Tour de France sous 40°C : "On a l'impression de rouler dans un four"
Longtemps habitué à repousser ses limites, le peloton doit désormais faire face à un adversaire d'un nouveau genre. La multiplication des épisodes de forte chaleur pousse les instances et les coureurs à réfléchir à une nouvelle manière d'organiser les courses.
- Publié le 13-07-2026 à 08h47
- Mis à jour le 13-07-2026 à 08h48

Des gilets réfrigérants, de la glace glissée dans la nuque, des bidons distribués par dizaines et des motos fraîcheur qui n'ont jamais aussi bien porté leur nom. Depuis plusieurs jours, le Tour de France roule en mode canicule. "On a l'impression de rouler dans un four", résumait Tom Pidcock après l'arrivée, dimanche.
La 9e étape entre Malemort et Ussel avait pourtant été réduite de 30 kilomètres afin de limiter l'exposition du peloton à des températures dépassant les 40 degrés. Une décision inédite. Mais le CPA (Cyclistes professionnels associés), le syndicat des coureurs, ne veut pas se contenter de solutions d'urgence. Même s'il a salué l'initiative jugée "compréhensible" et "responsable", il estime qu'il faut aller plus loin.
"Face à la fréquence croissante des vagues de chaleur extrême, les heures de départ des courses estivales doivent évoluer afin de protéger la santé des athlètes", écrit le CPA dans un communiqué. L'organisation souhaite que des discussions réunissant les organisateurs, l'UCI, les équipes et les représentants des coureurs soient lancées dès cet hiver, avec l'objectif de trouver des solutions pour la saison 2027. Concrètement, le CPA plaide pour des départs plus matinaux afin d'éviter que les moments clés des étapes ne se disputent sous les plus fortes chaleurs.
Sécurité, télévision et spectacle
La veille, Christian Prudhomme avait toutefois déjà apporté un début de réponse, plutôt négative, à l'idée de modifier profondément les horaires. "On ne change pas. Réveiller les coureurs à 5 heures du matin, c'est un peu compliqué, même si ça arrive pour les contrôles antidopage", avait expliqué le directeur du Tour de France.
Mais le débat se doit toutefois d'exister. Face à des étés toujours plus chauds, le cyclisme devra peut-être repenser certaines habitudes afin de concilier sécurité des coureurs, contraintes logistiques, impératifs télévisuels et spectacle.
