Covid-19 : "Si vous me demandez aujourd'hui si on est prêt, la réponse est non, il y a encore beaucoup de choses à faire"
Ce mardi, la Commission spéciale a présenté un rapport qui énumère les recommandations visant à améliorer la gestion des crises et la préparation de l'UE face aux futures urgences sanitaires.

- Publié le 13-06-2023 à 17h19
- Mis à jour le 13-06-2023 à 17h43

Quelles leçons les députés européens ont-ils tirées de la crise Covid ? C'est à cette question qu'un volumineux rapport, fruit de 350 compromis et 3 300 amendements, a tenté de répondre. Adopté lundi par 23 voix pour, 13 contre et 1 abstention, il a été présenté ce mardi. "Je suis très fière de ce travail. Il y a toujours moyen de mieux faire, mais ce rapport est excellent", a fait savoir la Présidente de la commission spéciale du Parlement européen sur la pandémie de Covid-19, Kathleen Van Brempt (S&D Belgique), bien consciente cependant qu' "il y a une certaine fatigue qui s'est installée quand on parle de la crise Covid" et que "les gens veulent aller de l'avant". Il n'empêche, "la pandémie a été l'une des crises les plus graves dans l'histoire de l'UE et nous n'étions pas prêts à la gérer", a-t-elle reconnu. Et d'enchaîner : "Si vous me demandez aujourd'hui si on est prêt, la réponse est non, il y a encore beaucoup de choses à faire". Et de souligner à titre d'exemple un incontestable échec : "Il n'y a pas eu d'accès égal aux vaccins. On sait que c'est un problème auquel il faut s'attaquer".
En attendant, ce rapport "va au-delà des leçons à tirer", selon la présidente de la Commission COVI. Résultat de rencontres avec les parties prenantes, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ou encore les ministres de la Santé, ce texte se veut "une feuille de route pour les prochaines crises à venir, avec des recommandations très claires et spécifiques pour remédier aux lacunes et aux faiblesses de la réponse à la crise".
Les principales recommandations des députés européens
Quelles sont en substance ces recommandations ? Convaincue que la santé doit être une priorité, la commission spéciale prône entre autres choses : un investissement accru dans les soins de santé, l'introduction de plans de surveillance des menaces émergentes pour la santé et la réalisation de tests de résistance des systèmes de santé nationaux. Mais aussi l'amélioration de la transparence des activités de passation conjointe de marchés et de l'autonomie stratégique de l'UE en ce qui concerne les principaux ingrédients pharmaceutiques et les médicaments, ainsi que l'élaboration d'une stratégie de l'UE pour lutter contre le "Covid long".
Par ailleurs, pour préserver la démocratie et les droits fondamentaux, les députés souhaitent que "le droit à l'information et la liberté d'expression soient mieux protégés". Ils demandent aussi "la mise en place d'une meilleure communication en situation de crise et de processus décisionnels transparents, un contrôle parlementaire au niveau de l'Union comme au niveau national lors de l'adoption d'une législation d'urgence, et des mesures concrètes pour soutenir les communautés marginalisées, les minorités et les personnes défavorisées en période de crise".
En outre, pour faire face aux conséquences sociales et économiques de la crise, le rapport demande "des mesures plus exigeantes pour lutter contre la violence sexiste", et que "la perspective de l'égalité soit intégrée dans toutes les politiques de l'UE et dans les plans nationaux de relance". Répondre aux besoins de la population vieillissante est une autre demande au même titre que "des normes relatives au travail à domicile soient établies dans l'ensemble de l'UE".
Enfin, pour ce qui concerne les recommandations d'action à l'échelle mondiale, les députés demandent que "les investissements internationaux et la coordination soient renforcés de sorte à accroître la production de vaccins critiques, en renforçant la coopération entre l'UE et l'Organisation mondiale de la santé (OMS)".