La Russie bannie, mais pas ses athlètes

Les Russes "propres" ont six semaines pour espérer se produire aux Jeux.

AFP
FILE - In this Feb. 5, 2014 file photo Russian Minister of Sport, Tourism and Youth policy Vitaly Mutko, left, Russian President Vladimir Putin, center, and Olympic Village Mayor and Pole Vaulter Yelena Isinbayeva visit the Coastal Cluster Olympic Village ahead of the Sochi 2014 Winter Olympics in Sochi, Russia. The Russian Sports Ministry said Friday, June 17, 2016 it is "extremely disappointed" that the IAAF has ruled to uphold its ban on the country's track and field athletes competing in international competitions, including the Olympics. (Pascal Le Segretain, Pool via AP, file)
FILE - In this Feb. 5, 2014 file photo Russian Minister of Sport, Tourism and Youth policy Vitaly Mutko, left, Russian President Vladimir Putin, center, and Olympic Village Mayor and Pole Vaulter Yelena Isinbayeva visit the Coastal Cluster Olympic Village ahead of the Sochi 2014 Winter Olympics in Sochi, Russia. The Russian Sports Ministry said Friday, June 17, 2016 it is "extremely disappointed" that the IAAF has ruled to uphold its ban on the country's track and field athletes competing in international competitions, including the Olympics. (Pascal Le Segretain, Pool via AP, file) ©AP

L'athlétisme russe ne verra pas Rio, mais ses athlètes propres peut-être : la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a confirmé vendredi la suspension de la Fédération russe tout en laissant la porte ouverte à ceux qui prouveront leur bonne foi, à six semaines des JO (5-21 août).

La Russie, ses instances sportives et antidopage, a organisé et couvert le dopage dans "son" athlétisme, en rackettant ses propres athlètes et en allant jusqu'à corrompre l'ancien président de l'IAAF, Lamine Diack (1999-2015), mis en examen pour blanchiment aggravé et corruption.

Avec l'affaire russe, l'athlétisme mondial a plongé dans la plus grave crise de son histoire.

La Russie a triché

La Russie a triché, continue sans doute un peu de le faire malgré "des progrès et des efforts", selon l'IAAF : c'est pourquoi le Conseil a voté vendredi à Vienne la prolongation de la suspension de la Fédération russe d'athlétisme (ARAF), prononcée en novembre. "La décision a été prise à l'unanimité du Conseil", a souligné le Britannique Sebastian Coe, président de l'IAAF, comme pour enfoncer le clou.

Mais les athlètes russes propres ne doivent pas pâtir de la faute des autres. C'est en ce sens qu'il faut analyser l'autre décision prise par ce même Conseil : autoriser les athlètes russes non contrôlés positifs qui prouveront "qu'ils n'ont pas fait partie du système de dopage" à participer à Rio, sous une bannière et des modalités qu'il reviendra au Comité international olympique (CIO) de préciser.

Une bannière à définir

Ça tombe bien, le CIO a justement prévu de se réunir mardi prochain, le 21 juin à Lausanne (Suisse) pour un sommet olympique qui doit traiter des questions d'éligibilité…

Entre les lignes, il faut comprendre que l'IAAF ne souhaitait pas laisser le beau rôle au CIO : le bâton pour l'IAAF qui vote la suspension totale (celle de la fédération et de tous les athlètes de nationalité russe), et la carotte pour le CIO qui aurait pu prendre l'initiative de permettre aux athlètes russes non dopés de participer aux Jeux sous une autre bannière.

De facto, l'IAAF propose déjà cette solution de repli, qui a le mérite d'allier fermeté et ouverture. "C'est l'IAAF qui décide de qui peut courir aux JO ou non", a ainsi sèchement tranché M. Coe vendredi.

Une course contre la montre

Dans cette décision, il faut effectivement voir la patte personnelle de Sebastian Coe, ancien athlète de très haut niveau. Lui qui fut double champion olympique du 1500 m (en 1980 et 1984) a toujours affiché son soutien aux athlètes propres, en souvenir des efforts d'une vie dédiée à une qualification olympique.

Il a lui-même vécu le boycott des Etats-Unis, à Moscou-1980, puis celui des Russes et pays satellites en 1984 à Los Angeles."Empêcher de courir des athlètes qui n'ont jamais été contrôlés positifs est pour lui un crève-coeur", assurait un proche du président.

A six semaines de Rio, les athlètes russes savent désormais ce qui leur reste à faire.

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