Vervoort: "Le projet Reynders est un danger pour Bruxelles"

Rudi Vervoort (PS) devient ministre-Président bruxellois. Il veut pouvoir influer sur les politiques communautaires. Et annonce une réflexion sur le péage urbain au sein du PS.

Entretien: Mathieu Colleyn et Vincent Rocour
Vervoort: "Le projet Reynders est un danger pour Bruxelles"
©Belga

Avant de se rendre chez le Roi, le socialiste Rudi Vervoort a prêté serment mardi matin devant le parlement bruxellois. Pour son premier jour comme ministre-Président bruxellois, il s'est entretenu avec La Libre Belgique.

Vous réclamiez récemment la réduction du nombre de parlementaires bruxellois. Maintenant que vous devenez ministre-Président, allez-vous mener ce chantier ?

Si on regarde les choses objectivement, il n'y a pas trop de mandataires à Bruxelles. Si on ramène au nombre d'habitants, on est même plus bas.

Pas si on ramène les choses au mètre carré…

Ce n'est pas le bon paramètre. Parce qu'à ce compte-là, Tournai devrait avoir beaucoup plus de mandataires que Charleroi. Cela dit, on peut y réfléchir. Quand je me suis lancé en politique, Evere avait 27 conseillers communaux. On est passé à 33 à la suite de l'évolution démographique. Est-ce indispensable ? Pour faire des coalitions sans doute. Mais à 29 on travaille aussi bien qu'à 33.

On pourrait donc réduire le nombre de conseillers communaux ?

Oui. On a déjà réduit le nombre d'intercommunales. On peut aussi penser à diminuer le nombre de parlementaires régionaux.

Les Flamands ne sont-ils pas surreprésentés dans le Parlement bruxellois ?

En politique, on vit avec des symboles. Je fais le pari que les Flamands de Bruxelles joueront le jeu du fait régional. Il ne faut pas que dans la Belgique de demain, les francophones traitent leurs minorités comme ils ont parfois été traités par la majorité du nord.

Pensez-vous que le statut de Bruxelles sera l'enjeu de la prochaine négociation gouvernementale ?

Tout peut être mis sur la table. Mais je ne crois pas qu'un parti francophone accepte de le négocier à la baisse.

Donc pas de cogestion de Bruxelles par les deux grandes Communautés du pays ?

La cogestion, c'est une horreur. C'est nier l'existence de ceux qui vivent là où elle est mise en œuvre.

Diriez-vous qu'Ecolo freine le développement de Bruxelles ? On pense au dossier de la 4G toujours pas accessible ?

Non. La sociologie d'Ecolo à Bruxelles est différente de celle d'Ecolo en Wallonie. En caricaturant, je dirais qu'ils sont moins obsédés par les petits oiseaux.

Vous ne trouvez donc rien à redire au fait qu'il n'y a toujours pas de 4G à Bruxelles ?

Quand on a voté les normes, c'était sous les hourras de tous les partis à l'exception du VLD. Cela a une valeur. Moi, je défends la 4G. Mais j'ai une méfiance naturelle à l'égard de ces grands patrons du privé, qui n'ont d'autres objectifs que de maximaliser les profits. Peut-être qu'en dépensant un peu plus on peut y arriver aussi mais en ayant pris plus de précautions pour la santé publique.

Etes-vous partisan de l'Olivier ?

Je n'ai pas tous mes apaisements avec le MR. Au sein de l'Olivier, mais aussi au FDF, je sens une plus grande cohérence.

C'est-à-dire ?

Je veux dire très simplement que le positionnement de Didier Reynders à Bruxelles va frontalement à l'encontre du modèle construit par Charles Picqué depuis 20 ans. Pour lui, Molenbeek, c'est l'étranger. Ce n'est pas comme cela qu'on fonctionne.

Quand il dit que l'intégration est un échec à Bruxelles, il se trompe ?

Cela ne veut rien dire, "l'intégration est un échec". L'intégration se construit tous les jours. Les dispositifs mis en place fonctionnent. Tous ces amalgames avec la Syrie, j'en ai marre. Je ne suis pourtant pas angélique non plus.

Alain Destexhe et Didier Reynders tiennent-ils le même discours ?

Alain Destexhe, c'est un peu le bouffon du roi. Il se permet tout. Le jour où on fera le bilan de sa carrière politique, on verra que c'est du vent.

Et Didier Reynders ?

C'est un homme intelligent. Il apprend vite. Mais connaît-il Bruxelles ? Bruxelles ne se limite pas à l'avenue du Prince d'Orange.

Didier Reynders ministre-Président bruxellois, ce serait dangereux ?

Avec un tel projet, bien sûr. Cela mettrait à mal la cohésion de Bruxelles.

Beaucoup de monde parie sur des coalitions PS-MR après les élections de 2014…

Surtout le MR.


Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans La Libre belgique


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