Un comportement de plus en plus répandu face à l'alcool soulève toujours des interrogations en soirée: "Il faut se poser les bonnes questions"
Chaque début d'année commence désormais traditionnellement avec deux challenges bien connus. Le Dry January et la Tournée Minérale en février connaissent un succès sur le plan international et également belge. Mais comment ne pas subir la pression à la consommation lors d'évènements sociaux ? Une experte partage ses conseils.

- Publié le 17-01-2026 à 17h06

"Je n'ai pas envie de me sentir obligée de tout le temps boire parce que la société me l'impose ou qu'il faut obligatoirement boire des verres si on va en soirée". Voici ce que déclare Peytone, jeune femme de 25 ans, qui a participé aux différents challenges de mois sans alcool, avant de fortement limiter sa consommation de manière régulière, durant l'ensemble de l'année.
"Il y a quelques années, quand je buvais plusieurs verres d'alcool, j'ai remarqué que j'avais pris du poids à cause de ma consommation, donc j'ai commencé à diminuer. Je n'avais plus envie non plus de me sentir obligée de tout le temps boire en soirée. Je ne voulais plus m'imposer quelque chose que je ne souhaitais plus", explique-t-elle.
Depuis environ cinq ans, Peytone a donc limité davantage sa consommation d'alcool, surtout lorsqu'elle s'est rendu compte que cela n'avait pas d'impact sur ses soirées. "J'ai passé des soirées où je ne buvais pas d'alcool et elles étaient super chouettes, donc je ne me suis plus sentie obligée de boire pour m'amuser", affirme-t-elle. En arrêtant, elle a pu remarquer différents bienfaits sur son corps, notamment car elle pratique du sport quotidiennement. "Je ne voulais pas que cela casse ma routine sportive", précise-t-elle.
L'arrêt de la consommation d'alcool, dont les effets néfastes sur le corps sont reconnus scientifiquement, amène ainsi des bienfaits. En Belgique, plus d'1,5 million de personnes ont participé à l'un des deux challenges de mois sans alcool en 2024. Et les Belges sont pourtant connus pour être de grands consommateurs d'alcool. En effet, selon une enquête de Securex, en 2025, menée auprès de 1 500 personnes, un travailleur sur 10 boit encore trop d'alcool.
Un véritable défi pour certaines personnes
Si pour la jeune femme, arrêter sa consommation d'alcool s'est bien déroulé, notamment parce qu'elle ne prête pas attention au regard des autres, et peut dès lors profiter d'une soirée sans être alcoolisée, pour d'autres personnes, cela peut être difficile de ne pas être tentées lors de moments conviviaux entre amis ou collègues.
Pour Tania Mendoza, psychologue clinicienne au sein de l'ASBL Pélican du service Aide-Alcool, réaliser le challenge Dry January ou celui de la Tournée Minérale est de plus en plus socialement accepté. "Quand la personne dit, non, je ne bois pas parce que je fais la tournée minérale, par exemple, tout le monde va trouver ça génial", affirme-t-elle.
La réflexion sur la consommation d'alcool a en effet grandi ces dernières années. "Ces différents challenges ont permis de pouvoir en discuter un peu plus librement. D'autres raisons, de santé ou religieuses par exemple, permettent aussi de démocratiser le fait de ne plus vouloir consommer de l'alcool", appuie-t-elle. De plus, l'offre commerciale de boissons 0% a également augmenté, ce qui permet de proposer des alternatives.
Mais pour certaines personnes, limiter sa consommation reste compliqué. "Les problèmes de pression sociale se présentent quand une personne, en dehors de ces challenges, ne veut plus consommer. En général, tout le monde la regarde de manière un peu insistante. Les réactions ne sont donc pas les mêmes", explique Tania Mendoza.
Préparer sa soirée
La psychologue clinicienne recommande donc pour ces personnes de préparer leur sortie sociale. "Par exemple, pour un anniversaire, renseignez-vous pour connaître la durée de l'événement, le nombre de personnes présentes ainsi que son contexte pour pouvoir se préparer", précise-t-elle.
Si vous tentez uniquement de diminuer votre consommation, la spécialiste conseille alors d'alterner un verre d'alcool avec un verre de soft ou d'eau, tout en précisant que le Conseil supérieur de la santé belge (CSS) recommande une consommation de maximum dix unités d'alcool par semaine afin de ne pas subir de problèmes de santé. "Alterner permet de ne pas boire directement les trois verres d'alcool, par exemple, autorisés, et de les finir en moins d'une heure. Vous pouvez également apporter votre propre consommation, comme du vin ou des bulles sans alcool, des sodas ou limonades".
Rencontrer d'autres personnes
Pour les personnes qui ont un entourage porté sur l'alcool, la spécialiste de l'ASBL Pélican propose de revoir ses fréquentations et d'élargir son cercle. "Inscrivez-vous à un club de sport ou à une activité créative", explique-t-elle. Et enfin, un point tout aussi important est d'avoir conscience de ce que l'on consomme et de la manière dont on le fait. "Il faut se poser les bonnes questions, et ne pas boire des verres pour oublier sa journée ou pour être inhibé. L'idéal est de s'octroyer ce moment lorsqu'une occasion s'y prête", conclut-elle.
