Est-il dangereux pour la santé de pratiquer la course à pied en ville ? "Un facteur va amplifier les réactions", signale une allergologue
La course des 20 km de Bruxelles approche à grand pas. Le 31 mai prochain, près de 50.000 participants traverseront ce parcours emblématique. Mais courir en ville est-il dangereux ? Une spécialiste se penche sur la question.

- Publié le 16-05-2026 à 15h03

D'ici une dizaine de jours, plus de 50.000 personnes envahiront Bruxelles pour la célèbre course des 20 km. Cette 46eme édition continue d'attirer les amateurs et les professionnels de course à pied.
Si cette pratique se trouve parmi les grandes tendances sportives du moment, une question peut se poser : quels sont les risques de courir en ville, vu la pollution et une qualité de l'air qui peut être médiocre ?
Kathia Zylberberg, pédiatre et pneumo-allergologue, explique, à La Libre, que la présence de la pollution peut comporter un risque d'irritation des bronches. "Les particules fines et les pics d'ozone peuvent déclencher, chez les personnes sensibles, des crises d'asthme, si elles sont asthmatiques", précise la spécialiste. Elle ajoute toutefois que les personnes qui ne sont pas asthmatiques ou n'ont pas de problèmes respiratoires peuvent également ressentir un impact sur leurs capacités et fonctions respiratoires.
L'impact du pollen
Mis à part la qualité de l'air, un élément peut également impacter les coureurs : le pollen. "Les personnes allergiques qui participent aux 20 km de Bruxelles vont se retrouver en pleine saison pollinique des graminées", appuie-t-elle. "C'est un facteur qui va amplifier les réactions développées au niveau respiratoire, comme de la toux ou des crises d'asthme", alerte la pneumo-allergologue.
Afin de limiter les risques, Kathia Zylberberg conseille de courir en dehors des heures chaudes (entre 12h et 16h) ou après une averse. "Évitez de pratiquer du sport en extérieur après un orage, car cela fragmente les particules fines et les pollens, ce qui leur permettra d'entrer plus profondément au niveau de la muqueuse bronchique. Ce qui risquera donc de donner davantage de réactions", alerte la médecin basée à Forest (Bruxelles).
Un risque de déshydratation
La pneumo-allergologue recommande également, pour éviter la pollution de l'air, de courir dans des espaces verts comme les parcs ou les forêts, "loin des grands axes et des grandes routes". "Si le patient est allergique, il y a toutefois plus de risque d'avoir des réactions en forêt", nuance-t-elle.
"Lors des 20 kilomètres de Bruxelles, les coureurs parcourent majoritairement les grands axes, mais la circulation est interrompue, ce qui est déjà une bonne mesure", indique l'experte. Elle suggère également de bien s'hydrater, car lorsque l'on court, "il y a un plus grand risque de déshydratation quand pollution et chaleur sont combinées".
Autant de conseils qui ne sont d'ailleurs pas exclusivement valables pour la course à pied, mais également pour d'autres sports pratiqués en extérieur tels que le hockey ou le football. "La règle générale est de ne pas pratiquer du sport en extérieur lors des pics de pollution, des fortes chaleurs, et si les gens sont très allergiques, lors des pics de pollen", conclut Kathia Zylberberg.
