Jérémy Doku, le "cas compliqué" qui ne voulait pas quitter Anderlecht
Le Diable rouge de 24 ans est un phénomène du ballon rond. Voici son portrait.

- Publié le 19-06-2026 à 23h43
- Mis à jour le 19-06-2026 à 23h46
Jérémy Doku est réputé pour ses accélérations foudroyantes et ses dribbles déroutants. Mais son parcours est presque aussi impressionnant que ses performances sur le terrain.
Né de parents ghanéens, il grandit aux côtés de son grand frère et de ses deux petites sœurs à Borgerhout, un district populaire d'Anvers. "Ici, on peut vite faire de mauvaises rencontres. L'alcool, la drogue, ça arrive facilement si on ne fait pas attention", expliquera son papa, David, en 2020 à La Dernière Heure.
Très tôt, le ballon lui colle au pied. Dès l'âge de 6 ans, il rejoint plusieurs clubs locaux, dont le Beerschot, et affiche déjà un talent hors du commun.
À seulement 10 ans, le petit fan de Lionel Messi intègre le centre de formation d'Anderlecht. Pour poursuivre son rêve, il doit alors quitter sa famille et s'installer à l'internat à Bruxelles. Rapidement, ses formateurs comprennent qu'ils ont affaire à un joueur à part. C'est le cas de Stéphane Stassin qui ira jusqu'à déclarer, en 2020 à SoFoot que, en un-contre-un, "c'est le plus fort qu'on ait vu passer depuis très longtemps" au centre.
Liverpool voulait absolument recruter Doku
Son talent ne tarde pas à attirer l'attention des agents de joueurs, mais aussi des plus grands clubs européens. À 15 ans, alors qu'il n'a pas encore disputé la moindre minute chez les professionnels, Arsenal, Liverpool, Chelsea, Manchester City, l'Ajax et le PSV tentent déjà de le convaincre de rejoindre leurs rangs. Les Reds lui déroulent même le tapis rouge en proposant une offre particulièrement attractive. Mais Doku préfère rester fidèle à Anderlecht, où il signe son premier contrat professionnel. "Même si Lionel Messi lui avait téléphoné pour lui demander de venir à Barcelone, il serait encore à Anderlecht", indiquait sa maman, Belinda, lorsque Doku évoluait encore chez les Mauves.

À l'entraînement, son aisance technique impressionne autant qu'elle agace parfois. Il lui arrive d'attendre ses adversaires pour les éliminer une première fois, puis de recommencer au lieu de filer vers le but. Son insouciance et sa confiance en ses qualités provoquent même quelques tensions avec certains joueurs plus expérimentés. Le staff est alors contraint de lui demander de lever le pied.
"Arrogant ? Ce n'est pas vrai", selon son papa
En dehors du terrain, le jeune homme se montre beaucoup plus réservé. Peu démonstratif, discret sur ses émotions, il est même décrit par l'un de ses formateurs comme "un cas compliqué". Ce à quoi son papa rétorquait en 2020 dans La DH : "Beaucoup de gens le croient arrogant mais ce n'est pas vrai. C'est juste un garçon qui doit accorder sa confiance avant de se livrer. Il est aussi assez taiseux". Quoi qu'il en soit, cette image contraste avec celle du jeune homme lorsqu'il se retrouve sur une piste de danse, où il n'hésite pas à entraîner tout un vestiaire dans son enthousiasme.
La suite est connue. Malgré plusieurs blessures, sa progression est fulgurante : après Anderlecht, il rejoint Rennes, puis Manchester City, et devient un pilier chez les Diables rouges.
Mais derrière le joueur capable de faire tourner la tête aux défenseurs se cache aussi un homme profondément croyant. Jérémy Doku l'a souvent affirmé : dans sa vie, rien n'est plus important que sa foi.
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