Sophie Rohonyi : "Monsieur Jeholet légitime l'amalgame honteux que fait sans cesse le PTB"

La députée fédérale sortante et candidate à la chambre à Bruxelles (Défi) était l'invitée du "Café sans filtre" sur LN24 et LN radio.

Élections J-6. Au micro de Maxime Binet, Sophie Rohonyi, députée fédérale sortante et candidate à la chambre à Bruxelles (Défi), est directement amenée à réagir à la polémique du week-end, la sortie de Pierre-Yves Jeholet lors d'un débat sur le port du voile. Le libéral a-t-il tenu des propos racistes ?

"Même lorsqu'il s'agit d'un député PTB, dont je ne partage absolument pas toute une série de choses, je m'insurge. Parce que vous réduisez une personne à ses origines étrangères, là oui il s'agit de racisme. L'Unia vient de le confirmer pas plus tard qu'hier soir", assène-t-elle. "Cela mérite des excuses."

Pour rappel, le ministre président de la FWB a lancé à son adversaire, le député fédéral Nabil Boukili, "Si ça ne vous plait pas, vous n'êtes pas obligé de rester en Belgique", lors d'un échange sur le port du voile et le principe de neutralité de l'État. De son côté, l'homme de gauche a rétorqué que dicter aux femmes ce qu'elles doivent ou ne doivent pas porter est comparable à ce que fait l'Iran.

"Ca n'a rien à voir", réagi à ce propos Sophie Rohonyi. "Les femmes en Iran se battent aujourd'hui pour leurs droits, à savoir d'être libre de pouvoir porter le voile ou non. Ce qui est particulièrement grave à travers l'attitude de Monsieur Jeholet, c'est qu'il légitime l'amalgame honteux que fait sans cesse le PTB, mais aussi les autres partis de gauche, de mettre sur le même pied la défense de la neutralité de l'état et le racisme. Or, défendre la neutralité c'est aussi lutter contre les discriminations car ça permet de mettre tout le monde sur le même pied d'égalité et de refuser de mettre les personnes dans des cases."

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À ce propos, Défi prône l'interdiction totale des signes convictionnels. "Vous êtes libre de porter le signe convictionnel ou d'un parti dans l'espace public n'importe où vous le souhaitez sauf dans l'administration publique, l'école publique et le tribunal", rappelle la candidate.

Que répondre à certains partis qui estiment que le port de signes convictionnels empêche certains individus de s'émanciper, de trouver un job ? "Absolument pas. Défi défend la neutralité de l'État et la lutte contre la discrimination à l'embauche. Vous pouvez travailler n'importe où avec votre signe convictionnel sauf dans l'administration publique".

"Même Charles Michel n'aurait pas osé sortir une telle énormité"

Ensuite l'entretien s'est porté sur la réforme de l'État. "Le défaut de Défi c'est d'avoir eu raison trop tôt en matière communautaire. Lorsque l'on a régionalisé les soins de santé ou les allocations familiales, on a dit à tous les autres partis francophones que c'était une folie. La crise sanitaire nous a donnés raison. Maintenant les autres partis veulent refédéraliser. Sauf que sous la pression de la N-VA, ils reculent et persistent dans leur bêtise. On entend M. Bouchez qui dit vouloir réformer l'État avec la N-VA, sans le démanteler. C'est d'une naïveté affligeante, même Charles Michel n'aurait pas osé sortir une telle énormité", tacle la démocrate.

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans la vidéo ci-dessus.

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