La tension autour de Cristiano Ronaldo est vive : "Nous savons qu'il n'est plus le même qu'avant"
L'attaquant de l'équipe portugaise suscite beaucoup d'interrogations et de critiques. Roberto Martinez devra faire un choix entre trois options.

- Publié le 23-06-2026 à 09h32

Dès qu'il ne marque pas ou que le Portugal gagne sans lui, le débat est relancé dans tout le pays. Faut-il faire jouer Cristiano Ronaldo en équipe nationale ? Sauf que cette fois-ci, son âge (41 ans) et sa totale inefficacité durant la préparation, puis lors du match face à la République démocratique du Congo transforment la conversation et véritable contestation populaire. Avec les pro et les anti-Ronaldo qui se déchirent, bien au-delà des frontières portugaises.
"En ce moment, il devient plus un obstacle qu'une aide pour le Portugal", a par exemple lancé Jay Bothroyd, l'ancien attaquant anglais, sur Sky Sport. "S'il joue, c'est parce que Roberto Martínez souhaite préserver ses relations amicales avec lui", a ajouté l'ancien international irlandais Tony Cascarino.
Muet depuis dix matchs en phase finale de grands tournois (quatre au Mondial 2022, cinq à l'Euro 2024 et un cette fois-ci), Ronaldo n'a cadré qu'un tiers de ses 33 tentatives durant ces rencontres. On l'a aussi vu peiner à se mettre dans le rythme de ses partenaires face au Congo, et se heurter notamment à un solide Chancel Mbemba.
Nous savons qu'il n'est plus le même qu'avant.
"Pour être honnête, nous n'avons fait aucune préparation particulière pour Cristiano Ronaldo. Nous savons qu'il n'est plus le même qu'avant, il est un peu plus âgé", a ainsi lâché Ngal'ayel Mukau, l'Anversois de la sélection congolaise, alors que c'est à présent l'Ouzbékistan qui tentera de faire déjouer le quintuple Ballon d'or.
"Nous jouons contre l'une des meilleures équipes de la Coupe du monde, qui est pleine de stars et, bien sûr, ils ont Cristiano Ronaldo, a commenté Fabio Cannavaro, le Ballon d'or italien qui dirige aujourd'hui la sélection ouzbèke, sans vouloir faire de vague. Ronaldo est un grand footballeur et une immense star. Mais une fois le match lancé, il faut oublier tout cela."
Quel choix pour Martinez ?
Roberto Martinez devra faire un choix entre trois options : le laisser seul en pointe comme face à la RDC, l'associer à João Felix ou Gonçalo Ramos dès le coup d'envoi ou le faire débuter sur le banc. Cette dernière option semble inenvisageable, voire impossible. Sauf si c'est le joueur qui le réclame lui-même.
"Pour un entraîneur, c'est impossible de le mettre sur le banc, c'est à Ronaldo de dire qu'il ne peut plus jouer", acquiesce le consultant de La DH Emilio Ferrera. Il est rejoint par Anthony Vanden Borre, ex-Diable rouge : "Personne n'osera toucher à Ronaldo parce qu'on ne peut pas toucher à Ronaldo : la décision doit venir de lui."
Mais le fera-t-il pendant ce Mondial ? "Si Ronaldo était un vrai joueur d'équipe, il laisserait la place aux jeunes, a observé l'ancien défenseur allemand Jérôme Boateng sur SBS Sport. Si le Portugal veut aller loin, je pense qu'il devrait laisser sa place. Car il y a une pression énorme quand il est au milieu, car tout le monde veut lui faire la passe."
Si le Portugal veut aller loin, il devrait laisser sa place.
Il est vrai que, un peu à l'instar des Diables rouges qui cherchaient constamment (et parfois désespérément) Romelu Lukaku face à l'Iran, les Portugais en oublient presque de tenter eux-mêmes leur chance. "Moi, je la passe à celui qui me semble le mieux placé. Je n'ai pas le temps de regarder le visage de mon coéquipier, a néanmoins répondu son coéquipier Francisco Conceição qui a ensuite pris sa défense. Il est là pour aider, comme n'importe quel autre joueur. Et quand il s'agit de marquer, il est inégalable."
En plus d'être respecté, Cristiano Ronaldo – qui dispute son dernier Mondial – reste adoré par tout le vestiaire. "Sa confiance en nous et la nôtre en lui ont toujours été et resteront les mêmes. Tant qu'il représentera l'équipe nationale, il conservera cette capacité et sera toujours prêt à nous aider", a fait remarquer l'arrière droit Diogo Dalot.
Son leadership en tant que capitaine emblématique reste aussi primordial. "À l'extérieur, on parle beaucoup de lui, mais en interne, il bénéficie du respect absolu de tous", a rappelé l'ancien de la Seleção Ricardo Costa au journal Marca.
"Cristiano ne sera jamais un problème. Il est une solution. La responsabilité du staff technique et de l'équipe est donc de faire de lui une solution encore plus performante", a résumé Thierry Henry qui invite donc Martinez à le placer dans les meilleures conditions. Et donc l'entourer, par exemple, de João Felix, son coéquipier à Al-Nassr qui l'a aidé à aller chercher le titre national cette saison.