Les bars saint-gillois confrontés à un individu dangereux "qui vient presque tous les jours": "Il aurait des problèmes mentaux"
Les cafetiers et restaurateurs situés autour de la place Van Meenen, où se trouve la maison communale de Saint-Gilles, sont confrontés à la menace d'un individu dangereux.
- Publié le 10-05-2025 à 09h47

Plusieurs bars et restaurants de Saint-Gilles, autour de la place Van Meenen et de la station Horta, signalent des agressions récurrentes de la part de deux à trois individus, souvent sous l'effet de stupéfiants. Les commerçants parlent de violences aléatoires contre leurs clients et leur personnel, dans un climat de tension qui s'installe durablement.
Le gérant d'un bar proche de la place Van Meenen explique ce que ses clients et employés vivent quotidiennement. "Ça fait des mois qu'un gars revient sans arrêt. Il agresse les gens assis en terrasse, sans raison. Il aurait des problèmes mentaux, et il est sous crack lorsqu'il agresse nos clients. D'après ce qu'on nous a dit, il serait en liberté conditionnelle."
D'autres établissements rapportent les mêmes faits. Le personnel se sent en danger, et certains clients ne reviennent plus. "Il vient presque tous les jours. Il a essayé de me mettre un coup de tête la dernière fois. Comme ça, sans raison", témoigne un restaurateur.
Des plaintes mais peu de résultats
Au fil du temps, plusieurs plaintes ont été déposées auprès de la police. Plusieurs restaurateurs disent s'être organisés pour échanger entre eux, filmer les incidents, et faire remonter l'information aux autorités. Malgré cela, les agresseurs sont souvent relâchés rapidement et reviennent presque directement dans le quartier.
Les restaurateurs et cafetiers connaissent parfaitement les fauteurs de troubles. Au niveau de la chaussée de Waterloo à Horta, il s'agit d'un seul homme qui revient quotidiennement. "On pensait que c'était un sans-abri au début, mais non, il a une adresse d'après la police. Il a déjà agressé des touristes présents sur nos terrasses, ça nuit à notre image. Dès qu'il vient, le personnel est stressé, la tension monte", ajoute un cafetier. Il note aussi une hausse visible de la consommation de drogues dures dans le quartier, notamment du crack, depuis quelques années.
Jean Spinette (PS), bourgmestre de Saint-Gilles, confirme que plusieurs plaintes ont été reçues et que la commune est bien au courant du phénomène. "La zone de police Midi en a arrêté un après plusieurs plaintes, mais il a été libéré rapidement". Le bourgmestre évoque un manque de places en structures adaptées, et les limites légales. "On ne peut pas arrêter quelqu'un sans raison à chaque fois."
Des mesures comme la "procédure Nixon", permettant des mesures plus contraignantes, sont possibles, mais rarement utilisées car très encadrées. "Ces personnes sont aussi dangereuses pour elles-mêmes. Certains riverains veulent se défendre, mais ce n'est pas la solution", ajoute Jean Spinette.
Les tenanciers des Horeca dressent le même constat. La situation empire depuis un ou deux ans. Les incidents sont connus de la commune et de la police, mais rien ne change vraiment. "Le gars a déjà été arrêté plusieurs fois. Chaque fois, il revient."
Le sentiment dominant est l'impuissance. "On ne peut rien faire, et la police non plus", résume un patron de bar. "Ces personnes ont toutes été arrêtées, plusieurs fois, mais le système judiciaire et médical nous les a rendus à chaque fois rapidement", note Jean Spinette, qui rappelle que des problèmes similaires sont visibles dans toutes les communes. Il demande à la justice d'agir pour empêcher que ces individus soient constamment relâchés.