaux voisins. Le plateau est une véritable bulle, tout se passe à l'intérieur mais tout autour, le temps semble suspendu. L'énergie que Benjamin dégage, aidé par sa voix forte et sa spontanéité, domine tout le long de l'émission.
Parfois, les régisseurs transmettent discrètement un message à l'animateur via les oreillettes, souvent pour un aspect technique ou le retard d'un invité, mais toujours pendant les réclames afin d'éviter que cela ne soit vu à la télé. Dès qu'il en a l'occasion, lors des publicités notamment, Benjamin jette un oeil aux informations qui s'affichent en continu sur sa tablette afin d'être à jour. Il peut également demander une minute pour lire un texte et chambouler la conduite pour insérer une actualité urgente. Il prend soin de noter quelques mots de chaque témoignage des auditeurs et jongle entre ses différents supports.

10h. Benjamin sort du plateau pour laisser place à un nouveau journal. Il retourne dans son bureau pour aborder le sujet de discussion pour la deuxième heure de l'émission. Heureusement pour l'animateur, qui court d'un côté à l'autre du couloir, le journal est plus long que d'habitude. Après ses deux minutes de break, Benjamin se précipite en régie pour s'entretenir avec les deux standardistes à propos des appels à passer aux auditeurs selon les témoignages les plus pertinents. Ni une ni deux, il est déjà de retour sur le plateau pour relancer le nouveau débat.

Quelques secondes sur le plateau
Lors d'une publicité, Benjamin nous fait signe d'entrer sur plateau afin de lui poser les dernières questions. Il nous raconte quelques anecdotes. Il arrive parfois que les appels des auditeurs arrivent trop tôt ou trop tard, ce qui demande un peu d'improvisation. L'actualité chamboule parfois aussi l'émission. Benjamin insiste sur l'importance de lire énormément les journaux avant 8h pour être à jour en permanence même si cela oblige parfois des changements de dernière minute.
Les sujets d'actualité permettent également de combler les quelques minutes entre les JT et les débats afin de créer des liens pour replonger les auditeurs dans les sujets du moment.

Ces changements liés à la télévision, toute l'équipe de la matinale de Vivacité s'y est habituée rapidement. Le besoin plus grand d'illustrations à l'écran, les nouveaux postes nécessaires, la mise en avant des animateurs, les gestions différentes de certains outils... Ce projet, reliant Sara de Paduwa et Benjamin Maréchal, est en préparation depuis le mois de mai et semble aujourd'hui être au point. Le succès des émission matinales de Vivacité, les plus écoutées en Belgique francophone, est dû, selon tous les membres de l'équipe interrogés, au dynamisme sans faille des deux animateurs vedettes.
