Un point police ouvrira à la gare de Bruxelles-Midi d'ici la fin de l'été
Pour le chef de corps de la zone de police Bruxelles-Midi, c'est une bonne chose, mais un véritable commissariat doit être prévu.

- Publié le 14-08-2024 à 18h01

Après le courrier de Sophie Dutordoir intimant les autorités à agir pour sécuriser les abords de la gare Bruxelles-Midi, de nombreuses réunions entre les bourgmestres, le fédéral, la Région et les police locale et fédérale ont eu lieu. Lors de ces discussions, un point au moins a suscité l'unanimité: la création d'un commissariat de police à l'intérieur ou, à tout le moins, à proximité immédiate de la gare. Un an après, le projet prend forme.
La Libre apprend qu'un "point police" – et non un commissariat et donc il n'y sera pas possible, par exemple, de déposer une plainte – doit ouvrir ses portes dans les prochaines semaines. Quand et où précisément ? Ni la SNCB, ni la zone de police Midi, ni la police fédérale ne sont en mesure de répondre. "La SNCB avait émis une demande principale, celle que les acteurs de terrain se rencontrent plus régulièrement et nous constatons que les discussions ont lieu, explique Tom Guillaume, porte-parole de la SNCB. L'autre demande, c'est effectivement d'avoir un "point police" qui doit ouvrir ses portes d'ici la fin de l'été. Aucune date précise n'a encore été fixée, mais un lieu dédié sera mis en place. Ce n'est pas encore un commissariat en bonne et due forme, mais un point de contact policier de proximité. Ce qui signifie qu'en une année, il y a déjà des avancées concrètes."
Le porte-parole de l'entreprise précise par ailleurs que la SNCB n'est elle-même pas restée les bras croisés et tente, de son côté, d'améliorer la situation. "Il y a par exemple eu une amélioration de l'éclairage dans et aux abords de la gare sur l'espace pour lequel la SNCB est responsable. Cela permet de réduire le sentiment d'insécurité. C'est en fait assez intuitif : quand un endroit est plus éclairé, on s'y sent mieux, explique-t-il. Il y a également des opérations de nettoyage assez régulièrement depuis un an. L'objectif est de renforcer le sentiment de propreté. La gare est aussi ornée de plusieurs affiches souhaitant la bienvenue aux navetteurs. Cela paraît anodin, mais cette communication a des effets bénéfiques. Les gens se sentent bien accueillis."
Et d'ajouter que la présence des agents Securail est également renforcée, avec une présence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. "Nous avons demandé une présence plus visible de policiers, car cela un effet dissuasif."
"Ne pas se reposer sur ses lauriers"
Contacté, le chef de corps de la zone de police Bruxelles-Midi, Jürgen De Landsheer, estime que l'ouverture d'un "point police" est un premier pas positif. "Mais à long terme, il faudra un vrai commissariat. Nous ne pouvons pas accepter que l'une des plus grandes gares du pays soit dépourvue d'un tel lieu".
Il poursuit : "Quant au fait d'avoir rassemblé l'ensemble des acteurs concernés autour de la table, c'est véritablement quelque chose de positif parce que je reste intimement persuadé que nous ne réglerons les problématiques de la gare du Midi qu'en travaillant ensemble, insiste Jurgen De Landsheer. Au niveau sécuritaire, la police fait ce qu'elle peut. Nous sommes un partenaire sur lequel tout le monde peut compter, mais seul, personne ne pourra y arriver. Sur le terrain, il a des améliorations, mais il faut continuer et ne pas nous reposer sur nos lauriers. Par exemple, en maintenant un suivi des personnes qui ne relève pas du travail policier. Je pense notamment aux consommateurs de stupéfiants qui sont dans un état tellement problématique que cela en devient une urgence médicale, et non policière. Je pense aussi aux personnes en situation illégale ou irrégulière et aux Mena (mineurs étrangers non accompagnés, NdlR), nombreuses autour de la gare Bruxelles-Midi."
Pour le chef de corps, les réseaux d'aide doivent être davantage actifs auprès de ces publics au risque de les voir être enrôlés dans des réseaux criminels, notamment pour le deal de rue. "Les grands responsables de ces réseaux sont loin et profitent de ces personnes vulnérables qui, attirées par l'argent facile, deviennent les victimes de ces bandes criminelles. Au final, ce sont les petites mains qu'on retrouve dans la vente et le trafic de stupéfiants. Ce sont eux, les victimes des fusillades. Et sur le terrain, un individu arrêté sera très vite remplacé par un autre."
Et de conclure : "On est sur la bonne voie et la collaboration en place porte plutôt ses fruits. Mais nous ne pouvons pas nous contenter de ces résultats. Il faut continuer le travail et chacun doit s'investir".
