Pour continuer la lutte contre le narcotrafic, la stratégie des hotspots prolongée de six mois à Bruxelles
Le Conseil régional de sécurité de la capitale prolonge de six mois supplémentaires, au-delà du mois de mars, la stratégie autour des lieux de vente de drogue mise au point pour coordonner la lutte contre le trafic de stupéfiants.

- Publié le 12-02-2025 à 07h04
- Mis à jour le 12-02-2025 à 07h11

Le regain de violence à Bruxelles, qui a connu trois fusillades – dont une mortelle – en trois jours, met les autorités politiques en alerte. Et rappelle que la guerre contre le narcotrafic qui gangrène la capitale est loin d'être gagnée. Une multitude de réunions des autorités communales, fédérales, judiciaires et policières ont été organisées dans la foulée.
Ce mardi, les échanges se sont poursuivis avec, cette fois, une réunion du Conseil régional de sécurité (Cores). Autour de la table : Rudi Vervoort (PS), le ministre-Président en affaires courantes de la Région bruxelloise ; Sophie Lavaux, la directrice générale de safe.brussels ; Bernard Quintin (MR), le nouveau ministre de la Sécurité et de l'Intérieur ; le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil ; Ine van Wymersch, la Commissaire nationale aux drogues et Fabrice Cumps (PS), bourgmestre d'Anderlecht.
Une réunion politico-judiciaire, donc, et pour laquelle la presse a été conviée. Pour dire quoi ?
"La partie émergée de l'iceberg"
Cette réunion était initialement prévue fin février, mais l'actualité a poussé les différents acteurs à se réunir plus vite pour rencontrer notamment le procureur du Roi, Julien Moinil, qui leur a présenté son plan drogues… dont aucun élément n'a toutefois été communiqué lors de ce point presse.
L'information principale à retenir concerne la gestion des hotspots dans la capitale, ces points de deal officiellement reconnus comme tel et contre lesquels une présence policière massive est mobilisée. L'arrêté du ministre-Président qui reconnaît ces hotspots sera prolongé pour une durée de six mois. Une mise à jour de la stratégie et d'éventuelles nouvelles mesures ne sont pas exclues.
Sophie Lavaux, directrice générale de safe.brussels, a souligné que "les fusillades ne sont que la partie émergée de l'iceberg". "Seules des réponses à long terme sont possibles, au-delà de la Belgique, car le problème est international. […] Une approche intégrée est nécessaire", a-t-elle insisté.
Fabrice Cumps, le bourgmestre d'Anderlecht, commune où les trois dernières fusillades ont eu lieu, s'est réjoui d'une telle décision, qui permettra surtout de répondre à la crainte des habitants, qui demandent une réaction rapide pour rasséréner leurs quartiers. "Mais c'est une évidence et nous sommes tous d'accord sur ce point : nous gagnerons notre combat lorsque nous aurons arrêté les personnes qui sont à la tête de ces organisations criminelles. Et tant qu'il n'y aura pas de dénouement judiciaire, nous occuperons le terrain avec nos policiers."
Et d'ajouter : "Nous ne pourrons pas garder ce rythme pendant des années, mais ce que nous faisons permet de rassurer un peu les citoyens".
Le bourgmestre d'Anderlecht a rappelé que, depuis la fusillade mortelle survenue au Peterbos, vendredi, les policiers de la zone Midi (Forest, Anderlecht, Saint-Gilles) sont sur le terrain sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Il précise que les autres missions de la zone de police seront menées normalement (gestion sécuritaire des matchs de foot du Sporting d'Anderlecht et de l'Union Saint-Gilloise, ou encore les grands événements organisés dans la zone Midi, par exemple). Mais le socialiste demande que ces policiers ne soient plus sollicités pour venir en aide aux autres zones de police, et puissent se consacrer entièrement à ce qui occupe le territoire de la zone Midi.
