Nicolas Raskin ressemble de plus en plus à l'une des références à son poste, mais il a encore du travail...
Nicolas Raskin est prêt pour un grand championnat. Sa Coupe du monde ne fait que le confirmer.
- Publié le 09-07-2026 à 15h13
- Mis à jour le 09-07-2026 à 15h14

"He's here, he's there, he's everywhere." La chanson a souvent résonné au Club Bruges. Pour célébrer l'activité constante de l'ancien milieu de terrain Gaëtan Englebert. Nicolas Raskin est de cette trempe. En termes d'occupation du terrain du moins. Pour les qualités footballistiques, le jeune Liégeois est largement supérieur à l'ancien.
On a vu pas mal de comptes sur les réseaux s'exciter au sujet de son omniprésence sur le terrain. C'est vrai qu'il est partout sans être le joueur le plus visible. Toujours là pour venir presser un adversaire, pour compenser une montée d'un équipier ou pour gratter un ballon perdu.
Un aspirateur à ballons
Il ressemble de plus en plus à l'une des références à son poste : Declan Rice. L'Anglais d'Arsenal n'est ni un numéro 6, ni un numéro 8. Il n'est pas le plus costaud défensivement, ni le meilleur pour venir s'infiltrer de la deuxième ligne. Mais il sait tout faire avec justesse.
Les deux hommes partagent une grande qualité : ils sont des aspirateurs à ballons. Leur cerveau est programmé pour anticiper une perte de balle et intervenir dans la foulée. Rarement en jouant dans une zone fixe mais en sentant où ils doivent se déplacer. Ce qui donne cette impression que Nicolas Raskin n'est jamais loin de l'action.
Statistiquement, cela signifie un match correct à tous les niveaux. Il est bien dans les duels, bien dans les récupérations. Mais son travail de l'ombre ne se lit pas sur un rapport data. Raskin, bien que posté plus haut que d'habitude face aux USA, évolue dans un registre purement collectif.
Même en interview d'après match, il a vite fait dévier le débat sur ses équipiers. "Mon assist ? Il était top. Mais je trouve surtout que Charles De Ketelaere a été un tueur. Et le collectif a été impressionnant."
Il oublie de dire qu'il a passé son temps à avoir les yeux rivés sur ses équipiers pour éviter la moindre situation dangereuse.

Le batteur du groupe
Si Nicolas Raskin était dans un groupe de rock, il serait batteur. Pour son énergie débordante mais aussi car il donne le tempo.
Cette donne le différencie de milieux défensifs plus traditionnels. L'Axel Witsel version 2018 en est le meilleur exemple. Le doyen de la sélection (37 ans) n'a jamais été flamboyant pour sa vitesse. Ses qualités étaient nombreuses mais ailleurs.

Raskin s'ancre davantage dans la lignée de Steven Defour. Quand il est sur le terrain, le jeu va naturellement plus vite, est plus tourné vers l'avant. Du football les babines retroussées.
Il y a encore du travail pour le sommet de la Premier League
Sa Coupe du monde confirme qu'il est prêt pour la suite. Il est encore sous contrat aux Glasgow Rangers jusqu'en juin 2028 mais tous les voyants sont au vert pour qu'il acte son départ à l'été, c'est quasiment programmé.
Beaucoup l'imaginent en Premier League mais est-il taillé pour un tel défi ? On note une grande différence avec un joueur comme Declan Rice. Si l'Anglais et le Belge sont très proches en termes de travail défensif, le joueur d'Arsenal ne perd presque jamais le cuir. Face au Congo, en ⅛ de finale, il n'a loupé qu'une seule passe sur tout le match. Raskin n'a pas cette précision du tout haut niveau.
Les rumeurs actuelles font d'ailleurs davantage état d'un intérêt venu de l'Italie plutôt que de l'Angleterre. La Serie A pourrait convenir à son style de jeu mais sa Coupe du monde va plus que probablement changer la donne. Lui balaie le sujet d'un revers de la main. "On a mis la vie de club en pause", sourit-il.
Le Standard s'en frotte les mains
À Liège, tout le monde espère que la pause ne soit pas trop longue. Nicolas Raskin pourrait constituer une belle rentrée d'argent du Standard cet été. Les Rouches ont vendu Nicolas Raskin à bas prix (un peu plus de 1,5 million €), en janvier 2023, suite à des tensions contractuelles qui avait poussé le club à le… pousser vers la sortie.
Le transfert était assorti d'un pourcentage sur la plus-value à la revente estimée entre 15 et 20 %. Les Rangers demandaient vingt millions € l'été passé mais les clubs intéressés se sont détournés de cette piste. Trop chère à leur goût.
Les Écossais peuvent espérer avoisiner les quinze millions vu son tournoi; sa valeur marchande était estimée à douze millions avant le tournoi. Cela pourrait représenter entre deux et trois millions dans les caisses liégeoises. Et un peu de regret de ne pas avoir pu en tirer davantage.