Maggy Yerna veut encore s'occuper de l'Humain
Après avoir remis à flot le CPAS-Titanic, l'échevinat des Affaires économiques
- Publié le 03-01-2001 à 00h00
RENCONTRE
Chignon bien tiré, teint déjà halé avant de partir recharger ses accus au soleil, Maggy Yerna est tout sourire. Confiante et déterminée, mais sans crainte. Je dors du sommeil du juste dit-elle! Je suis entière, je n'entre pas en réunion sans savoir ce que je veux et je ne veux pas sortir sans savoir si je l'ai. Et si je l'ai obtenu, je le ferai. Un peu têtue sans doute, mais avant de prendre une décision, je consulte, je viens avec mes questions, mes doutes, puis, une fois mon opinion établie, je m'y tiens.
Et elle a montré du caractère pour maintenir le cap dans une carrière déjà bien remplie. Licenciée en sociologie, après avoir été au Lycée de Waha et à l'école Bensberg de son quartier Saint-Gilles - elle a retrouvé aujourd'hui la maison de ses parents - elle obtient son premier boulot au secrétariat de la Commission permanente des femmes auprès de l'Onu. Puis, pendant 7 ans, elle sera secrétaire du cabinet de l'échevin de la population Gilbert Evrard.
En 87 elle est à l'Ossom, Office de la sécurité sociale d'outre-mer, avant d'être inspectrice à la Poste. Pendant un an, elle sillonna la Belgique, les centres de tri, les bureaux pour s'occuper de l'organisationnel et de la concertation avec les syndicats. Sur le plan politique, elle se présente en 85 à l'instigation du parti aux législatives, est sur le point d'être élue, mais, à la suite de l'apparentement, le siège s'en va à Verviers. Jean-Marie Happart, dit-elle en souriant, me doit toujours un siège.
En 89, elle se présente aux communales, est élue et se retrouve à la barre du CPAS où, relève-t-elle: Je me suis bien amusée. Et pourtant le minimex et le personnel n'étaient plus payés. L'institution n'intéressait personne, c'était un colosse aux pieds d'argile. Moi qui suis très service public, j'ai voulu que le CPAS retrouve toute sa crédibilité, j'ai reconstruit les soubassements et, aujourd'hui, j'ai encore conservé un regard sur tout ce qui est gériatrie et psychiatrie, des centres de référence au niveau régional. En 95, elle est élue aux communales et se présente 4 ans plus tard, à la demande du Parti, au Fédéral. Là je démissionnerai, car Liège vaut bien un temps plein.
REMAILLER LES QUARTIERS
Elle est très proche de son quartier où elle a vu les magasins s'ouvrir et se fermer. C'est que Saint-Gilles a pris un coup de vieux. Tout ce premier anneau, autour du coeur de la ville, a été oublié, relève Maggy Yerna. Il va falloir remailler.
Mais elle s'apprête à découvrir ses compétences scabinales: emploi, logement, développement économique et personnel communal. Liège connaît sans doute une embellie, mais structurellement rien n'est tout à fait réglé. Le budget est une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. On a colmaté les brèches mais il faut aller plus loin. Et de développer son programme: un plan triennal pour le logement, un guichet unique de l'Emploi - sans oublier le personnel communal, sinistré littéralement en 88/89.
CAPITALISER JOURS ET HEURES
Bouleversée par l'Inde, cette grande voyageuse en famille qui adore perdre de temps en temps le groupe, a visité le Pérou, l'Afrique du Sud, Cuba Mais j'aime être en famille à ne rien faire: mes jardinières en été, un bon resto avec des copains, m'occuper des petits enfants. La politique est un beau métier, mais il faut savoir baisser le volet. Capable d'aller 8 jours à Paris et de faire un théâtre par soirée, elle avoue ne jamais aller au ciné, être une dévoreuse de livres d'histoire, de polars, aller à l'Arlequin pour rire et emmener de temps à autre en matinées des jeunes ou des personnes âgées pour les initier au théâtre.
© La Libre Belgique 2000
En gériatrie et psychiatrie on accueille des victimes de maladies sociales. Un asile au sens noble du terme, le dernier refuge pour ceux qui ont disjoncté. Liège doit décider ce qui est bon pour Liège, cela ne doit se faire ni à Namur ni à Bruxelles. On est tous un peu au centre, gauche ou droit, moins marqués que jadis, il faut se réaffirmer plutôt que de vouloir ratisser large. Le chef c'est Willy Demeyer. On va bien se mettre d'accord sur la partition puis je jouerai avec les autres. Le PSC a le mérite d'être un partenaire connu, d'une grande correction globalement. J'espère qu'il va trouver sa stabilité. Il est d'ailleurs urgent pour lui de préparer une nouvelle génération. © La Libre Belgique 2000
