Une scientifique recommande de pratiquer son autotest dans le nez et la gorge: est-ce une bonne idée ?
Faire un prélèvement dans le nez et la gorge avec son autotest nasal permet-il d'obtenir un résultat plus fiable ? Certains scientifiques le pensent.
- Publié le 27-12-2021 à 19h15
- Mis à jour le 27-12-2021 à 21h34

La professeure Jennifer L. Rohn, biologiste cellulaire à l'Université de Londres, a partagé sur Twitter une expérience qu'elle a conduite: alors qu'elle ressentait les symptômes d'une grippe et après plusieurs autotests négatifs, elle a réalisé un autotest en prélevant au niveau de son nez et de sa gorge. C'est là que le test s'est finalement révélé positif. "Si vous pensez être atteint par le Covid, pensez à faire un prélèvement au niveau de votre bouche aussi", écrit-elle.
Ana Shelton a elle aussi conduit cette expérience. Elle a d'abord réalisé un autotest, en effectuant un prélèvement nasal, comme recommandé sur la notice, mais également buccal. Ce premier autotest était positif. Le lendemain, elle effectue un test PCR, lui aussi positif. Elle décide alors de réaliser le même jour un nouvel autotest, mais en ne faisant cette fois qu'un prélèvement nasal. Ce second autotest s'est avéré négatif. Pour confirmer sa théorie, elle a aussi fait un autotest avec prélèvement nasal et buccal ce même jour, qui lui était de nouveau positif.
"Les autotests seulement pour le nez ne fonctionnent pas", écrit-elle sur Twitter. "S'il-vous-plait, faites d'abord un prélèvement dans votre gorge avec votre autotest nasal si vous voulez être certains de ne pas être porteur du virus avant de voir des personnes à risques".
Omicron responsable ?
Alors est-ce une bonne idée ? Pour l'épidémiologiste Yves Coppieters, cela ne fait pas nécessairement sens, puisque des études ont montré que le virus se trouve moins longtemps et en moins grande quantité dans la gorge que dans le nez. Pour lui, ce n'est pas non plus nécessairement la faute du variant. "Le variant Omicron pénètre plus facilement dans nos cellules, et il a une capacité de multiplication plus grande que le Delta. Mais ce n'est pas pour ça qu'il y aurait plus de virus dans la gorge que dans le nez."
L'épidémiologiste américain Michael Mina n'est pas du même avis: "Les symptômes apparaissent très tôt chez Omicron. Cela signifie qu'il est possible que le virus ne se soit pas encore développé dans le nez lors du premier test. Le virus peut commencer plus bas. Un écouvillonnage de la gorge et du nez peut augmenter les chances qu'un écouvillon capte le virus", explique-t-il sur Twitter.
Fabrice Bureau, vice-recteur à la recherche de l'Université de Liège et un des inventeurs des tests salivaires contre le Covid, estime que le double prélèvement est justifiable. "Ce serait intéressant de le faire. Parfois, on est positif dans le nez, ou dans la gorge, ou dans la salive. Prélever à plusieurs endroits pour un même test a déjà été fait dans le monde, ça amène une plus-value. Le petit problème, c'est que les écouvillons pour prélever dans le nez et la gorge sont différents, c'est un petit peu compliqué de faire un prélèvement dans la gorge avec un écouvillon pour le nez, qui sera plus fin et moins long".