Le tribunal de première instance de Bruxelles donne raison aux Témoins de Jéhovah dans une affaire d’abus sexuels

Le Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles a été condamné par la justice.

Le tribunal de première instance de Bruxelles donne raison aux Témoins de Jéhovah dans une affaire d’abus sexuels
©AFP

Le 20 octobre 2018, La Libre évoquait une information selon laquelle le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles, le CIAOSN, avait demandé à la Chambre (le Parlement fédéral) d'enquêter sur des abus sexuels de mineurs commis au sein de la communauté des témoins de Jéhovah.

Le CIAOSN - centre indépendant relevant du SPF Justice - avait reçu divers témoignages de personnes affirmant avoir subi des violences sexuelles, donnant lieu à une série de perquisitions d’églises et d’habitations de Témoins de Jéhovah.

Ces accusations de violences sexuelles avaient été fermement contestées par la communauté religieuse. Estimant que cela leur portait préjudice et atteinte à leur réputation, les Témoins de Jéhovah ont porté l’affaire en justice.

La Libre apprend que, le 16 juin 2022, le tribunal de première instance de Bruxelles a donné raison aux Témoins de Jéhovah et a condamné le CIAOSN.

"Rumeurs particulièrement ignobles"

Le jugement stipule que le CIAOSN a "commis une faute en rédigeant et en diffusant le rapport intitulé 'Signalement sur le traitement des abus sexuels sur mineurs au sein de l'organisation des Témoins de Jéhovah' et la recommandation 'concernant la transparence au sein de groupes religieux et philosophiques et la protection des mineurs contre les abus sexuels en particulier'".

Le tribunal de première instance de Bruxelles a également condamné l’État belge à publier durant six mois le jugement sur la page d’accueil du site internet du CIAOSN.

La décision de justice est saluée par les Témoins de Jéhovah qui avaient dénoncé une "rumeur particulièrement ignoble" visant les quelque 45 000 membres et sympathisants que compte leur communauté. Aucun dédommagement n'est toutefois accordé à l'organisation car aucun dommage n'a pu être prouvé.