Roland Garros: Malisse n'est pas tendre
Ancien n°1 belge, Xavier Malisse dresse le bilan d'un Roland Garros décevant.
- Publié le 31-05-2014 à 00h00
- Mis à jour le 31-05-2014 à 19h16

Ancien n°1 belge, il dresse le bilan d'un Roland Garros décevant.
Roland Garros s'est donc poursuivi sans les Belges, vendredi. Pour la deuxième année consécutive à Paris et pour la troisième levée du Grand Chelem d'affilée, aucun compatriote n'a réussi à dépasser le stade du deuxième tour. S'il est clair que depuis le départ à la retraite de Kim Clijsters et de Justine Henin, on a plus de chances de gagner à la loterie que de voir encore un ou une Belge triompher dans un grand tournoi, le résultat n'est pas folichon.
"Quand je regarde ce qui se passe en Floride, on doit avoir un peu plus de couilles !" (sic) , n'a pas hésité à nous confier Xavier Malisse au moment de faire le bilan. Le Courtraisien est toujours à Paris vu que Kirsten Flipkens, qu'il coache désormais, est encore en lice en double. Et il a droit à la parole, pour avoir été jusqu'ici le meilleur joueur masculin belge de l'histoire avec trois titres ATP, une demi-finale en simple à Wimbledon et un sacre en double à Roland Garros.
"Attention, moi-même je n'étais pas toujours comme ça , sourit-il. Mais j'ai appris, avec l'âge, à être plus exigeant avec moi-même et à travailler plus dur physiquement. Et cela m'a été bien utile. Il y avait des jours où je ne me sentais pas top, mais aux Etats-Unis, on se force, là où en Belgique, on prend peut-être les choses plus à la légère. C'est une question de mentalité. Maintenant, si Kirsten avait pris ce jeu de 4-3 au dernier set où elle mène 40-0, elle serait au troisième tour et on n'en parlerait pas."
Peut-être. Entre-temps, force est de constater que Kirsten Flipkens n'a pas bien joué à Roland Garros. Et que David Goffin peut faire beaucoup mieux que ce qu'il montre pour l'instant. "Je suis déçu. Kirsten est déçue. A l'entraînement, tout se passe bien, mais en match, il faut oser. J'ai d'ailleurs pu constater qu'en double, avec Cibulkova, elle a beaucoup plus lâché ses frappes. La gestion du stress, des émotions, est un aspect encore plus important dans le tennis féminin…"
Xavier Malisse ne peut, en revanche, pas parler pour David Goffin, mais il lui conseillerait d'élargir son horizon en allant régulièrement voir ce qui se passe à l'étranger. "Je ne vais pas le dire trop fort, sinon je vais critiquer les coaches en Belgique, sourit-il . En ce qui me concerne, j'ai tout de même vu pas mal de différences en Floride et j'étais toujours content de partir là-bas. Les exercices y sont plus adaptés au tennis, surtout au niveau physique, avec beaucoup de déplacements sur le court."
L'ancien n°1 belge, pour conclure, ne veut pas se montrer trop négatif et ajouter une couche à la morosité ambiante. "On ne doit pas paniquer parce qu'il n'y a pas de résultats. La roue peut tourner rapidement. C'est le tennis" , ajouta-t-il.
Il est en tout cas persuadé que Kirsten Flipkens rebondira avec l'arrivée de la saison sur gazon. "J'étais un peu comme elle. Une fois que je voyais le gazon, je me sentais nettement mieux, comme si j'étais dans mon jardin. Et si elle joue bien, tout sera oublié…"