Sophie Dutordoir, Robert Vertenueil, Marie-Martine Schyns... Ces 10 Belges qui feront l'actualité en 2017
Durant tout cette semaine, "La Libre" se risque au périlleux jeu de l'anticipation. Chaque jour, nous désignerons les personnalités, les phénomènes de société, les innovations qui devraient occuper, en Belgique et dans le monde, le devant de l'actualité dans l'année qui vient.
- Publié le 02-01-2017 à 06h25
- Mis à jour le 02-01-2017 à 08h59

Durant tout cette semaine, "La Libre" se risque au périlleux jeu de l'anticipation. Chaque jour, nous désignerons les personnalités, les phénomènes de société, les innovations qui devraient occuper, en Belgique et dans le monde, le devant de l'actualité dans l'année qui vient.
Vincent Blondel
Recteur de l'Université catholique de Louvain

Vincent Blondel a le sens du timing. C'est le 4 juillet dernier, alors que les cénacles politiques, médiatiques et universitaires n'avaient plus que l'été en tête, qu'il dévoila son intention : celle de fusionner l'UCL et l'université Saint-Louis-Bruxelles. La nouvelle prit tout le monde de cours. Accompagné de Pierre Jadoul, son homologue de la capitale, il dévoila alors sa volonté de croître et d'assurer l'avenir de ce qui serait une université plus importante, plus efficace et plus forte. Mais Vincent Blondel a aussi le goût de l'audace. Il sait que son projet demeure un pari risqué. Les directions des deux universités ont accepté en décembre la note balisant la fusion, mais sans grand enthousiasme à Saint-Louis, où 65 % de l'assemblée générale a voté pour. Il faudra atteindre le quorum des 80 % au mois de mars pour que le projet soit entériné. Du coup, dans les couloirs bruxellois, les débats s'aiguisent de plus belle entre les pour et les contre, alors que l'ULB, redoutant un débarquement louvaniste sur ses terres, fait le forcing pour proposer une autre destinée à Saint-Louis.
Sophie Dutordoir
La nouvelle patronne de la SNCB

Nommée le 16 décembre dernier, Sophie Dutordoir sera à partir du 7 mars de cette année la nouvelle administratrice déléguée de la , SNCB. Les défis ne manqueront pas pour celle qui fut la patronne d'Electrabel et qui avait pris ses distances ces dernières années avec les grandes entreprises belges pour ouvrir une table d'hôte et une épicerie italienne à Overijse.
La voilà donc de retour aux affaires dans une entreprise au cœur de la mobilité de tous les Belges. Il lui faudra relever trois grands défis. Un : mener à bien la rédaction et la signature d'un nouveau contrat de gestion entre l'Etat et la société de chemins de fer. Deux : définir les contours d'un plan d'investissements 2016-2021 dans un cadre budgétaire étriqué. Trois : tenter de maintenir un climat de paix sociale. Sur ce dernier point, Jo Cornu avait souvent "cabré" les organisations syndicales. Sophie Dutordoir, au style direct mais dont on loue le sens de l'écoute, devra en tout cas rapidement "déminer" une première bombe sociale car le gouvernement n'a pas fait mystère de sa volonté d'aboutir sur la mise en place d'un service minimum. Un premier dossier déjà… explosif.
Robert Vertenueil
Pressenti pour remplacer Marc Goblet à la tête de la FGTB

Marc Goblet est à bout. On n'ira pas jusqu'à dire que ses responsabilités au poste de secrétaire général de la FGTB sont la cause de ses ennuis de santé. Mais on peut penser sans peine qu'elles ne lui permettent pas de s'en occuper sérieusement. Le leader syndical a donc décidé de prendre - anticipativement - sa pension et de quitter la vie publique le 30 juin 2017.
Pour le remplacer à ce poste surexposé, un nom se dégage avec insistance : celui de Robert Vertenueil, actuel secrétaire général de la Centrale générale. Le Nivellois semble intéressé. Il vient en tout cas de poser sa candidature pour occuper l'un des deux postes de secrétaire national francophone de la FGTB. C'est un passage obligé s'il veut devenir secrétaire général du syndicat en juillet 2017 et, par la suite, président tout désigné de l'appareil.
Décrit comme "un chouette type", "plein de qualités" et "ambitieux", M. Vertenueil a débuté sa carrière professionnelle aux mutualités socialistes du Brabant wallon, en 1987. Il rejoindra la Centrale générale en 2002 - la même que Marc Goblet. Les similitudes ne s'arrêtent pas là. Comme Marc Goblet, Robert Vertenueil militera au niveau local au sein du PS - il sera conseiller communal à Nivelles de 1994 à 2012.
Ivo Van Hove
Metteur en scène et directeur de Toneelgroep Amsterdam

L'année 2016 a confirmé Ivo Van Hove dans son statut de figure emblématique du théâtre contemporain. Le metteur en scène belge a marqué les esprits avec des rendez-vous au retentissement planétaire. Qu'il s'agisse de ses "Damnés" à Avignon, de la comédie musicale "Lazarus" de David Bowie à Broadway ou de son spectacle marathon "Kings of War" donné à Londres. A Paris, sa mise en scène de "Vue du pont", d'Arthur Miller, lui a valu le Grand Prix de la Critique pour le meilleur spectacle de l'année et son "Kings of Wars" celui du meilleur spectacle étranger. Il a aussi reçu le prestigieux "Founders Award for Excellence in Directing" décerné aux Etats-Unis, une récompense qui ne peut être obtenue qu'une seule fois dans la vie et qui était octroyée pour la toute première fois à un metteur en scène non anglophone. Sa mise en scène de "Vu du pont" sera présentée en février à Anvers. C'est déjà un des événements les plus attendus de l'année. Les réservations sont complètes depuis des mois.
Pr Patrice Cani
Chercheur Wlebio au Louvain Drug Research Institue, UCL

En découvrant, en 2016, une protéine capable de prévenir le diabète et l'obésité, le Pr Patrice Cani, chercheur Welbio au Louvain Drug Research Institute, et son équipe de l'UCL (dont Hubert Plovier, aspirant FNRS) ont réalisé une double première mondiale dans le domaine de plus en plus exploré et prometteur du microbiote intestinal. Via deux traitements distincts basés sur une bactérie appelée Akkermansia muciniphila, ils sont parvenus à stopper, chez la souris, le développement de ces deux maladies de plus en plus répandues. Reste à présent à confirmer ces résultats chez l'homme pour pouvoir alors envisager le développement d'un nouveau médicament, qui pourrait être mis sur le marché dans plusieurs années. Et s'avérer utile non seulement pour les patients diabétiques de type 2 et obèses, mais aussi contre les maladies cardiovasculaires
Loïc Bar
Cofondateur et CEO de la start-up belge Opinium

Il n'a que 28 ans et déjà trois start-up à son compteur, sans oublier un passage de près de quatre ans chez McKinsey. En juin 2015, c'est à Loïc Bar que les cadres d'Opinum décidaient de confier les rênes de la "jeune pousse" basée à Braine-l'Alleud. D'origine liégeoise, ce diplômé en informatique, auteur de quatre livres de référence dans le domaine, a la tête bien pleine, mais, surtout, bien faite. Loïc Bar a en outre une qualité que l'on ne trouve pas toujours chez les informaticiens : il aime convaincre, en des termes à la fois accessibles et précis, ses interlocuteurs. Nous avions pu nous en rendre compte, à l'automne dernier, lorsqu'il était venu défendre Opinum au "One Hour Challenge" organisé par La Libre, LeanSquare et BNPP Fortis. Le jeune entrepreneur y fut brillant. La proposition technologique d'Opinum s'appelle OpiSense, une application Web - centralisée et automatisée - de gestion des consommations énergétiques des bâtiments (électricité, eau, gaz, etc.). Ayant déjà levé à ce jour plus de 2 millions d'euros auprès d'investisseurs belges (Inventures, Sambrinvest, SRIW, MyMicroInvest, Bruno Vanderschueren) et employant une quinzaine de personnes, Opinum a déjà décroché quelques jolis contrats en Belgique, dont Proximus en fin d'année. Mais Loïc Bar a déjà des visées à l'international. Opinum s'apprête notamment à attaquer le marché français. L'aventure ne fait que commencer.
Marie-Martine Schyns
Ministre de l'Education (CDH)

Nul ne peut parier sur l'avenir, mais à l'entame de 2017, la ministre de l'Education, Marie-Martine Schyns (CDH), a une certitude : son proche destin sera lié à celui du Pacte pour un enseignement d'excellence. Après avoir été structuré pendant deux ans par les acteurs du terrain, le Pacte, qui a pour ambition réformer en profondeur l'enseignement belge francophone, va débouler cette année sur la scène politique. En réalité, ces acteurs ont rédigé un avis présentant les grands objectifs du projet. Mais leurs ambitions se présentent très coûteuses. Le politique devra donc définir dans les prochains mois les priorités et penser les budgets pour planifier au mieux cette révolution aussi attendue que redoutée. Marie-Martine Schyns ne sera pas la seule pour mener à bien le Pacte. L'ensemble du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s'est porté garant du projet. Mais celle qui a fait jusqu'ici de la diplomatie une tactique de gouvernance sait qu'elle sera attendue pour trancher en définitive dans le vif du sujet.
Stoffel Vandoorne
Pilote de F1 chez McLaren-Honda

Son heure a sonné. Stoffel Vandoorne a enfin rendu un accent belge sur la grille de départ des GP de F1. Le digne héritier de Jacky Ickx et de Thierry Boutsen est sur le point de s'envoler sur les plus belles pistes du monde. L'an passé, il avait remplacé au pied levé un Fernando Alonso en convalescence lors du GP de Bahreïn. Sa prestation avait confirmé tout son talent. Par la suite, il avait repris sa place de 3e pilote chez McLaren-Honda. Le Courtraisien, ancien champion en GP2, a alors rongé son frein dans l'attente de jours meilleurs. Ils sont venus. Son écurie lui a offert un de ses deux baquets, reléguant le champion du monde 2009 Jenson Button aux oubliettes. Ron Dennis, à la tête du McLaren Technology Group, voit ce duo comme "un mix parfaitement balancé de talent prouvé et de potentiel immense". Membre du "McLaren Young Driver Programme" depuis février 2013, l'équipier du double champion du monde espagnol Fernando Alonso sortira de l'ombre. A 24 ans à peine…
Sébastien Courtoy
Avocat

Il n'y a quasiment plus un dossier terroriste à Bruxelles où il ne promène pas sa longue carcasse. Dans le dossier où était poursuivi Najim Laachraoui, un des deux kamikazes de Zaventem, il défendait pas moins de… six prévenus. Il fallait le voir aux portes du palais fumer sa cigarette avec ces hommes hilares pour se rendre compte qu'il a réussi à gagner la confiance de cette clientèle souvent ingrate et réputée difficile. Il faut aussi voir le regard plein de reconnaissance que lui porte Jean-Louis Denis, les larmes aux yeux, quand il plaide pour lui devant un tribunal. On comprend alors ce que peut représenter un avocat pour un homme honni et emprisonné. Impossible de le joindre la veille d'une plaidoirie importante tant il se plonge dans son dossier. Avec à la clé, des résultats quasiment inespérés : comme quand il a réussi à réduire à cinq ans la peine de Jean-Louis Denis. Un sacré défi l'attend en 2017 avec le procès d'assises de Mehdi Nemmouche, jugé pour la tuerie au Musée juif.
Thomas Dermine
Membre de la task force chargée de penser le redéploiement de Charleroi

"Charleroi a un temps d'avance." Thomas Dermine a le sens de la formule. Mais pas que. A 30 ans, ce Carolo déploie un CV qui est une promesse d'avenir. Ingénieur de gestion estampillé Solvay, diplômé en sciences politiques puis en politiques publiques à Harvard, il fut employé par McKinsey avant de fonder une première start-up dans le domaine des assurances collaboratives. Mais 2017 sera pour lui l'année du retour à Charleroi. Le bourgmestre Paul Magnette (PS) l'a convaincu de copiloter la task-force sur le déploiement de la ville. Et Thomas Dermine y croit. La ville a un avantage, disait-il à "L'Echo" : soumise aux pertes d'emplois depuis longtemps, elle cherche des réponses que beaucoup se poseront à l'avenir. "Charleroi a un temps d'avance", et comme "la perception, c'est la réalité", Thomas Dermine croit en ses raisons.