Le 9 octobre dernier, Freddy Thielemans et Joëlle Milquet annoncent qu'ils ont trouvé un accord : ils dirigeront Bruxelles ensemble. De longue date, ils avaient envisagé de reconduire la majorité sortante (PS-CDH-Ecolo). L'affront fait aux socialistes schaerbeekois, à leur tête de liste en particulier, interdit de tendre la main à Ecolo. Tant pis pour Henri Simons, que Thielemans lâche à contrecoeur.

La rédaction de l'accord de majorité prendra du temps dit-on à l'époque. Les socialistes veulent que leurs 200 pages de programme servent de base de discussion. Les humanistes ne sont pas en reste. D'autant que Joëlle Milquet, présidente de parti, affirme, de jour en jour, qu'elle entend jouer un rôle concret, et de premier plan, dans la gestion de la ville. On avance doucement.

Cinq postes iront aux socialistes, en plus du maïorat et de la présidence du CPAS, cinq autres sont dévolus au CDH. Les échevins sont connus même si les blocs de compétences restent à répartir.

Le temps passe et la future opposition occupe le terrain. Le jeune conseiller libéral, Geoffroy Coomans de Brachène, évoque des domiciliations fictives au sein des rangs orange. Trois élues sont visées : Fatima Moussaoui, Geneviève Oldenhove de Guertechin, Lydia Mutyebele Ngoi. Elles ont cartonné (respectivement 1 396, 695 et 985 voix), démentent et menacent d'action en justice.

Arrive le dernier conseil communal de la défunte législature, le 17 novembre. Le MR charge à nouveau. On parle désormais de quinze candidats fictivement ou tardivement domiciliés sur le territoire de la ville. Geoffroy Coomans a mené une "enquête de voisinage". Ses méthodes choquent les troupes de la présidente. Lui dit faire son devoir de conseiller communal, agir par idéalisme.

Jacques Oberwoits, MR également, évoque quant à lui une enquête concernant l'usurpation du titre d'avocat par Saïd El Hammoudi, candidat humaniste élu.

Les explications tardent à venir et ne sont pas toujours des plus convaincantes.

Au PS, on profite du voyage de Freddy Thielemans à Madrid dans le cadre des Brussels Days pour suggérer que l'accord avec le CDH aurait été conclu un peu rapidement. Au rapport dès le retour du chef de file, le malentendu est mis sur le compte des médias.

De toutes parts

Jeudi 23 novembre. Dernier collège de la législature. À l'ordre du jour figure un point sensible. Bertin Mampaka, échevin sortant et clairement reconduit, a rendu des notes de GSM impressionnantes : 20 000 € en 2005, 13 000 € sur les huit premiers mois de 2006. Le coup ne vient pas de droite cette fois, mais du futur partenaire. "Simple question de ne pas endosser une responsabilité qui n'est pas la nôtre", dit-on au PS. Silence.

Nouvelle salve signée Coomans de Brachène. Le tir vise l'échevin Mampaka, les flèches sont des subventions octroyées par celui-ci. Elles sont, comme celles qui concernent les domiciliations, fournies par des sympathisants du CDH, révèle le jeune libéral. Il tire aussi sur Georges Dallemagne, sur sa liste de domiciliés fictifs.

Bertin Mampaka tempête et menace, à son tour d'agir en justice. Il conteste les dires de Geoffroy Coomans et sous-entend que celui-ci agirait de cette manière en raison de sa couleur de peau. Coomans dément.

C'était le dernier week-end de négociation entre les partenaires. Dehors, tout le monde attend l'officialisation des noms, la répartition définitive des compétences, le pacte de majorité. Joëlle Milquet, dont la position n'était pas encore connue annonce que Bertin Mampaka et Georges Dallemagne ne siégeront pas.

© La Libre Belgique 2006