Tenté de se présenter à la présidence du MR bruxellois, Boris Dilliès s'est heurté à de fortes réticences internes
Face à un David Weytsman soutenu par Georges-Louis Bouchez, le ministre-Président a envisagé de descendre dans l'arène des sections locales. S'il choisit de ne pas y aller, Valentine Delwart est citée pour se présenter face au président du CPAS de Bruxelles.

- Publié le 26-03-2026 à 17h58
- Mis à jour le 26-03-2026 à 18h25
La politique est peut-être, pointait l'écrivain Robert Stevenson, la seule profession pour laquelle nulle préparation n'est jugée nécessaire. Boris Dilliès (MR) est en train de l'expérimenter : son président de parti, Georges-Louis Bouchez, l'a propulsé à la tête de la Région Bruxelles-Capitale sans sommation il y a six semaines. L'ancien bourgmestre d'Uccle n'a désormais que trois ans pour renverser la vapeur après des débuts mitigés.
Pour réussir ce pari, l'appui de l'appareil de parti ne sera pas un luxe. Le poste de président régional est vacant depuis que David Leisterh s'est retiré de la politique régionale. Un siège qu'il avait conquis en 2020 après une victoire face à… Boris Dilliès.
Or, selon les informations de La Libre, Boris Dilliès a envisagé sérieusement de briguer la présidence du MR bruxellois.
Alors que les candidatures sont clôturées ce mardi 31 mars, l'intéressé se refuse à tout commentaire. Son entourage, contacté par La Libre, n'enterre pas la piste. Mais à mesure que les heures passaient, ce jeudi, et que les contacts se nouaient, elle a semblé de plus en plus froide.
Dilliès, le candidat naturel ?
Selon nos informations, Boris Dilliès se voyait comme le candidat naturel. Le leader de l'exécutif régional doit, de facto, être celui qui donne le ton au sein de sa famille politique. Alors autant coupler les fonctions, estimaient certains de ses soutiens, qui l'ont poussé à se présenter.
Car s'il occupe le 7 de la rue Ducale (siège du ministre-Président bruxellois), il y est entouré de collaborateurs hérités de son prédécesseur, et reste loin de contrôler les rouages du MR bruxellois et ses militants. En devenant président du MR bruxellois, Dilliès aurait pu espérer s'imposer comme l'unique figure de proue libérale dans la capitale.
"À trois ans des élections, le MR bruxellois a besoin d'une ligne politique bien respectée par tous. Boris est la bonne personne pour l'incarner et éviter que le parti ne s'éparpille", pointait un parlementaire bruxellois.
Boris Dilliès pouvait compter, en interne, sur des soutiens de poids, comme Sophie Wilmès, Valentine Delwart ou Valérie Glatigny.
"David Weytsman n'est pas aussi rassembleur que David Leisterh ne l'était. Il est plus clivant, parfois piquant. Cela explique pourquoi certains poussent une candidature de Boris Dilliès", assure une source libérale.
Le veto de Bouchez
Pourtant, au sommet du parti, l'enthousiasme est resté glacial. Georges-Louis Bouchez soutient en coulisses David Weytsman, qui prépare sa candidature dans les sections locales depuis des mois.
Des discussions internes ont eu lieu ces dernières heures pour tenter de dissuader Dilliès de monter au front.
Pour le député Olivier Willocx, l'option présentait un sérieux défaut : "Avec Dilliès, le risque, c'est d'avoir un nouveau Didier Reynders à la tête du MR bruxellois, avec des sections qui ne fonctionnent pas, et un manque de soutien concret de la régionale. Aujourd'hui, nous avons besoin de quelqu'un qui est sur le terrain. Et je ne sais pas si un ministre-Président pourra y consacrer le temps nécessaire, tout en amenant son soutien dans une campagne électorale qui va démarrer très vite."
"Une défaite le tuerait politiquement"
Plus décisif encore : le risque personnel. "Je suis convaincu que Boris ne peut pas gagner face à David Weytsman. David connaît les membres sur le bout des doigts, c'est un travail de fourmi commencé il y a 15 ans chez Françoise Bertieaux", tranche un ténor du parti. Pour ce dernier, Weytsman n'est pas un danger : "Il est collaboratif, il ne cherchera pas à lui faire de l'ombre."
Le calcul est donc périlleux. "Peu à gagner en cas de victoire, mais une mort politique en cas de défaite. "S'il perd avec un score faible, c'est fini", ajoute un élu.
La surprise Valentine Delwart ?
In fine, un deal a semblé se dessiner ces dernières heures pour éviter une guerre intestine, même si rien ne sera sans doute confirmé avant ce lundi : à David Weytmsan la présidence du MR bruxellois, à Boris Dilliès le gouvernement.
Mais l'équilibre reste précaire. "Je ne comprends pas pourquoi le président du MR n'a pas cherché pas à renforcer le candidat qu'il avait lui-même désigné ministre-Président", glisse un élu bruxellois qui pèse. "Georges-Louis Bouchez aurait sans doute préféré désigner lui-même le président du MR bruxellois, mais notre parti ne fonctionne pas comme ça."
Car si Boris Dilliès s'efface, la voie ne sera pas forcément libre pour David Weytsman. Selon nos informations, Valentine Delwart n'aurait pas renoncé tout à fait à se présenter. La bourgmestre d'Uccle faisant fonction, proche de Dilliès et fine connaisseuse de l'appareil, pourrait incarner cette candidature féminine prête à bousculer les arrangements de coulisses.