À la Chambre, la N-VA désire en finir avec HR Rail
Les nationalistes flamands déposent une proposition de loi visant à dissoudre l'entité. Mais, les syndicats ne l'entendent pas (du tout) de cette oreille.

- Publié le 23-01-2025 à 19h13
- Mis à jour le 24-01-2025 à 08h40

L'employeur juridique du chemin de fer belge s'apprête-t-il à être enterré six pieds sous terre ? Tels sont, en tout cas, les vœux de la N-VA. Ce jeudi, en séance plénière, le groupe parlementaire a déposé un texte qui "prévoit de dissoudre HR Rail et de transférer ses missions aux services du personnel de la SNCB et d'Infrabel". Née de la vaste refonte du rail en 2013, la société possède des prérogatives qui s'étendent du recrutement, de la gestion du personnel à la centralisation du dialogue social. Une armature spécifique qui protège d'une certaine manière "l'unicité du statut" des cheminots.
Casus belli
Pas étonnant donc que le dépôt de cette proposition ait suscité l'ire des organisations syndicales. "C'est une pure horreur. Il s'agit d'une déclaration de guerre. 560 personnes risquent de se retrouver sur le carreau. Expliquer qu'il n'y aura pas de licenciements constitue un leurre. Où se situeraient les économies voulues sinon ?", vitupère Pierre Lejeune, président national de la CGSP Cheminots. "La décision n'est pas cosmétique. Elle impactera le quotidien des travailleurs qui ne pourront plus passer d'Infrabel à la SNCB. Ils veulent casser le groupe par idéologie, le couper en petits morceaux pour le placer en concurrence avec d'autres", poursuit Marianne Lerouge, responsable générale CSC-Transcom.
Au rayon des justifications, les auteurs du texte, menés par Dorien Cuylaerts (N-VA), estiment que cette structure unique est "coûteuse et illogique sur le plan de la gestion". Les nationalistes flamands considèrent en effet HR Rail comme un frein : "Ces deux entreprises (Infrabel et SNCB, NdlR) sont entravées dans le développement de leurs marques respectives en tant qu'employeurs, sur un marché du travail concurrentiel, pour les métiers en pénurie comme conducteur de train, électromécanicien et ingénieur".
Sur la table
L'idée planait dans l'air depuis plusieurs mois. Selon certaines sources, le démantèlement de HR Rail se trouvait sur la table des négociations de la future Arizona. Ce projet aurait ensuite été revu à la baisse, indique-t-on en coulisses. Néanmoins, l'équipe fédérale de la N-VA a choisi de passer la seconde (sans attendre l'arrivée du prochain exécutif) avec un maître-mot "simplifier". Mais sous les atours de la réduction de la charge administrative, les syndicats perçoivent une privatisation à pas feutrés du rail. De quoi se chauffer la voix en vue de futures actions ? "Au fond, cette remise en cause de HR équivaut à une attaque envers le statut du personnel. Si cela passe, le gouvernement doit s'attendre à des mouvements sociaux d'ampleur", prévient Pierre Lejeune.
