François Houtart en aveu d'abus sexuels

Il avait été présenté à la candidature au prix Nobel de la Paix 2011. Et il vient de tomber du piédestal sur lequel certains l'avaient placé. Aujourd'hui âgé de 85 ans, le chanoine Pierre Houtart a reconnu, comme l'écrivait jeudi "Le Soir", avoir abusé sexuellement en 1970, d'un cousin alors âgé de 8 ans.

J. La.
François Houtart en aveu d'abus sexuels
©EPA

Il avait été présenté à la candidature au prix Nobel de la Paix 2011. Et il vient de tomber du piédestal sur lequel certains l'avaient placé. Aujourd'hui âgé de 85 ans, le chanoine Pierre Houtart, considéré par certains comme "le pape de l'altermondialisme", a reconnu, comme l'écrivait jeudi "Le Soir", avoir abusé sexuellement en 1970, d'un cousin alors âgé de 8 ans.

Ces faits sont aujourd'hui prescrits, que ce soit sur le plan pénal ou sur le plan civil. Ils avaient été dénoncés cette année par la sœur de la victime à la Commission Adriaenssens, qui a recueilli 475 plaintes contre des religieux pédophiles et dont le rapport, avec certains témoignages anonymisés, a été rendu public le 10 septembre. Le rapport reprenait ce récit visant François Houtart.

La sœur de la victime, elle-même violée à l'âge de 8 ans, expliquait que son frère avait été violé par A. qui "reçu chez mes parents, s'est introduit par deux fois dans la chambre de mon frère pour le violer".

Des faits qui ne sont que très partiellement reconnus par François Houtart, dans une lettre qu'il a envoyée au quotidien, d'Equateur où il est actuellement en mission. Mercredi, il se retranchait derrière cette longue lettre.

François Houtart y parle simplement d'attouchements : "En traversant la chambre d'un des garçons de la famille, j'ai, en effet, touché ses parties intimes à deux reprises, ce qui l'a réveillé et effrayé. Ce fut évidemment un acte inconsidéré et irresponsable, dit-il . Cet événement m'avait aussi fortement bouleversé personnellement, car j'étais conscient de la contradiction que cela signifiait avec ma foi chrétienne et ma fonction de prêtre, auxquelles j'étais profondément attaché", poursuit-il dans cette lettre.

Et le chanoine Houtart d'affirmer qu'après ces faits, la famille de la victime lui a proposé de consulter un professeur du grand séminaire de Liège qui lui a conseillé de rester dans le sacerdoce et de se concentrer sur les tâches universitaires.

Une autre cousine de François Houtart, sœur de la première, a exigé le retrait de la campagne lancée le 12 octobre qui proposait la candidature du chanoine au prix Nobel de la Paix 2011. Le comité de soutien a alors interrompu la collecte des signatures.

Le Centre tricontinental (Cetri), une ONG que François Houtart avait fondée, et dont il était toujours membre du conseil d'administration, l'a exclu. "Nous avons appris les faits fin octobre dernier par la sœur de la victime qui demandait à François Houtart de renoncer à sa candidature au prix Nobel de la Paix", explique Bernard Duterme, directeur du Cetri. Le 1er novembre, le Centre tricontinental lui a signifié sa démission et la fin de toute collaboration. Il a obtempéré.

"Ce sont des faits inadmissibles qui sont en contradiction évidente avec les valeurs d'émancipation et de justice sociale portées par notre organisation", relève encore M. Duterme.


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