Pourquoi Donald Trump vit une fin d'année tortueuse
- Publié le 24-12-2018 à 09h34
- Mis à jour le 24-12-2018 à 09h35

Le shutdown devrait se prolonger au moins jusqu'au début de 2019.Pas de trêve des confiseurs pour le président américain embarqué dans une multitude de dossiers complexes.
Ce dimanche, Donald Trump a annoncé par un tweet le remplacement par intérim du ministre de la Défense, Jim Mattis, dès le 1er janvier, par son adjoint, Patrick Shanahan. "J'ai le plaisir d'annoncer que notre très talentueux ministre adjoint de la Défense Patrick Shanahan, assumera le titre de ministre de la Défense par intérim à partir du 1er janvier 2019", a-t-il écrit.
James Mattis avait annoncé jeudi sa démission après l'annonce surprise par le président Trump du retrait des 2 000 soldats américains de Syrie, estimant que le groupe État islamique (EI) était vaincu. La démission de Mattis devait être effective fin février.
La décision de Trump de retirer les troupes américaines de Syrie a permis au président français, Emmanuel Macron, de critiquer publiquement son homologue américain. "Un allié se doit d'être fiable, se coordonner avec ses autres alliés", a glissé le président français, avant de poursuivre : "Je veux ici rendre hommage au général Mattis et aux propos qui ont accompagné sa décision, depuis un an nous avons constaté combien il a été un interlocuteur fiable."
Le président Trump n'a pas - encore - riposté mais il a affirmé dimanche avoir discuté avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, du retrait "lent et extrêmement coordonné" des troupes américaines de Syrie. "Je viens d'avoir une conversation téléphonique longue et productive" avec M. Erdogan, a-t-il tweeté, ajoutant avoir également discuté du groupe État islamique, "de notre engagement mutuel en Syrie" et de relations commerciales "considérablement accrues".
Shutdown
Sur la scène intérieure, le ton n'est pas à la fête non plus. En effet, les États-Unis se préparaient dimanche à affronter une longue période de fermeture des administrations fédérales après l'échec des tractations au Congrès sur le financement du mur à la frontière mexicaine voulu par Donald Trump, un "shutdown" qui pourrait durer jusqu'en janvier selon le directeur du Budget à la Maison-Blanche Mick Mulvaney. Les négociations sur le budget fédéral, suspendues samedi, doivent reprendre le 27 décembre. Les Démocrates reprendront début janvier le contrôle de la Chambre des représentants après leur victoire électorale en novembre alors que les Républicains resteront majoritaires au Sénat, ce qui augure des négociations difficiles entre les deux chambres.
Avec 53 sièges sur 100 dans le "nouveau" Sénat, les Républicains ne disposent pas des 60 voix nécessaires pour l'adoption d'une loi budgétaire. Le président américain a réaffirmé dimanche sa détermination d'obtenir les 5 milliards de dollars pour la construction d'un mur destiné à freiner l'immigration clandestine, l'une de ses principales promesses de campagne.
L'année de tous les dangers ?
Et le dossier du "mur mexicain" n'est peut-être pas le plus délicat à négocier pour l'hôte de la Maison-Blanche. C'est en tout cas ce qu'assure Chris Matthews, éditorialiste politique pour la chaîne d'information en continu MSNBC. Selon lui, le président américain pourrait passer un accord avec le procureur spécial Robert Mueller, chargé de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle de 2016, pour éviter une inculpation. Selon lui, Donald Trump et sa fille Ivanka pourraient être "les prochains dominos à tomber" dans le cadre de cette enquête. "Que se passerait-il si le procureur offrait une alternative au président ?", s'interroge alors Chris Matthews. L'éditorialiste imagine le procureur spécial Robert Mueller proposer à Donald Trump de démissionner de la Maison-Blanche, en échange d'un ensemble d'acquittements, "pas seulement pour lui, mais aussi pour tous ses enfants". Pour appuyer son hypothèse, Chris Matthews cite un exemple dans l'histoire américaine. En 1973, le vice-président Spiro Agnew avait accepté de démissionner pour éviter d'être inculpé pour fraude fiscale, dans le cadre d'un accord avec le procureur.