L'histoire derrière la robe de Chappell Roan qui a fait réagir lors des Grammy Awards
Lors de la 68e cérémonie des Grammy Awards, plusieurs tenues d'artistes ont suscité de nombreuses réactions dont celle de la chanteuse Chappell Roan.

- Publié le 02-02-2026 à 17h21
- Mis à jour le 03-02-2026 à 11h33

Ce dimanche 1er février se tenait la 68e cérémonie des Grammy Awards, à Los Angeles. Cette remise de prix de l'industrie musicale a récompensé de nombreux artistes américains et internationaux, parmi lesquels Bad Bunny pour son dernier album DTMF, Olivia Dean sacrée révélation de l'année, ou encore le titre WildFlower de Billie Eilish élue chanson de l'année.
Sur le tapis rouge, certaines célébrités ont fait sensation. Leurs looks ont marqué les internautes, notamment celui de l'auteure-compositrice et interprète, Chappell Roan, connue pour son titre "Good Luck, babe !", sorti en 2024 et qui cumule près de deux milliards d'écoutes sur Spotify.
Celle qui avait remporté le prix de révélation de l'année aux Grammys de 2025 a porté, pour la cérémonie de 2026, deux tenues différentes. Sur le tapis rouge, l'interprète était vêtue dans un premier temps d'une robe en mousseline bordeaux transparente, accompagnée d'une cape assortie, une création de Miguel Castro Freitas, directeur artistique de la maison de mode française, Mugler. Sur scène, Chappell Roan a ensuite opté pour une seconde robe.
Mais sa tenue a fait réagir les internautes lorsqu'elle a enlevé sa cape. La robe bordeaux était en fait suspendue à l'aide de deux piercings aux tétons. Le magazine Vantify Fair précise qu'il s'agissait de prothèses appliquées sur la poitrine de Chappell Roan. "Historiquement, le tapis rouge des Grammys est l'endroit idéal pour oser les looks et pour prendre des risques", révèle le média américain. Et la chanteuse serait une adepte de défier les habitudes à propos des looks vestimentaires.
Mais quelle est l'origine de cette robe ? Créée par Manfred Thierry Mugler, couturier français décédé en 2022, elle avait été présentée lors d'un défilé pour sa maison en 1998. "Sur ce podium, la robe en soie était suspendue à de véritables anneaux aux tétons des mannequins. C'est une pièce Mugler emblématique qui avait fait sensation à l'époque, et qui a de nouveau marqué les esprits ce soir", indique Vanity Fair.
Thierry Mugler, connu pour le sensationnel
Le célèbre styliste, également connu pour le succès phénoménal du parfum Angel en forme d'étoile, était réputé pour ses créations extravagantes et sa passion pour la science-fiction. Durant ses années de carrière comme créateur, il imaginait des pièces à partir de latex ou de cuir. Les mannequins féminines portaient des looks avec des épaules massives qui contrastaient avec des tailles très cintrées. Selon le magazine, Thierry Mugler avait une vision fantasmée de la femme, "traduite par des tenues hyper sexy et des shows jamais vus jusque-là". Il créait une forme de féminité exacerbée, en ayant comme muse une femme amazone qui incarnait l'assurance et la séduction, les silhouettes de femme fatale étaient sa signature, aujourd'hui parfois jugée comme sexiste.
"L'idée de la taille de guêpe a pris une nouvelle dimension lorsqu'il a imaginé ses mannequins comme des insectes pour sa collection haute couture du printemps 1997. Dans d'autres lignes, Thierry Mugler a présenté les femmes comme des robots ou même des palourdes, mais c'est sans compter qu'il pouvait également les imaginer telles de véritables déesses, et même des anges", indique le magazine de référence Vogue.
La relève par Miguel Castro Freitas
En mars 2025, Miguel Castro Freitas est devenu le nouveau directeur artistique de la maison Mugler. Pour son premier défilé pour la marque, il a présenté une nouvelle version de cette fameuse robe (controversée), récemment portée par Chappell Roan.
Si pour le New York Times, le fait de puiser son inspiration dans l'histoire de la maison Mugler et de présenter ce type de tenues "paraît déconnecté de la réalité" et que certains internautes dénoncent une approche misogyne, le média Vanity Fair, rappelle que la robe sous le feu des projecteurs aux Grammys est donc bel et bien une réédition. La robe appartenait donc à une autre époque et rappellerait un temps où la mode glamour, très théâtrale et provocatrice, dominait.
