En 2008, le "Global Seeds Vault" est construit en Norvège. Ce congélateur géant rassemble des millions de graines d’espèces différentes, stockées afin de sauvegarder au maximum la diversité des plantes qu’offre la planète. C'est sans doute de ce projet colossal que s'inspirent ces scientifiques, dont le but est d'envoyer près de 335 millions d'échantillons de sperme et d'ovules sur une arche sur la Lune. Celle-ci devrait pouvoir servir de "police d'assurance mondiale", au cas où une catastrophe se produirait sur Terre.

Contrairement à l'arche de Noé, qui selon la Bible accueillait deux spécimens de chaque espèce animale existante, le projet prévoit de stocker des échantillons de graines, de portes, de sperme et d'ovules de quelque 6,7 millions d'espèces terrestres. Ces échantillons seraient conservés grâce à la cryogénie, tandis que le bâtiment serait alimenté grâce à l'énergie solaire.

L'endroit idéal

Le concept novateur a été proposé cette semaine par un chercheur à l'université de l'Arizona, et un groupe de ses étudiants. "La Terre est naturellement un environnement volatile", a déclaré dans un communiqué de presse Jekan Thanga, professeur d'ingénierie aérospatiale et mécanique à l'Arizona College of Engineering. "En tant qu'humains, nous l'avons échappé belle il y a environ 75 000 ans avec l'éruption super volcanique du Toba, qui a provoqué une période de refroidissement de 1 000 ans et qui, selon certains, correspond à une baisse estimée de la diversité humaine. La civilisation humaine ayant une si grande empreinte, si elle devait s'effondrer, cela pourrait avoir un effet négatif en cascade sur le reste de la planète", explique le professeur.

Selon les chercheurs, la lune pourrait être un endroit "idéal pour stocker des échantillons qui doivent rester très froids et non perturbés pendant des centaines d'années".

250 fusées

Pour mener à bien le projet et transporter les échantillons, plusieurs lancements de fusées seront nécessaires. Selon les calculs du professeur, 250 fusées seraient nécessaires pour acheminer sur la lune les 335 millions d'échantillons, soit environ 50 de chacune des 6,7 millions d'espèces terrestres. "Ce n'est pas follement grand", a commenté Jekan Thanga. "Nous avons été un peu surpris", explique-t-il.

En comparaison, la station spatiale internationale n'a nécessité que 40 lancements de fusées, soit six fois moins.