Procès Encro: plusieurs prévenus nient toute participation à un trafic de stupéfiants
L'important procès Encro, relatif à un vaste trafic de drogue entre la Belgique et l'Amérique latine, a repris mardi au Justitia devant la cour d'appel de Bruxelles.

- Publié le 17-09-2025 à 14h50

Le tribunal a poursuivi l'instruction d'audience de plusieurs prévenus, parmi les 59 qui ont interjeté appel dans cet épais dossier.
Condamné à neuf ans de prison en première instance, Missoum B. a évoqué devant la cour d'appel "une erreur" en décidant de ne pas directement se présenter à la prison dans le cadre d'une précédente peine de 11 ans de réclusion prononcée en 2020 dans une autre affaire. À la place, l'homme de 59 ans a été logé par Pascal R., un autre prévenu du dossier, pour qui il travaillait en tant qu'ouvrier. "J'ai fait cela pour passer tous les examens nécessaires pour un problème de santé, et je me suis présenté directement à la prison avant même que l'affaire Sky ECC éclate", s'est-il défendu.
Soupçonné d'avoir transporté des stupéfiants, Missoum B. indique qu'il a effectivement vu et aidé à déplacer des paquets de cocaïne dans un hangar. "Je ne conteste pas le geste, mais je conteste le fait que j'étais dans une organisation. Mon rôle est relativement limité", a-t-il plaidé, ajoutant qu'il n'avait pas de téléphone avec l'application Sky ECC.
Abdellatif A., condamné à huit ans de prison, a également nié toute utilisation de Sky ECC. "À part dans les séries américaines, je n'ai jamais vu un pain de cocaïne de ma vie", a-t-il clamé. La juge a évoqué un lien potentiel entre un utilisateur de Sky ECC baptisé "tifo" et le diminutif d'Abdellatif, utilisé par ses plus proches. "Je n'ai jamais eu cette application et je n'en ai jamais eu besoin", a-t-il affirmé.
Le ressortissant albanais Mehmet S., également condamné à huit ans de réclusion, a pour sa part répété qu'il ne connaissait que depuis quelques heures l'appartement anversois où il a été interpellé. La juge lui a rappelé qu'une facture d'hôpital à son nom a été envoyée à l'adresse de l'appartement, plusieurs semaines avant les faits. Le prévenu a par ailleurs nié toute participation à un trafic de stupéfiants, même s'il reconnaît la consommation de drogues à son arrivée en Belgique en 2021. Il a en outre avoué avoir réceptionné, pour aider un ami, des paquets dans lesquels se trouvaient de l'argent ou des stupéfiants.
