PSG-Arsenal, une finale équilibrée sur le point financier
Une fois n'est pas coutume, les deux finalistes sont aussi très proches l'un de l'autre économiquement. Analyse.

- Publié le 29-05-2026 à 12h24
- Mis à jour le 30-05-2026 à 09h56

Pour atteindre les cieux du football européen, faut-il obligatoirement figurer parmi les plus riches clubs et posséder les joueurs les plus chers ? Les récentes finales l'ont (malheureusement) prouvé. La logique a en tout cas toujours été respectée ces dernières années avec le PSG (face à l'Inter en 2025), le Real Madrid (face à Dortmund en 2024 et Liverpool en 2022) ou Manchester City (face à l'Inter en 2023) qui étaient tous financièrement un vrai cran au-dessus de leur rival. Sauf que cette année, le duel économique sera beaucoup plus serré, malgré les apparences.
Il suffit de regarder le sponsor maillot principal des deux finalistes pour s'en rendre compte : Qatar Airways pour le Paris Saint-Germain ; Fly Emirates pour Arsenal. Soit deux des plus prestigieuses compagnies aériennes de la planète qui cachent de lourds investissements de part et d'autre. On ne présente plus le lien entre le PSG et le Qatar, mais son contrat avec Qatar Airways rapporte plus de 65 millions d'euros par an. Un montant similaire à ce que perçoit Arsenal de la compagnie émirati, qui débourse aussi chaque année 10 millions d'euros pour le naming du stade, l'Emirates Stadium.

Comme beaucoup d'autres grands clubs (Manchester City, le Real Madrid, le Milan AC, l'Atlético…), nos deux finalistes sont copieusement financés par les états du golfe. La grande différence, c'est que les Gunners sont détenus à 100 % par l'Américain Stan Kroenke, alors que les Parisiens sont la propriété de Qatar Sports Investments (QSI) à 85,9 %. Ce qui ne les empêche toutefois pas de rivaliser.
Arsenal, l'équipe la plus chère
On est d'ailleurs très loin du duel disproportionné de la saison dernière, lorsque l'Inter s'est présentée avec un effectif qui lui a coûté, à l'achat, trois fois moins (273 millions d'euros) que celle du PSG. Au contraire, le club français (823 millions, soit le 7e plus cher du monde) est même désormais devancé par les Gunners (924 millions, 6e), qui ont surtout flambé depuis l'été 2023 avec notamment Declan Rice (116 millions), Kai Havertz (75 millions), Martin Zubimendi (70 millions), Eberechi Eze (69 millions) ou Viktor Gyokeres (67 millions).

Le PSG, lui, s'est (un peu) calmé ces deux dernières saisons pour se concentrer sur des éléments bien précis comme Khvicha Kvaratskhelia (80 millions) ou des jeunes joueurs comme João Neves (66 millions) ou Désiré Doué (50 millions), tous deux âgés de 19 ans à la signature.
Les ventes de produits dérivés ont atteint des niveaux historiques.
Preuve du succès de ces transferts, ils sont aujourd'hui – avec Vitinha (110) et Dembélé (100) – les trois joueurs avec la plus grande valeur marchande de l'effectif. Celles de Neves (110 millions, + 67 %) et de Doué (90 millions, + 80 %) ayant connu la plus forte augmentation. Au total, l'effectif actuel du PSG (24 joueurs) vaut à ce jour 1,21 milliard d'euros. Soit presque autant que celui d'Arsenal (25 joueurs) : 1,23 milliard. Seuls le Real Madrid (1,34 mi) et Manchester City (1,31 mi) sont encore au-dessus.

Le PSG fait plus recette
En termes de revenus, les deux finalistes sont également au coude à coude. Le PSG (837 millions d'euros en 2025) et Arsenal (822 millions d'euros en 2025) sont ainsi les quatrième et cinquième clubs qui génèrent le plus d'argent au monde, derrière le Real Madrid (1,16 milliard), le FC Barcelone (975 millions) et le Bayern Munich (861 millions). Mais chacun avec ses points forts.
Grâce à une image désormais planétaire, le PSG se positionne surtout grâce à ses revenus commerciaux (50 % du total), notamment via ses partenariats avec des marques internationales comme Jordan. "Les ventes de produits dérivés et de collections exclusives ont atteint des niveaux historiques : les ventes sur la boutique en ligne ont progressé de 210 % depuis le début de la saison, et celles des boutiques physiques de 90 %", a précisé le club en octobre dernier.
Les revenus liés aux recettes des jours de match ont aussi encore augmenté à Paris (177 millions) grâce à la fantastique saison écoulée. Mais pas autant qu'à Arsenal où, en plus de bénéficier des montants records liés aux droits TV de Premier League, l'Emirates Stadium a aussi connu des affluences inédites (+ 30 millions de revenus), en partie grâce au nouveau format de la Champions League (plus de matchs).

Pour 2025, les deux clubs présentaient ainsi des niveaux records qui seront sans doute encore battus pour 2026. "Forts de ces excellents résultats financiers, nous continuons de bâtir un projet exceptionnel. Nos équipes mettent tout en œuvre pour remporter des trophées majeurs", s'est félicité le directeur général d'Arsenal, Richard Garlick, qui a vu les revenus presque doubler depuis 2022.
Forts de ces excellents résultats financiers, nous continuons de bâtir un projet exceptionnel.
On constate néanmoins deux différences majeures. D'abord le ratio charges de personnel/revenus du PSG (63,9 %) qui reste nettement supérieur à celui d'Arsenal (50,3 %). Mais surtout la rentabilité : depuis la saison 2021-2022, le PSG a enregistré des pertes cumulées après impôts de près de 580 millions d'euros, soit quatre fois plus qu'Arsenal. Cela témoigne de l'historique des deux clubs, dont le deuxième est financièrement beaucoup plus autonome depuis longtemps.
Une finale pour encore grandir
Mais Paris progresse. La masse salariale, autrefois supérieure à 111 % de son chiffre d'affaires, est désormais inférieure à 65 %. Alors qu'un public beaucoup plus jeune adhère au projet du PSG, qui compte d'ailleurs deux fois plus d'abonnés qu'Arsenal sur les réseaux sociaux. C'est aussi la preuve de la réussite du club français à l'ère moderne et de sa stratégie de marque mondiale.
Voilà aussi pourquoi cette finale à Budapest sera primordiale. Alors que le PSG cherche à valider sa nouvelle ère avec un deuxième titre consécutif pour tenter d'encore grandir et d'aller titiller le Real Madrid, Arsenal vise à se positionner encore plus sur la scène mondiale en allant enfin chercher ce premier sacre européen.
"Cela représente une formidable opportunité pour nous tous et il est important que nous continuions à créer une dynamique ensemble", a assuré Richard Garlick, alors que le PSG "poursuivra sa stratégie d'innovation et de diversification" et "va développer de nouvelles offres dans les domaines de l'entertainment, de l'éducation ou encore du bien-être".