Standard : Matthieu Epolo pourra-t-il rejouer dès samedi après son violent choc à la tête ?
Le Standard pourrait devoir se passer de son gardien titulaire face à Courtrai. En cas d'absence, Lucas Pirard devrait prendre le relais.
- Publié le 28-10-2026 à 09h28

À force, les commotions cérébrales n'ont plus de secret pour le staff médical du Standard. Josué Homawoo en avait subi deux en cinq mois, la saison dernière. Dimanche dernier, c'est Matthieu Epolo qui s'est effondré, complètement sonné après sa sortie déraisonnable, la tête en avant, dans les pattes de Rafiu Durosinmi. Résultat : une faute de main en dehors du rectangle, une carte rouge et un violent choc crânien.
Fort heureusement, après quelques instants d'inquiétude qui ont glacé la Cegeka Arena, l'international congolais (3 sélections) a retrouvé ses esprits et a su quitter le terrain en marchant, encadré par le docteur et un kiné.
Pour rejouer, il y a vouloir et pouvoir
Les premières nouvelles se voulaient rassurantes, lundi, tandis que le Parquet de l'Union belge ne lui infligeait qu'une suspension d'un match avec sursis, l'autorisant donc réglementairement à assurer sa place, samedi (18h15) face à Courtrai.
Médicalement, Epolo ne souffre d'aucune complication particulière, a-t-on appris. Mais alors que le groupe était au repos lundi et retrouvait le chemin de l'entraînement ce mardi, la reprise du gardien sera plus progressive. Il suit logiquement le protocole commotion et est contrôlé quotidiennement par le staff médical du club. Aujourd'hui, il apparaît prématuré d'affirmer qu'il sera effectivement en état, à 100 %, pour défendre le but liégeois dans trois jours à Sclessin, même si la tendance semblait positive, hier.
On préconise en général au moins sept à dix jours de repos total.
"Si l'état d'un commotionné évolue assez vite positivement, on préconise en général au moins sept à dix jours de repos total, en évitant les lumières et les sons intenses. Il faut surtout éviter une reprise trop précoce qui pourrait avoir des conséquences plus graves et plus longues", nous avait pourtant détaillé le Docteur Bertrand Hamoir, neurologue aux hôpitaux Iris Sud (Bruxelles), interrogé en septembre dernier après la deuxième commotion d'Homawoo.
Un travail mental
Dès le début de la semaine, Epolo a laissé filtrer son intention de rejouer tout de suite, si cela ne tenait qu'à lui. Risqué ? Probablement. Surprenant ? Pas vraiment. Ses proches le décrivent comme "une force de caractère", un jeune homme qui a "toujours été indépendant, bosseur et déterminé." Et donc capable de surmonter cet écueil s'il reçoit le feu vert médical.
Mais n'est-ce pas finalement la trame de fond de la jeune carrière de Matthieu Epolo ? En octobre 2024, après être passé au travers de son premier Clasico à Anderlecht (3-0), à 19 ans à peine, il avait relevé la tête. Avec bravoure. Pugnacité. Travail. Notamment épaulé par Jean-François Lenvain et Clara Baiwir, des spécialistes de la préparation mentale chez les sportifs.
Reste à voir s'il ne subira pas de contrecoup, cette fois. Des craintes ou des douleurs post-traumatiques. "Le point de départ, c'est d'établir ce dont il se souvient de ce choc, consciemment et inconsciemment, conseille un autre coach mental. Ensuite, lister d'éventuelles appréhensions. À partir de là, on peut travailler dessus si nécessaire." S'il y en a bien un qui ne rechignera pas, c'est Epolo.
Derrière, la hiérarchie reste claire
Pirard est clairement le numéro 2, Dizdarevic n'a pas (encore ?) convaincu.

Si Epolo devait déclarer forfait, Lucas Pirard (31 ans) serait à nouveau appelé à dépanner. Formé au Standard, l'ancien gardien de… Courtrai avait déjà disputé onze matchs la saison dernière. "Avec son expérience, j'estime qu'il a répondu présent quand on a fait appel à lui", salue l'entraîneur Vincent Euvrard, qui a évacué d'un revers de la main la question d'un hypothétique changement de hiérarchie derrière Epolo.
Car, beaucoup l'ignorent, ou l'ont oublié, mais il existe aussi un numéro 3 au sein de l'effectif. Belmin Dizdarevic. Le Bosniaque, arrivé librement en janvier 2026, représentait une opportunité de marché et un transfert d'anticipation pour la direction qui s'attendait à voir partir Epolo, si pas l'hiver dernier, en été.
Pirard a répondu présent et on ne peut pas dire que Dizdarevic a été incroyable en préparation.
En attendant, Dizdarevic n'a eu droit qu'à quatre matchs avec le SL16 la saison dernière. Au quotidien, malgré une mentalité irréprochable, il peine visiblement à convaincre. "C'est un bon troisième gardien mais on ne peut pas dire qu'il a été incroyable en préparation. Pas au point de nous pousser à revoir l'ordre établi, nous avait confié Euvrard dernièrement. Mais Belmin reste intéressant à suivre. Ce n'est pas parce qu'il ne perce pas en D1 à 25 ans qu'il ne percera jamais. Regardez Anthony Moris…"