Louis van Gaal a deux compétitions à gagner : le Qatar et le cancer
Frappé par un cancer depuis 2020, le sélectionneur oranje a mis les sentiments de côté pour se consacrer à sa mission.

- Publié le 04-04-2022 à 19h11

La franchise, l'humilité, l'altruisme et le courage. Voilà quelques mots qui peuvent décrire le personnage de Louis van Gaal. Derrière son caractère bien trempé et son surnom de "Tulipe de fer", en référence à ses méthodes et son attitude stricte, l'entraîneur néerlandais cache une attitude exemplaire de combativité.
En apparence, rien ne laissait croire que le sélectionneur néerlandais de 70 ans était souffrant. Il vient d'ailleurs de tenir normalement sa place sur le banc des Pays-Bas face au Danemark puis l'Allemagne, la semaine dernière. Ses joueurs "ne le savent pas", a-t-il d'ailleurs assuré dimanche soir dans un entretien télévisé sur RTL Nederland. "Ils pensent que je suis un type en bonne santé, mais je ne le suis pas. On ne dit pas quelque chose comme ça aux personnes avec qui vous travaillez."
Pour la première fois, Louis van Gaal a percé son épaisse carapace pour révéler être touché par un cancer de la prostate depuis 2020. Son traitement, déjà fort de 25 irradiations, est en route dans la plus grande discrétion depuis le début de l'année 2021.
C'est donc en étant déjà souffrant que l'ancien coach de Manchester United a accepté de sortir de sa retraite pour reprendre l'équipe nationale l'été dernier, après le fiasco de Frank de Boer à l'Euro. Louis van Gaal a même passé chacun des rassemblements en se rendant le soir à l'hôpital, par "l'entrée de derrière", pour recevoir son traitement, qu'il qualifie de "préférentiel".
Sa chute en novembre dernier était donc probablement liée à ses faiblesses. Deux jours avant le match décisif de qualification face à la Norvège, il s'était blessé à la hanche en garant son vélo près de l'hôtel des joueurs. Son abnégation avait créé une scène assez cocasse, puisqu'il était apparu à l'entraînement du lendemain dans une voiturette de golf.
En réalité, le Néerlandais préfère relativiser et se concentrer sur son boulot. "On ne meurt pas du cancer de la prostate, dans la plupart des cas. Le plus souvent, ce sont des maladies sous-jacentes qui peuvent être mortelles dans cette forme de cancer", a lancé celui qui compte bien être sur le banc des Oranje à la Coupe du monde en novembre.
Pour s'assurer d'aller au bout de son rêve et d'aider son pays, van Gaal s'était aussi bien gardé d'annoncer son cancer à la fédération néerlandaise lorsqu'il a été contacté en juillet pour reprendre la sélection.
Ce tournoi - lors duquel il affrontera le Qatar, le Sénégal et l'Équateur dans le groupe A -, il le voit comme son ultime mission. Et c'est d'ailleurs uniquement pour tenter de revivre un moment aussi fort qu'en 2014 (une troisième place au Brésil) qu'il n'a pas hésité à accepter ce job malgré la maladie.
"J'espère que nous pourrons faire une Coupe du monde inoubliable ensemble", a réagi son capitaine Virgil van Dijk qui admet avoir été "sous le choc", lorsqu'il a appris la nouvelle dimanche soir en même temps que les téléspectateurs.
Le défenseur de Liverpool n'est évidemment pas le seul à avoir apporté son soutien à la Tulipe de fer. "Nos pensées et nos prières vont à notre ancien entraîneur Louis van Gaal. Reste fort et bon rétablissement, Louis", a par exemple tweeté le FC Barcelone, où il a été entraîneur à deux reprises. "Tout le monde à Manchester United soutient pleinement notre ancien manager dans sa bataille contre le cancer. On t'envoie force et courage, Louis", a réagi Manchester United, un autre de ses anciens clubs, comme le Bayern Munich et l'Ajax qui ont également envoyé des messages similaires.
Partout où il est passé, Louis van Gaal est resté lui-même, avec ses méthodes strictes, sa rigueur, son sens de la repartie et son franc-parler. Mais aussi avec sa bonne humeur, hors du terrain, se transformant même volontiers en humour décalé et en éclats de rire. C'est pour tout cela qu'il est tant apprécié.