L'alliance avec le Vlaams Belang divise la N-VA
Selon Nicolas Bouteca, le cordon sanitaire se maintiendra en Flandre après les élections du 9 juin prochain.

- Publié le 19-01-2024 à 06h32

Pour le faire sauter, il faudrait que la N-VA et le Vlaams Belang obtiennent une majorité au Parlement flamand et qu'un gouvernement Vivaldi II, n'envisageant pas de réforme institutionnelle majeure, soit mis sur les rails. Pour lui, seules ces deux conditions réunies peuvent faire éclater le cordon anti-extrême droite dans le Nord du pays. Le politologue ne voit pas la N-VA monter dans un gouvernement fédéral qui ne prévoit aucune réforme institutionnelle majeure.
Une alliance controversée
La N-VA rêve depuis longtemps d'imposer son agenda communautaire qui consiste à réaliser une réforme institutionnelle de grande envergure ouvrant la voie au confédéralisme. Si Bart De Wever réussit son coup, il dira à ses troupes qu'il n'est pas prêt à s'embarquer dans une alliance avec l'extrême-droite puisqu'il a obtenu des francophones des garanties pour réaliser son grand dessein institutionnel. Les partis francophones (PS en tête) pourraient, eux, s'engager à réaliser la réforme institutionnelle réclamée par la N-VA qui, elle, promet de ne pas s'allier au Vlaams Belang.
Par contre, en voyant s'éloigner la perspective d'une Belgique confédérale, les nationalistes, inféodés à Bart De Wever, pourraient être tentés, après le scrutin du 9 juin, d'enfoncer l'accélérateur en choisissant de s'allier à l'extrême-droite flamande.
Notons qu'une partie de l'électorat nationaliste voudrait voir la N-VA s'allier au Belang, tandis qu'une autre s'y oppose. Pour Bart De Wever, il s'agit d'un exercice d'équilibriste périlleux, il doit ménager la chèvre et le chou.
Le Vlaams Belang se rapproche du pouvoir
Soulignons enfin que dans un récent sondage, le Vlaams Belang était crédité de 27,5% des voix en Flandre. Le parti ultra-nationaliste se rapproche toujours plus du pouvoir. Son président Tom Van Grieken semble avoir engagé une opération mains propres au sein de sa formation politique en se débarrassant de ses trublions comme l'ancien député Dries Van Langenhove, fondateur du mouvement de jeunesse nationaliste flamand Schild & Vrienden, ou encore Frank Creyelman, l'ancien sénateur mis en cause pour ses contacts présumés avec un espion chinois.